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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2400127

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2400127

lundi 22 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2400127
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantMARCEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 et 18 janvier 2024, M. D C demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 janvier 2024 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans lui accorder de délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an ;

2°) d'annuler la décision du 16 janvier 2024 par laquelle le préfet des Hautes-Pyrénées l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours chez Mme B 3 rue Erik Satie à Tarbes (65) ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté du 16 janvier 2024 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale compte tenu de ses attaches fortes sur le territoire et méconnaît ainsi les dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile;

- les décisions portant obligation de quitter le territoire sans délai, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sont entachées d'illégalité, dès lors qu'elles sont la conséquence de la décision de refus de séjour qui est illégale ;

- les décisions portant obligation de quitter le territoire et portant interdiction de retour méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits et des libertés fondamentales ;

- en fixant une interdiction de retour d'une durée d'un an le préfet a pris une décision disproportionnée ;

En ce qui concerne la décision du 16 janvier 2024 portant assignation à résidence :

- il est intervenu en méconnaissance du principe du contradictoire, les dispositions de l'article L.122-1 du code des relations entre le public et l'administration n'ayant pas été respectées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- les accords entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et les particuliers ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue le 19 janvier 2024 à 9 heures, en présence de Mme Caloone, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Quéméner, présidente,

- les observations de Me Marcel, représentant M. C, présent, assisté de Mme A, interprète en langue arabe, qui confirme les conclusions et moyens développés dans sa requête et invoque un nouveau moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision d'assignation à résidence ; et en précisant qu'il est entré irrégulièrement sur le territoire et a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement, mais qu'il a déposé une demande de titre de séjour après son mariage pour être en mesure d'exercer une activité professionnelle régulière ; que la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, car l'élément déterminant ici c'est la volonté de fonder sa vie privée et familiale en France alors même qu'il a des liens et ses origines en Tunisie ; et que s'agissant du vice de procédure, le préfet qui a visé les dispositions du code des relations entre le public et l'administration a entendu les respecter ; qu'en toute hypothèse le principe du contradictoire s'applique même sans texte ; qu'en l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'il a disposé de trois minutes pour présenter des observations ; qu'il a donc été privé d'une garantie.

- et les observations de M. C, qui fait valoir qu'il souhaite rester en France avec son épouse ; qu'il n'a jamais déposé de demande de titre de séjour depuis son arrivée ; qu'il a souhaité régulariser sa situation après son mariage pour pouvoir exercer régulièrement une activité professionnelle et qu'il n'a jamais troublé l'ordre public.

Le préfet des Hautes-Pyrénées n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience à 9 heures 30.

Un mémoire en défense présenté par le préfet des Hautes-Pyrénées a été enregistré le 19 janvier 2023 à 9 heures 51.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant tunisien né le 17 octobre 2000 à Kasserine (Tunisie) est entré irrégulièrement en France selon ses déclarations le 1er octobre 2020. Interpellé le 28 février 2023, alors qu'il se maintenait irrégulièrement sur le territoire, il fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter sans délai le territoire français. Il n'a toutefois pas exécuté cette mesure et a sollicité son admission au séjour au titre de la vie privée et familiale le 15 septembre 2023, en se prévalant de son mariage, le 24 juin 2023, avec une ressortissante française. Par un arrêté du 16 janvier 2024 et une décision du même jour, le préfet des Hautes-Pyrénées a refusé de délivrer un titre de séjour à M. C, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique: " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur l'étendue du litige :

4. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1, L. 614-8 et L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'en cas de placement en rétention ou d'assignation à résidence d'un étranger en situation irrégulière, les requêtes dirigées contre les décisions faisant obligation de quitter le territoire et interdiction de retour sur ce territoire prises à son encontre, les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination ainsi que la décision d'assignation à résidence doivent être instruites et jugées selon les dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ces dispositions et celles de l'article R. 776-17 du code de justice administrative font obstacle à ce que le magistrat désigné en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, saisi de la situation d'un étranger placé en centre de rétention administrative ou assigné à résidence à la suite d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français, examine la décision de refus de séjour qui relève de la compétence de la formation collégiale du tribunal administratif.

5. En l'espèce, en raison de la mesure d'assignation à résidence prononcée à l'encontre de M. C, il y a lieu pour le juge compétent au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de statuer sur les conclusions à fin d'annulation des décisions du 16 janvier 2024 obligeant l'intéressé à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi, prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, et l'assignant à résidence. En revanche, les conclusions à fin d'annulation de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ainsi que les conclusions à fin d'injonction qui y sont liées demeurent de la compétence de la formation collégiale du tribunal dès lors que l'obligation de quitter le territoire français en litige a été prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées, tiré de l'incompétence de leur signataire :

