jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2400743 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 mars 2024 et le 17 mai 2024,
M. C B, représenté par Me Lopes, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er novembre 2023 par lequel le maire de Biarritz a délivré à la société civile immobilière d'attribution 18 impasse Lahontine un permis de construire modificatif relatif à la localisation d'un local à vélo, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge des parties succombantes une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; ()5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Par arrêté du 1er octobre 2018, le maire de Biarritz a délivré à M. A un permis de construire en vue de la réhabilitation d'un entrepôt et la création de quatre logements. Par arrêté du 1er novembre 2023, le maire de Biarritz a délivré à la société civile immobilière d'attribution 18 impasse Lahontine un permis de construire modificatif. La demande de permis modificatif avait pour objet la localisation d'un local à vélo d'une superficie de cinq mètres carrés. Si M. B soutient qu'il est propriétaire d'une maison à usage d'habitation faisant face au projet de construction, et que des surfaces déclarées affectées au stationnement des véhicules à l'intérieur de l'immeuble sont en réalité aménagées en surface habitable, ce qui aura pour conséquence d'aggraver les difficultés de stationnement dans l'impasse Lahontine, il ne démontre pas que la modification du projet autorisée par le permis de construire modificatif attaqué serait de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Par ailleurs, M. B ne peut utilement invoquer les nuisances qu'il estime subir du fait du stockage de matériels de construction au droit de la façade du projet de construction, ces nuisances n'étant pas inhérentes au projet lui-même, mais aux travaux liés à cette construction. Par lettre du 7 mai 2024 adressée au conseil du requérant via l'application " Télérecours " et dont il a accusé réception le lendemain, le greffe du tribunal a invité M. B à régulariser sa requête en produisant, dans un délai de quinze jours, les éléments justifiant l'atteinte directe portée par le projet aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Si, en réponse à ce courrier, M. B a adressé au tribunal un mémoire, enregistré le 17 mai 2024, il se borne à reprendre les mêmes arguments que ceux développés dans son mémoire introductif d'instance. Dès lors, M. B ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de sa requête, qui n'ont pas été régularisées, sont manifestement irrecevables et doivent être rejetées en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
6. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent dès lors être rejetées.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.
Fait à Pau, le 27 juin 2024.
Le président de la 2ème chambre,
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLON
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026