mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2400134 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ROMAZZOTTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 17 janvier et 06 février 2024, M. F B, représenté par Me Leplat, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 24 novembre 2023 par lequel le maire de la commune de Bourdettes a délivré à Mme C un permis de construire en vue de la construction d'une maison individuelle, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bourdettes une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la recevabilité :
- il justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour agir dès lors qu'il est voisin immédiat du projet et que seront affectées ses conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien dont il est propriétaire en raison du manque d'intimité engendré par le projet et du non-respect de la distance réglementaire entre son bien et ledit projet ;
- la commune a été informée par lettre recommandée avec accusé de réception qu'une requête en annulation avait été enregistrée sous le n°2400133.
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence est présumée satisfaite en raison du commencement des travaux qui ne sont pas encore achevés ;
- les difficultés rencontrées par Mme C sont sans incidence sur la présomption d'urgence.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme car la notice descriptive exigée par cet article est incomplète ;
- il a été pris en méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme car il est impossible d'apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes ni dans son environnement lointain ;
- Mme C ne peut s'affranchir des règles prévues par le règlement du lotissement en alléguant qu'au moment du dépôt de sa demande de permis de construire, elle ne savait pas que sa parcelle faisait partie d'un lotissement ;
- l'arrêté attaqué est illégal dès lors qu'il a conduit à l'abattage d'arbres en méconnaissance du règlement du lotissement et qu'un de ces arbres était mitoyen de sa propriété ;
- il ne respecte pas le retrait de trois mètres par rapport à la parcelle de Mme A prévu par le règlement du lotissement ;
- il est illégal dès lors que la façade Nord en limite de propriété excède la longueur de quinze mètres prévue par le règlement du lotissement ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors qu'il ne mentionne pas le garage de plain-pied prévu dans le projet ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que l'emprise au sol du projet litigieux excède 25% de la surface totale du terrain en tenant compte de la surface située entre la maison d'habitation et le garage, en méconnaissance du plan de prévention des risques naturels d'inondation ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 02 février 2024, Mme C, représentée par Me Casadebaig, substitué par Me Gourgues, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la recevabilité :
- la proximité immédiate du requérant par rapport au projet litigieux est insuffisante pour démontrer l'existence de son intérêt à agir.
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence n'est nullement remplie, aucun élément ne permettant de justifier d'un éventuel préjudice grave et immédiat à la situation du requérant ou à un intérêt qu'il entend défendre : la circonstance que les travaux ont débuté sans être achevés n'est pas suffisante pour caractériser l'urgence ;
- Mme C se trouve quant à elle dans une situation d'urgence car elle a contracté un crédit et que le projet litigieux répond à un processus de rapprochement familial.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- le dossier de demande de permis de construire contenait une notice descriptive du projet précisant son implantation, sa composition, sa surface et les matériaux utilisés ainsi qu'un plan de situation, un plan cadastral, un plan en trois dimensions et des photographies ;
- les arbres ont été abattus pour des raisons de sécurité par la société Olibet finances lorsqu'elle était encore propriétaire des parcelles appartenant désormais à Mme C ;
- la construction en limite séparative est permise par le règlement du lotissement ;
- la façade Nord du projet litigieux n'excède pas la longueur de quinze mètres prévue par le règlement du lotissement dès lors qu'il n'y a pas de continuité entre la maison d'habitation et le garage ;
- l'emprise au sol du projet litigieux n'excède pas 25% de la surface totale du terrain ;
- il n'est pas démontré en quoi ledit projet porterait atteinte à la sécurité ou à la salubrité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques ou de son importance ;
- les moyens soulevés ne sont pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 06 février 2024, la commune de Bourdettes, représentée par Me Romazzotti, conclut à l'irrecevabilité de la requête ainsi qu'à son rejet et à ce que soit mis à la charge du requérant une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la recevabilité :
- la requête est irrecevable car la requête tendant à l'annulation de la décision attaquée n'a pas été produite ;
- elle est irrecevable au regard des dispositions de l'article R. 600-1-2 du code de l'urbanisme car le requérant ne démontre pas d'intérêt à agir en n'établissant pas que le projet est de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien.
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite dès lors que le requérant ne prouve pas l'atteinte portée à sa situation par le projet litigieux.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- le dossier de permis de construire comportait une notice descriptive complète, un document graphique, un plan cadastral et des photographies permettant d'envisager l'intégration du projet dans son environnement ;
- les arbres ont été abattus avant l'achat par Mme C de sa parcelle ;
- la construction en limite séparative est permise par le règlement du lotissement et le requérant ne prouve pas en quoi cela l'affecterait d'un préjudice direct et certain ;
- la façade Nord du projet litigieux n'excède pas la longueur de quinze mètres prévue par le règlement du lotissement dès lors qu'il n'y a pas de continuité entre la maison d'habitation et le garage ;
- l'omission de l'indication du garage dans le dossier de demande de permis de construire est une erreur matérielle sans conséquence sur la décision contestée dès lors que les services instructeurs avaient connaissance de cet élément ;
- le requérant ne démontre pas que l'emprise au sol excèderait 25% de la surface du terrain ni en quoi l'abattage des arbres entraînerait un risque accru d'inondations ;
- il n'est pas prouvé que le projet litigieux porterait atteinte à la sécurité ou à la salubrité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques ou de son importance ;
- en tout état de cause, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 17 janvier 2024 sous le n° 2400133 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme E pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Caloone, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de Mme E ;
- les observations de Me Leplat, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Romazzotti, représentant la commune de Bourdettes, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et insiste sur l'absence d'intérêt à agir du requérant ;
- les observations de Me Gourgues substituant Me Casadebaig, représentant Mme C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
La clôture d'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 24 novembre 2023, le maire de la commune de Bourdettes a délivré à Mme C un permis de construire n°PC06414523N0008 en vue de l'édification d'une maison individuelle avec garage et clôtures. M. B, voisin immédiat du projet litigieux, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté de permis de construire du 24 novembre 2023. Par une requête distincte enregistrée le 17 janvier 2024 sous le n°2400133, le requérant a demandé l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. M. B invoque, pour contester l'arrêté du 24 novembre 2023, que le dossier de demande de permis de construire est incomplet de sorte qu'il est impossible d'envisager l'intégration du projet litigieux dans son environnement, que la décision attaquée a été prise en méconnaissance du règlement du lotissement car des arbres sur la parcelle de Mme C ont été abattus, le retrait de trois mètres par rapport à la parcelle de Mme A n'a pas été respecté, la façade en limite de propriété est longue de plus de quinze mètres. Il soutient également que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que l'emprise au sol excède 25% de la surface totale du terrain, en méconnaissance du plan de prévention des risques naturels d'inondation et qu'elle méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. B n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense et d'apprécier si la condition d'urgence est satisfaite, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
6. La demande présentée à ce titre par le requérant ne peut qu'être rejetée dès lors que la commune de Bourdettes et Mme C ne sont pas des parties perdantes dans la présente instance. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux demandes de la commune de Bourdettes et de Mme C fondées sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les demandes de la commune de Bourdettes et de Mme C tendant à la condamnation du requérant au paiement de frais irrépétibles sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F B, à la commune de Bourdettes et à Mme D C.
Fait à Pau, le 6 février 2024.
Le juge des référés,
Signé
M. ELa greffière,
Signé
M. CALOONE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière,
N°2400134
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026