lundi 7 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2303321 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | CHAMBRE 1 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 décembre 2023, la société par actions simplifiée Camblo, représentée par sa présidente Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal de condamner le département des Pyrénées-Atlantiques à l'indemniser de son préjudice financier du fait de la fermeture du pont de Lacq.
Elle soutient que :
- le chiffre d'affaires a été impacté depuis la fermeture du pont ;
- contrairement à ce que soutient la défense, le département a motivé leur refus d'indemnisation au motif que l'accès au commerce n'a pas été empêché et non sur les modalités de calcul ;
- leur baisse de chiffre d'affaires est due à la fermeture du pont.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juillet 2024, le département des Pyrénées-Atlantiques oppose à titre principal, une fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité de la requête en l'absence de précision quant au fondement de responsabilité recherché, à titre subsidiaire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'aucun fondement de responsabilité n'est recherché et en l'absence de conclusions chiffrées ;
- la société n'établit pas le lien de causalité entre la fermeture du pont et la baisse de son chiffre d'affaires ;
- le préjudice subi n'est ni anormal ni spécial ; les travaux réalisés sur le pont sont d'intérêt général et la déviation mise en place diffère peu du trajet jusqu'au commerce habituel ; la fermeture du pont n'a pas excédé les sujétions normales pouvant être supportées par les usagers ;
- la baisse du chiffre d'affaires de la société n'est pas établie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crassus,
- et les conclusions de Mme Neumaier, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 16 juillet 2021, le département des Pyrénées-Atlantiques a interdit la circulation sur le pont de Lacq-Abidos du 28 juillet 2021 au 30 septembre 2022. La fermeture du pont a été prolongée jusqu'au 31 mars 2023. L'arrêté prévoyait une déviation. La société Camblo qui exploite un magasin de bricolages sous l'enseigne " Bricomarché " a introduit une demande indemnitaire préalable par courrier du 11 mai 2023. Par courrier du 25 octobre 2023, le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques a rejeté la demande préalable. Par sa requête la société Camblo demande la condamnation du département à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis à la suite de la fermeture du pont de Lacq-Abidos.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. En principe, les modifications apportées à la circulation générale et résultant soit de changements effectués dans l'assiette, la direction ou l'aménagement des voies publiques, soit de la création de voies nouvelles, ne sont pas de nature à ouvrir droit à indemnité, il en va autrement dans le cas où ces modifications ont pour conséquence d'interdire ou de rendre excessivement difficile l'accès des riverains à la voie publique.
3. Par ailleurs, lorsque, du fait de travaux publics de voirie, l'accès à un commerce est rendu plus difficile, le préjudice qui en résulte est indemnisé sur le fondement de la rupture d'égalité devant les charges publiques, si le riverain établit subir un préjudice grave et spécial et que le lien de causalité entre les travaux publics et les dommages allégués est avéré.
4. Enfin, les allongements de parcours et les difficultés d'accès des commerçants riverains à leur établissement, ainsi que de leurs clients, du fait de la disparition d'une voie d'accès qu'ils utilisaient, ne peuvent ouvrir droit à indemnisation à leur profit que si elles excèdent les sujétions qui doivent normalement être supportées sans indemnité.
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction qu'à la suite de la fermeture du pont de Lacq, le département a mis en place une déviation empruntant la RD 817 au lieu de la RD 31. S'il résulte de l'instruction que les gênes subies par la société Camblo ont certes duré quatorze mois, le département établit, par les pièces qu'il produit en défense que l'allongement de parcours ayant résulté de la mise en place de cette déviation était d'environ 4,5 km, représentant 5 minutes de temps de trajet supplémentaires en présence de conditions de circulation fluide, de sorte que les clients pouvaient toujours accéder au magasin exploité par la requérante.
6. En outre, aucune des pièces produites par la société requérante ne permet pas d'établir que l'accès au commerce aurait été rendu excessivement difficile. Ainsi, en dépit d'une moindre visibilité pour la clientèle de passage, dont il n'est au demeurant pas établi qu'elle constituait la principale source de bénéfice de cette société, les gênes subies par la société Camblo n'ont pas eu pour effet de rendre l'emplacement qu'elle occupe inadapté à son activité de magasin. Il n'est pas établi que les travaux de réhabilitation du pont et la mise en place subséquente d'une déviation auraient provoqué, par l'ensemble des gênes qu'ils ont occasionné à cette société, des sujétions excédant celles qui doivent normalement être supportées sans indemnité.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que la SAS Camblo n'est pas fondée à rechercher la condamnation du département des Pyrénées-Atlantiques du fait de l'absence de lien de causalité. Par suite la requête de la société Camblo est rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par la SAS Camblo est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société par actions simplifiée Camblo et au département des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 19 juin 2025 à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
M. Rivière, premier conseiller,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2025.
La rapporteure,
L. CRASSUS La présidente,
M. SELLES
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026