LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2400613

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2400613

mardi 12 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2400613
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 mars 2024, la société Gaïa General Trade (SAS), représentée par Me Boulin, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner au comptable public des Pyrénées Atlantiques d'inviter la société, à constituer des garanties en application de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales et de restituer sans délai la somme de 27 358,71 euros, correspondant à 17 935,10 euros saisis par l'avis à tiers détenteur en date du 28 février 2024, à 9 333,61 euros saisis par l'avis à tiers détenteur fin janvier 2023, augmentés de 90 euros de frais de saisie ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

S'agissant de la condition tenant à l'urgence :

- les saisies intervenues lui interdisent en pratique de poursuivre son activité car elle n'est plus en mesure d'honorer les prélèvements directement liés à la vie de l'entreprise ; elle est une petite société individuelle, qui achète pour revendre, et les saisies ont asséché sa trésorerie, de sorte qu'elle va être contrainte de cesser son activité à très court terme si les sommes ne lui sont pas restituées ;

S'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :

- les saisies à tiers détenteur, et notamment celle du 28 février 2024, constituent à l'évidence un moyen de pression dans la procédure devant la Cour administrative d'appel ;

- en refusant de constituer des garanties telles que prévues à l'art. 277 du LPF, l'administration la prive de la possibilité de bénéficier du sursis de paiement ; l'article 277 du LPF ne limite pas le sursis à la première instance, puisqu'il vise à suspendre l'action en recouvrement jusqu'à ce qu'une décision définitive ait été prise sur la réclamation ;

- les moyens fondant l'appel devant la cour du jugement du 13 octobre 2022 sont sérieux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le livre des procédures fiscales ;

- le code des procédures civiles d'exécution ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Madelaigue, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ".

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, lorsqu'il apparaît manifeste qu'une requête est irrecevable, la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.

3. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 262 du livre des procédures fiscales : " 1. Les créances dont les comptables publics sont chargés du recouvrement peuvent faire l'objet d'une saisie administrative à tiers détenteur notifiée aux dépositaires, détenteurs ou débiteurs de sommes appartenant ou devant revenir aux redevables () / L'avis de saisie administrative à tiers détenteur est notifié au redevable et au tiers détenteur. (). / La saisie administrative à tiers détenteur emporte l'effet d'attribution immédiate prévu à l'article L. 211-2 du code des procédures civiles d'exécution. Les articles L. 162-1 et L. 162-2 du même code sont applicables. (). / La saisie administrative à tiers détenteur a pour effet d'affecter, dès sa réception, les fonds dont le versement est ainsi demandé au paiement des sommes dues par le redevable, quelle que soit la date à laquelle les créances même conditionnelles ou à terme que le redevable possède à l'encontre du tiers saisi deviennent effectivement exigibles ". Selon l'article L. 211-2 du code des procédures civiles d'exécution : " L'acte de saisie emporte, à concurrence des sommes pour lesquelles elle est pratiquée, attribution immédiate au profit du saisissant de la créance saisie, disponible entre les mains du tiers ainsi que de tous ses accessoires. Il rend le tiers personnellement débiteur des causes de la saisie dans la limite de son obligation () ".

4. Il résulte de ces dernières dispositions que l'effet d'un avis à tiers détenteur, qui est le transfert à l'Etat de la propriété de la créance du contribuable, s'exerce et s'épuise dès sa notification au tiers détenteur, quelles que soient les conditions dans lesquelles les sommes détenues par le tiers sont ensuite effectivement versées.

5. La requérante, qui au demeurant invoque les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, demande au juge des référés d'ordonner au comptable public de restituer la somme de 27 358,71 euros, correspondant à 17 935,10 euros saisis par l'avis à tiers détenteur en date du 28 février 2024, à 9 333,61 euros saisis fin janvier 2023, augmentés de 90 euros de frais de saisie, et doit être regardée comme demandant de suspendre l'exécution de l'effet attributif des saisies administratives à tiers détenteur pour créance privilégiée en date des 25 janvier 2023 et 28 février 2024.

6. D'une part, un requérant n'est recevable à demander au juge des référés d'intervenir sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que pour autant que la mesure dont il sollicite le prononcé a un objet. Si cet objet n'existe pas ou plus avant même l'introduction de sa requête, celle-ci est irrecevable. Si la requête se trouve dépourvue d'objet postérieurement à son introduction, il y a alors non-lieu à statuer.

7. En l'espèce, ainsi que la société Gaïa General Trade l'indique elle-même dans ses écritures, les saisies administratives à tiers détenteur dont elle demande au juge des référés de suspendre les effets, datées du 25 janvier 2023 et du 28 février 2024, ont été notifiées à cette date à la banque de la société Gaïa General Trade au titre de la créance fiscale sur le fondement de l'article L. 262 du livre des procédures fiscales. Or, ainsi qu'il a été dit au point 4 ci-dessus, l'effet d'une saisie administrative à tiers détenteurs s'exerce et s'épuise dès sa notification au tiers détenteur, quelles que soient les conditions dans lesquelles les sommes détenues par le tiers sont ensuite effectivement versées. Ainsi, eu égard à l'effet d'attribution qui s'y attache, cette saisie administrative à tiers détenteur avait produit tous ses effets avant l'introduction de la demande de la requérante, le 8 mars 2024, tendant à sa suspension. En conséquence, la demande de la société Gaïa General Trade est sans objet, et, par suite, manifestement irrecevable.

8. D'autre part, en admettant même que la requérante ait entendu solliciter du juge des référés la suspension de l'exécution de cette notification de saisie à tiers détenteur sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, une telle demande est manifestement irrecevable dès lors qu'elle n'est pas accompagnée d'une copie de la requête tendant à l'annulation de la décision en litige que la requérante aurait introduite et qu'elle ne répond pas ainsi aux exigences de l'article R. 522-1 du code de justice administrative.

9. Enfin, si la requérante doit être regardée comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'ordonner au comptable public des Pyrénées Atlantiques de restituer les saisies opérées, une telle demande ne revêt pas un caractère provisoire et n'entre pas dans le champ d'application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative cité ci-dessus.

10. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter la requête selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Gaïa General Trade est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Gaïa General Trade.

Une copie en sera adressée à la direction générale des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques.

Fait à Pau, le 12 mars 2024.

La juge des référés,

F. MADELAIGUE

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2400613

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions