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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2400077

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2400077

vendredi 2 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2400077
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantBODARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 janvier 2024, M. B C, représenté par Me Bodard, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision par laquelle la préfète des Landes a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre, à titre principal, à la préfète des Landes de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et subsidiairement de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'urgence :

- l'urgence est présumée s'agissant d'un refus de renouvellement de son titre de séjour ;

- il est apatride et ne peut donc être accueilli dans aucun autre pays ;

- son statut de chef d'entreprise nécessite que sa situation soit régularisée.

En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- la décision est insuffisamment motivée car le préfet n'a pas répondu à sa demande de communication des motifs de la décision implicite de rejet ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il remplit les conditions permettant un renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est en France depuis seize ans, qu'il y a établi sa vie familiale et professionnelle et qu'il ne pourrait pas reformer une cellule familiale dans son pays d'origine qui ne le reconnaît pas comme étant un de ses ressortissants.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2024, la préfète des Landes conclut au non-lieu à statuer en raison de la délivrance prochaine au requérant d'une carte de résident longue durée, valable du 25 janvier 2024 au 24 janvier 2034, qui est en cours de fabrication.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n°2400074 enregistrée le 12 janvier 2024 par laquelle le requérant a sollicité l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er février 2024 en présence de Mme Caloone, greffière d'audience et à l'issue de laquelle la clôture d'instruction a été prononcée :

- le rapport de Mme A ;

- les observations de Me Bodard, représentant M. B C qui conclut aux mêmes fins et en outre demande de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par les mêmes moyens.

La préfète n'étant ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, apatride, né le 9 octobre 1993, est entré en France, selon ses déclarations au cours de l'année 2007, accompagné de sa mère et de son frère. Il a obtenu le 15 octobre 2019 une carte de séjour pluriannuelle valable deux ans. Il a alors sollicité le renouvellement de son titre de séjour dont le récépissé de sa demande lui a été délivré le 29 octobre 2021. Plusieurs récépissés successifs de trois mois lui ont ensuite été délivrés, dont le dernier a expiré le 05 janvier 2024. En l'absence de réponse de l'administration, une décision implicite de rejet est née le 1er mars 2022. Son conseil a dès lors adressé à la préfecture, par un courrier en date du 05 décembre 2023, une demande de communication de motifs de la décision implicite de rejet, qui est restée sans réponse. Par la présente requête, M. C demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision née du silence gardé par la préfète des Landes sur sa demande de renouvellement de son titre de séjour mention " vie privée et familiale ", dont il sollicite l'annulation par une requête enregistrée le 12 janvier 2024 sous le n° 2400074.

Sur l'exception de non-lieu :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. Il ressort des pièces du dossier, confirmé par le mémoire en défense de la préfète des Landes qu'une carte de résident longue durée valable du 25 janvier 2024 au 24 janvier 2034 est en cours de fabrication et sera délivrée prochainement à M. C. Cette décision favorable doit être regardée comme se substituant à la décision implicite de rejet du 1er mars 2022 par laquelle la préfète des Landes a refusé le renouvellement de son titre de séjour. Dans ces conditions, les conclusions de la requête aux fins de suspension et d'injonction sont devenues sans objet. Il n'y a dès lors plus lieu d'y statuer.

Sur les frais de l'instance :

4. Il y a lieu, dans les circonstances très particulières de l'espèce, Monsieur C ayant été muni de plusieurs récépissés successifs d'une durée de trois mois pendant plus de deux ans, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte présentées par M. C.

Article 2 : L'Etat versera à M. C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Bodard.

Copie en sera adressée à la préfète des Landes.

Fait à Pau, le 2 février 2024.

La juge des référés,

Signé

M. A

La greffière,

Signé

M. CALOONELa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition,

La greffière,

Signé

N°2400077

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