lundi 19 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2400246 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP LYON-CAEN, THIRIEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 janvier 2024 et des pièces complémentaires enregistrées le 5 février 2024, Mme E C, épouse B, représentée par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 3 janvier 2024 par laquelle le président du conseil départemental des Landes a refusé de renouveler son agrément d'assistante maternelle ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental des Landes de renouveler son agrément d'assistante maternelle dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard sur le fondement des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge du département des Landes une somme de 3 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- la décision attaquée la prive de l'exercice de son activité professionnelle ; l'agrément lui ayant été remis en vue d'accueillir quatre enfants à compter du 1er décembre 2023 devait lui permettre de percevoir à ce titre la somme de 3 000 euros ; la décision la prive de ses revenus, ce qui la place dans une situation de précarité financière, alors qu'elle doit faire face à d'importantes charges dans son ménage, liées notamment à un emprunt bancaire pour leur logement ;
- la décision attaquée a des répercussions psychologiques très importantes car elle exerce la profession d'assistante maternelle depuis 15 ans ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- en l'absence de justification d'une délégation régulière de Mme A, la décision est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- à défaut de justification de l'acte de désignation du président de la commission consultative paritaire par le président du conseil départemental prévue à l'article R.421-28 du code de l'action sociale et des familles, la décision est entachée d'un vice de procédure ;
- si elle a été autorisée à consulter son dossier administratif le 14 décembre 2023, elle s'est vu refuser la remise d'une copie de son dossier au motif qu'elle avait déjà pu accéder à ce dernier en juin 2023, l'empêchant ainsi de prendre en compte les nouveaux éléments du dossier ;
- bien que transmis par courrier du 14 décembre 2023, son conseil n'a reçu son dossier administratif que postérieurement à la CCPD du 21 décembre 2023 ;
- le dossier n'était pas classé par ordre chronologique, ni numéroté, sans aucun document récapitulatif ; elle n'a donc pas eu accès à l'entièreté de son dossier administratif en méconnaissance de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes de l'exercice 1905 et de l'article 1-1 du décret n°88-145 du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée, ainsi que du principe général des droits de la défense et du principe du contradictoire ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ; en effet, elle se fonde sur l'évaluation réalisée lors des entretiens en date des 27 et 28 novembre 2023 qui est entachée de nombreuses incohérences ; lors de cette évaluation, la question du retrait d'agrément illégal du 17 juillet 2023, pourtant suspendu par ordonnance de référé par le tribunal de céans le 17 octobre 2023 était sans cesse reprise ; les faits rapportés dans cette évaluation sont insuffisants pour fonder la décision de non-renouvellement ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 421-3, L.421-6, L. 421-6, R. 421-3, R.421-6 et R. 421-5 du code de l'action sociale et des familles, ainsi que l'annexe 4-8 du code de l'action sociale et des familles, en l'absence d'éléments factuels et précis permettant de considérer que les conditions de sécurité, de bien-être et d'épanouissement des enfants qui lui étaient confiés n'étaient pas remplies ;
- la décision ne permet pas de comprendre le refus opposé, dès lors que ses employeurs ont toujours reconnus ses compétences professionnelles ;
- la décision attaquée est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 février 2024, le département des Landes, représenté par la SCP Lyon-Caen et Thiriez, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La condition relative à l'urgence n'est pas satisfaite dès lors que :
- la requérante ne démontre aucune urgence financière caractérisant une atteinte grave et immédiate à sa situation financière ;
- la décision est justifiée par l'intérêt du service caractérisant une urgence à ne pas suspendre son exécution dès lors qu'elle trouve son motif dans les impératifs de protection de l'enfance ; de plus, elle a délibérément dissimulé au département des Landes la condamnation récente, en novembre 2023, de son époux, prononcée par le tribunal de police de Dax pour des faits de violence sur deux personnes ayant entrainé des incapacités de travail de moins de 8 jours.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- Mme A, directrice enfance famille insertion au sein de la Direction générale adjointe Solidarités, bénéficie d'une délégation de signature à l'effet de signer les décisions d'accord, de refus, de suspension et de retrait d'agréments des assistants maternels ;
- le président du conseil départemental a régulièrement désigné M. Carrere, vice-président du conseil départemental, en qualité de représentant de la CCPD en cas d'empêchement de sa part, par un arrêté du 3 août 2021 ;
- sur la base de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation ni violation de la loi que le département des Landes a décidé de refuser le renouvellement de son agrément à Mme B ;
- en effectuant une visite à son domicile pour vérifier les conditions d'accueil des enfants qui lui avaient été confiés, en dressant un rapport à l'issue de cette visite démontrant que les conditions d'accueil n'étaient pas satisfaisantes, puis en lui demandant des explications qui une fois recueillies ne leur ont pas paru suffisantes, les représentants du département n'ont pas entaché leur décision de détournement de procédure ni de pouvoir.
