LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2400273

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2400273

lundi 5 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2400273
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantBAZIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 janvier 2024 au greffe du tribunal administratif de Limoges, M. B A, représenté par Me Traore, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 janvier 2024 du préfet de la Corrèze en tant qu'il lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une personne ne disposant pas d'une délégation de signature ;

- les décisions sont insuffisamment motivées ;

- les décisions méconnaissent les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision l'obligeant à quitter le territoire est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de la gravité des effets de cette décision sur sa situation personnelle.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 31 janvier 2024 et le 5 février 2024, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête.

Il précise qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu :

- l'ordonnance du président du tribunal administratif de Limoges du 1er février 2024 portant transmission au tribunal administratif de Pau de requêtes de M. A dirigées contre l'arrêté du 22 janvier 2024, et renvoyant à une formation collégiale les conclusions dirigées contre le refus de titre ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Perdu, vice-présidente, en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu les observations de Me Bazin, substituant Me Traore, représentant M. A, présent, qui produit des pièces à l'audience et soutient en outre que :

- la décision l'obligeant à quitter le territoire français est illégale dès lors qu'il est né en Guyane, d'une mère surinamienne, et qu'il y a vécu toute sa vie ; il peut donc se prévaloir de la nationalité française, en vertu des dispositions de l'article 21-7 du code civil, et il entre dans les prévisions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, né le 14 mars 1990 à Saint-Laurent-du-Maroni, démuni de documents d'identité, a déposé une demande de titre de séjour le 12 octobre 2023 alors qu'il était incarcéré pour purger des peines d'emprisonnement et, par un arrêté du 22 janvier 2024, le préfet de la Corrèze a rejeté sa demande de titre, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français à compter de sa libération, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Il a été placé en rétention à sa sortie de prison et transféré dans les locaux du centre de rétention administrative d'Hendaye. Par une ordonnance du 1er février 2024, le président du tribunal administratif de Limoges a alors transmis au tribunal administratif de Pau les dossiers de requêtes enregistrées contre l'arrêté du 22 janvier 2024. M. A demande l'annulation de cet arrêté en tant que le préfet de la Corrèze l'oblige à quitter le territoire, sans délai, fixe le pays de destination et prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de trois ans.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, l'arrêté du 22 janvier 2024 a été signé par le secrétaire général de la préfecture de Corrèze, M. D, qui a reçu délégation, par un arrêté en date du 8 septembre 2022 du préfet de la Corrèze, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 19-2022-084 du 8 septembre 2022, pour signer " tous les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers () ", tels que les décisions contenues dans l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.

3. En second lieu, l'arrêté vise les articles L. 611-1, L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et se fonde sur ce que l'intéressé réside irrégulièrement en France depuis plus de trois mois et a été condamné à deux reprises par le tribunal correctionnel et la cour d'appel de Cayenne, le 19 décembre 2019 à une peine de 2 ans d'emprisonnement pour des faits de vols aggravés par deux circonstances et, le 16 janvier 2020, à une peine de 5 ans d'emprisonnement pour des faits de violence aggravée par deux circonstances suivie d'une incapacité supérieure à 8 jours et de vol en réunion, et sur ce que son comportement constitue une menace à l'ordre public. En outre, il ne dispose pas de document d'identité, et le risque de se soustraire à une mesure d'éloignement est considéré comme suffisamment établi. Par suite, la décision l'obligeant à quitter le territoire, ainsi que la décision refusant de lui accorder un délai pour se faire, sont suffisamment motivées en droit et en fait.

4. En outre, dans l'arrêté en litige, le préfet de la Corrèze se fonde sur les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur l'absence de justification de liens particuliers avec la France, sur ce qu'il est en détention depuis 2019 et sur la gravité des faits ayant conduit à ses condamnations pénales. La décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire est donc également suffisamment motivée en droit et en fait.