6. En premier lieu, par un arrêté du 2 octobre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 65-2023-283 du même jour de la préfecture des Hautes-Pyrénées, librement accessible sur le site internet de la préfecture, Mme Nathalie Guillot-Juin, secrétaire générale, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer les décisions contenues dans l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions en litige manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu aux termes des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. C, qui est entré irrégulièrement en France, selon ses déclarations le 1er octobre 2020, s'y est maintenu irrégulièrement pendant trois ans avant de solliciter pour la première fois la régularisation de son séjour à la suite de son mariage, et ce au mépris d'une précédente mesure d'éloignement édictée à son encontre en février 2023. Il se prévaut néanmoins de l'intensité de ses attaches sur le territoire en raison de son mariage le 24 juin 2023, avec une ressortissante française dont il n'a pas d'enfant. Toutefois, et d'une part, alors le mariage datait de moins d'un an à la date de la décision de refus de séjour en litige, le requérant n'apporte aucun élément permettant d'apprécier la durée et la stabilité de sa relation avec Mme B. D'autre part, M. C qui n'a pas exécuté la précédente mesure d'éloignement édictée à son encontre et l'interdiction du territoire dont elle était assortie ne fait pas état d'obstacle à ce que son épouse le rejoigne ou lui rende visite en Tunisie le temps de l'exécution des décisions en litige et de l'instruction d'une demande de visa. Enfin s'il fait valoir qu'il a sollicité son admission au séjour dans le but d'occuper régulièrement un emploi, il ne justifie d'aucune insertion professionnelle ni même d'une promesse d'embauche. Et M. C n'établit, ni même n'allègue, être dépourvu de toute attache en Tunisie, où il a vécu jusqu'à l'âge de 20 ans. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet des Hautes-Pyrénées a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but poursuivi et méconnu ainsi les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, il n'est pas davantage fondé à soutenir que le préfet des Hautes-Pyrénées a commis une erreur manifeste d'appréciation. Il s'ensuit que le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour sera écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

10. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en obligeant M. C à quitter le territoire français le préfet des Hautes-Pyrénées aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but poursuivi et méconnu ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier, compte tenu des conditions du séjour en France de M. C qui se maintient irrégulièrement sur le territoire depuis 2020 et qui ne justifie pas de perspectives réelles d'insertion professionnelle, que la mesure d'éloignement en litige serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur la situation personnelle du requérant.

En ce qui concerne les décisions refusant d'accorder un délai de départ volontaire et fixant le pays de renvoi :

11. En premier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit, que les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ne sont pas entachées d'illégalité. Il s'ensuit que le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l' illégalité de ces décisions doit être écarté.

12. En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, sera en tout état de cause, écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8.

En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour d'une durée d'un an :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit, que les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ne sont pas entachées d'illégalité. Il s'ensuit que le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de ces décisions doit être écarté.

14. En deuxième lieu aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour (°) ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

15. Il ressort de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères que ces dispositions énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux.

16. Eu égard aux éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de M. C, qui a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, tels qu'exposés précédemment, notamment le caractère particulièrement récent de son mariage, ainsi que l'existence de liens dans son pays d'origine, et alors même qu'il ne représenterait aucune menace à l'ordre public, c'est sans commettre d'erreur dans l'appréciation de la situation de ce dernier que le préfet des Hautes-Pyrénées a pu prendre à son encontre une décision portant interdiction de retour sur le territoire français et en fixer la durée à un an. Au demeurant, il est loisible à M. C, une fois qu'il aura quitté le territoire national, de solliciter l'abrogation de cette mesure puis de revenir régulièrement sur le territoire national.

17. En dernier lieu et pour les motifs exposés aux points 8 et 15 du présent jugement, le moyen tiré de ce que l'interdiction de retour porte une atteinte disproportionnée au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale, et méconnaît ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sera écarté.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit, que les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ne sont pas entachées d'illégalité. Il s'ensuit que le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l' illégalité de ces décisions doit être écarté.

19. En second lieu si aucune disposition législative du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'écarte explicitement, pour l'édiction des mesures d'assignation à résidence prises en vertu de l'article L. 731-1 du même code, l'application de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, il ressort de l'ensemble des dispositions du livre V du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions par lesquelles l'autorité administrative assigne à résidence un ressortissant étranger. Par ailleurs la seule circonstance invoquée que la décision d'assignation à résidence vise les dispositions des articles L.121-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration ne saurait permettre de considérer que le préfet des Hautes-Pyrénées a entendu appliquer la procédure prévue par ces dispositions générales. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que M. C a été informé de ce que le préfet envisageait de l'assigner à résidence en vue d'exécuter la mesure d'éloignement qu'il s'apprêtait à édicter à son encontre et invité à formuler des observations sur ces décisions le 16 janvier 2024 à 9 heures 40. La décision en litige ayant été édictée à son encontre le même jour à 10 heures 04, le requérant ne justifie pas de ce que le délai de plus de 20 minutes séparant l'information qu'il a reçue, de l'édiction de cette décision ne lui a pas permis de présenter ses observations et, le cas échéant, de recourir à un conseil pour se faire assister. Et la circonstance que ses observations ont été consignées à 9 heures 44, soit seulement quatre minutes plus tard est sans incidence sur le caractère suffisant du délai dont il a effectivement disposé. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas avoir été privé d'une garantie préalablement à l'édiction de la décision d'assignation à résidence en litige et le moyen tiré du vice de procédure sera écarté.

Sur les frais liés au litige :

20. L'Etat n'ayant pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à sa charge la somme dont M. C demande le versement à son conseil sur le fondement de ces dispositions et de celles de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M.C est admis provisoirement au benefice de l'aide juridictionnelle.

Article 2: Les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus d'admission au séjour ainsi que les conclusions à fin d'injonction qui y sont liées sont réservées jusqu'en fin d'instance pour être examinées par une formation collégiale de ce tribunal.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet des Hautes-Pyrénées.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 janvier 2024.

La présidente,

Signé

V. QUEMENERLa greffière,

Signé

M. CALOONE

La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière

Signé

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