La présidente du tribunal a désigné Mme F pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 31 janvier 2024 sous le n° 2400245 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision du 3 janvier 2024 du président du conseil départemental des Landes refusant le renouvellement de son agrément d'assistante maternelle.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Strzalkowska, greffière d'audience, Mme F a lu son rapport et entendu les observations :
- de Me Aubert, substituant Me Cacciapaglia, représentant Mme B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;
- de Mme B qui explique s'agissant de l'urgence, que l'allocation de retour à l'emploi doit en principe bientôt cesser ; qu'elle devait percevoir la somme de 3 000 euros mais que la décision la prive de ses revenus car il est très improbable que des parents acceptent de lui confier leur enfant en dehors du dispositif d'assistante maternelle car les conditions financières seraient alors trop importantes pour eux ; qu'elle doit faire face à d'importantes charges, liées notamment à un emprunt immobilier alors que les revenus de son époux s'élèvent à environ 1650 euros et qu'ils ont deux enfants ; sur le doute sérieux quant à la légalité, elle indique qu'elle n'a jamais fait l'objet de précédentes remarques alors qu'elle bénéficie d'un agrément depuis quinze ans ; qu'elle a eu le sentiment que les entretiens de novembre qui ont duré plus de trois heures concernaient beaucoup la question du retrait d'agrément qui lui avait été précédemment infligé, ce qui l'a mettait en situation difficile et qu'elle essayait de répondre aux questions qui lui étaient posées avec franchise mais qu'elle ne voyait pas ce qu'il y avait de répréhensible ; par exemple, sur l'adaptation des enfants, elle indique qu'elle expliquait qu'il n'y avait pas selon elle de règles prédéfinies, car cela dépendait de l'enfant et de ce que pensaient également les parents et qu'elle ne pouvait donc à l'avance fournir une réponse stéréotypée mais que ce n'était pas la réponse attendue ; que selon elle, aucun motif ne peut justifier un refus de renouvellement ; que son époux a été condamné à une amende pour une question de conflit de voisinage qui n'a rien à voir avec sa situation ;
- et les observations de Me Laffargue représentant le département des Landes qui confirme les écritures en défense en faisant notamment valoir s'agissant de l'urgence, que la requérante perçoit des revenus et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle n'aurait plus de droit à l'ARE en janvier 2024 ; qu'elle peut s'occuper des deux enfants D à leur domicile ; qu'il convient en tout état de cause de mettre en balance l'éventuel préjudice financier qu'elle subit et l'intérêt général qui s'attache à la mesure de non-renouvellement de l'agrément ; que ses aptitudes éducatives ont été jugées insuffisantes ainsi que sa connaissance du rôle d'une assistante maternelle ; que la requérante a fait preuve d'un manque de transparence à l'égard des services du département dès lors qu'elle n'a pas évoqué les actes de véhémences de son conjoint qui a fait l'objet d'une condamnation en novembre 2023 à l'égard de deux personnes ; qu'enfin, ni attestations de la famille ni celles portant sur son exercice professionnel en Isère ne sont probantes.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, épouse B est agréée en tant qu'assistante maternelle depuis le 8 janvier 2009. Cet agrément a été successivement renouvelé et étendu en 2014 à l'accueil de trois enfants et en 2019 à l'accueil de quatre enfants. A la suite de son déménagement dans le département des Landes, son agrément a été modifié et actualisé à l'accueil simultané de quatre enfants de moins de trois ans. Par courrier du 27 octobre 2023, Mme B a sollicité le renouvellement de son agrément. A la suite de l'organisation de deux rendez-vous d'évaluation en date des 27 et 28 novembre 2023 avec le médecin PMI de circonscription et l'agente médico-sociale PMI en charge des agréments, la commission consultative paritaire départementale s'est réunie le 21 décembre 2023. Le président du conseil départemental des Landes, par une décision du 3 janvier 2024 dont la requérante demande la suspension de l'exécution, a refusé de renouveler l'agrément d'assistante maternelle de Mme B. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette dernière décision, dont elle a sollicité l'annulation par la requête susvisée, enregistrée le 31 janvier 2024.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " ; aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. " ; enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. D'une part, il résulte des dispositions précitées des articles L. 521-1 et R. 522-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement.