5. Enfin, l'arrêté vise les stipulations des articles 3 de la Convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et précise qu'aucun élément ne permet de considérer qu'il est susceptible de courir un risque personnel, réel et sérieux d'être exposé à des peines ou traitements contraires à cette convention en cas de retour dans son pays d'origine. La décision fixant le pays de renvoi est ainsi suffisamment motivée.

6. En troisième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la décision fixant le pays de renvoi et, en tout état de cause, la mesure d'éloignement sans délai, méconnaitrait les stipulations de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. En quatrième lieu, si M. A produit son acte de naissance à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane, élément qui n'est d'ailleurs nullement contesté par le préfet, il est constant qu'il ne dispose d'aucun document d'identité qui pourrait attester de sa nationalité française. S'il fait état, à l'audience, de ce qu'il n'a jamais vécu ailleurs qu'en France, qu'il a été reconnu par sa mère, de nationalité surinamienne, et qu'au décès de cette dernière, il aurait été " livré à lui-même " en Guyane, et s'il produit une attestation de vaccination, il ne justifie nullement de la durée de sa présence en Guyane. Il est, en outre, souligné en défense qu'il est de nationalité surinamienne, qu'il est incarcéré depuis 2019 et qu'il n'est pas dénué d'attaches familiales dans son pays d'origine, tandis que M. A n'établit ni même n'allègue avoir développé des liens personnels particuliers sur le territoire français qui attesteraient de son insertion sociale. Enfin, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'il aurait déposé de demande de régularisation de sa situation. Dans ces conditions, compte tenu des circonstances de l'espèce, notamment de la menace pour l'ordre public que le comportement de M. A représente, les décisions en litige n'ont pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises et ne méconnaissent pas, dès lors, les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne les moyens soulevés spécifiquement à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 5 ° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public. () ".

9. Il ressort des pièces du dossier que M. A ne justifie pas avoir séjourné régulièrement ni même être entré régulièrement sur le territoire français. En outre, il a été condamné, ainsi que précisé, en 2019 et 2020, à une peine de 2 ans d'emprisonnement pour des faits de vols aggravés par deux circonstances et à une peine de 5 ans d'emprisonnement pour des faits de violence aggravée par deux circonstances, suivis d'une incapacité supérieure à 8 jours et de vol en réunion, et qu'il était incarcéré depuis 2019. Dans ces conditions, il n'est nullement établi et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en considérant que le comportement de M. A, qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois, constitue une menace à l'ordre public, le préfet de la Corrèze aurait fait une inexacte application des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour et des étrangers.

10. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; (). ".

11. La circonstance que le requérant est né en Guyane, l'attestation de vaccination produite et l'attestation d'un hébergement à Limoges, par un membre de sa famille, établie le 2 février 2024, ne comportant aucune précision quant aux dates de cet hébergement, ne suffisent pas à établir la résidence habituelle de l'intéressé en France, avant l'âge de treize ans. Dès lors, le moyen invoqué à l'audience par M. A, tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.

12. Il n'est pas davantage justifié, en tout état de cause, d'une résidence habituelle de M. A en France pendant une période continue ou discontinue de cinq ans, depuis l'âge de onze ans, au sens et pour l'application de l'article 21-7 du code civil évoqué à l'audience pour faire état de ce qu'il remplirait les conditions pour obtenir la nationalité française.

13. Enfin, eu égard à l'ensemble des éléments relatifs à la situation de M. A, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision d'éloignement attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses effets sur sa situation personnelle.

14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 22 janvier 2024 en tant qu'il porte obligation de quitter sans délai le territoire français, fixe le pays de destination et interdit à M. A le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : Les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du préfet de la Corrèze du 22 janvier 2024 pris à l'encontre de M. A, en tant qu'il porte obligation de quitter sans délai le territoire français, fixe le pays de destination et lui interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au préfet de la Corrèze.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

S. PERDU La greffière,

Signé

M. C

La République mande et ordonne au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière :

Signé

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions