jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2400299 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 05 février 2024, Mme C épouse A, représentée par Me Larrea, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète des Landes de renouveler son titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et subsidiairement, de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, sous la même astreinte ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle vit en France avec ses enfants qui sont de nationalité française et son époux ;
- sans renouvellement de son titre de séjour, elle risque de perdre son travail et ne peut pas candidater à des offres d'emploi ;
- bien qu'ayant fourni l'ensemble des pièces requises au renouvellement de son titre de séjour, il n'a pas été renouvelé depuis plus deux ans alors que sa situation familiale n'a pas changé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2024, la préfète des Landes conclut au non-lieu à statuer en raison de la délivrance à la requérante d'un récépissé valable du 20 février 2024 au 19 mai 2024, dans l'attente de la fabrication prochaine d'une carte de résident valable du 26 février 2024 au 25 février 2034.
Par un mémoire, enregistré le 28 février 2024, Mme C épouse A prend acte de la décision de la préfète des Landes de lui délivrer un récépissé dans l'attente de la fabrication de sa carte de résident mais maintient ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C épouse A, ressortissante sénégalaise, née le 17 août 1968, est entrée en France, selon ses déclarations, le 04 octobre 2004 et vit avec ses deux enfants de nationalité française et son époux. Elle est employée au sein du centre communal d'action sociale de Dax. Mme C épouse A a obtenu un titre de séjour valable jusqu'au 24 novembre 2021. Elle en a alors sollicité le renouvellement de son titre de séjour et un récépissé lui a été délivré le 30 septembre 2021, valable jusqu'au 24 mai 2022. A la suite d'une demande de la requérante en date du 24 mai 2022, la préfecture des Landes l'a informée que l'instruction de son dossier était en cours et que dans cette attente, son séjour sur le territoire français était régulier. Mme C épouse A a reçu un dernier récépissé l'autorisant à travailler, le 06 octobre 2023, qui a expiré le 05 janvier 2024. Elle demande en conséquence au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète des Landes de procéder au renouvellement de son titre de séjour, ou à titre subsidiaire, de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler.
Sur l'exception de non-lieu :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
3. Il résulte de l'instruction que par décision du 20 février 2024 prise en cours d'instance, la préfète des Landes a délivré à Mme C épouse A, un récépissé de dépôt de sa demande de renouvellement de carte de résident, valable jusqu'au 19 mai 2024, dans l'attente de la fabrication d'une carte de résident valable du 26 février 2024 au 25 février 2034 qui lui sera prochainement délivrée. Dans ces conditions, la requérante ayant obtenu satisfaction en cours d'instance, les présentes conclusions n'ont plus d'objet.
Sur les frais de l'instance :
4. Il y a lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, Mme C épouse A ayant été munie de plusieurs récépissés successifs pendant plus de deux ans, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme C épouse A présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat versera à Mme C épouse A la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C épouse A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète des Landes.
Fait à Pau, le 14 mars 2024
La juge des référés,
Signé
M. D La greffière,
Signé
M. ELa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
La greffière,
Signé
N°2400299
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