4. D'autre part, cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement d'agrément. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. Ainsi qu'il a été dit au point 1, la décision opposée par le département des Landes à Mme B concerne le non-renouvellement de l'agrément d'assistante maternelle dont elle est titulaire depuis janvier 2009. Par ailleurs, Mme B justifie d'une situation financière difficile, alors même que cette perte de revenus est temporairement compensée par la perception de l'allocation de retour à l'emploi, liée à l'intervention de la décision qu'elle conteste, laquelle fait obstacle à ce qu'elle poursuive l'exercice de sa profession, alors qu'il n'apparaît pas, en l'état de l'instruction, que des enfants puissent être exposés à des risques sérieux au regard de leur santé, de leur sécurité et de leur épanouissement, du fait des conditions dans lesquelles Mme B exerce cette profession. Dès lors, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
6. Aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel () est accordé si les conditions d'accueil garantissent la santé, la sécurité et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un an accueillis () ". Aux termes des alinéas 3 et 4 de l'article L. 421-6 du même code : " Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément. Tant que l'agrément reste suspendu, aucun enfant ne peut être confié. Toute décision de retrait de l'agrément, de suspension de l'agrément ou de modification de son contenu doit être dûment motivée et transmise sans délai aux intéressés. ".
7. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe au président du conseil départemental pour accorder ou renouveler l'agrément d'un assistant maternel de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis.
8. Pour refuser le renouvellement de l'agrément de Mme B, le conseil départemental des Landes s'est fondé sur la circonstance que la requérante aurait manqué à ses obligations en matière de garantie de l'épanouissement des enfants accueillis, d'analyse de leurs besoins et de sécurité affective, sans toutefois apporter d'éléments suffisants au soutien de ses allégations. En effet, il ne résulte pas de l'instruction, en particulier du rapport d'évaluation effectué par le médecin de circonscription et le travailleur médico-social en charge des agréments à la suite des visites des 27 et 28 novembre 2023 que Mme B n'aurait pas respecté les règles concernant la santé, la sécurité, l'environnement du lieu d'accueil, ou les conditions matérielles d'accueil des enfants pour lesquels elle a validé l'ensemble des items requis. Si certains items relatifs à la capacité à percevoir ou prendre en compte les besoins de l'enfant dans les domaines de l'éveil ne sont que partiellement validés, le seul fait que les réponses de Mme B sur la question du portage de l'enfant ou de la mise sur le pot sont perçues comme insuffisantes, n'établit pas en lui-même que les besoins et l'épanouissement des enfants accueillis ne soient pas satisfaits. Alors même que le rapport conclut à une insuffisance de la connaissance du métier, du rôle et des responsabilités de l'assistante maternelle, ou une aptitude éducative inadaptée mise en évidence par une absence de prise en compte de l'intérêt d'un enfant, alors que cette conclusion n'est d'ailleurs pas en rapport avec la validation des nombreux critères d'évaluation de Mme B, les éléments du dossier ne mettent pas en évidence une incapacité à prendre en compte les besoins des enfants. Au contraire, Mme B produit de nombreuses attestations de parents selon lesquels la requérante est une personne de confiance, indiquant que leurs enfants sont heureux de se rendre chez elle, qu'elle est investie dans son travail et qu'ils entretiennent de bonnes relations avec elle. Il n'est en outre pas contesté que la capacité de la requérante à garantir la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants qu'elle accueille n'a jamais été remise en cause depuis 2009, son agrément ayant été renouvelé et étendu à plusieurs reprises depuis cette date. Par suite, en l'état de l'instruction, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que les deux conditions exigées par les dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative sont remplies. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de suspendre l'exécution de la décision du 3 janvier 2024 jusqu'à ce que le tribunal statue sur la requête tendant à son annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
11. La présente ordonnance implique nécessairement qu'il soit enjoint au département de Landes de renouveler provisoirement, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente ordonnance dans l'attente du jugement au fond, l'agrément d'assistante maternelle dont était titulaire Mme B. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'astreinte.
Sur les frais d'instance :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que le département des Landes demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en application des mêmes dispositions de mettre à la charge du département des Landes une somme de 1200 euros au titre des frais que Mme B a exposés au titre de la présente instance.
O R D O N N E:
Article 1er : L'exécution de la décision du 3 janvier 2024 portant non-renouvellement de l'agrément d'assistante maternelle de Mme B est suspendue jusqu'au jugement de la requête au fond.
Article 2 : Il est enjoint au conseil départemental des Landes de renouveler, à titre provisoire, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente ordonnance l'agrément dont Mme B était titulaire en qualité d'assistante maternelle.
Article 3 : Le département des Landes versera à Mme B une somme de 1 200 euros (mille deux cents euros) sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5: La présente ordonnance sera notifiée à Mme E C, épouse B et au département des Landes.
Fait à Pau, le 19 février 2024.
La juge des référés,
Signé
F. F La greffière,
Signé
A. STRZALKOWSKA La République mande et ordonne, à la préfète des Landes en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026