mercredi 28 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2400751 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 mars 2024, M. A B forme opposition à la contrainte émise à son encontre le 23 février 2024 par le directeur de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, signifiée le 5 mars 2024, en vue du recouvrement d'indus d'allocation de soutien familial, d'allocation de logement familiale, de prime d'activité et d'aide COVID-19, ainsi que des frais afférents, pour un montant total de 6 531,32 euros.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'organisation judiciaire ;
- le décret n° 2015-233 du 27 février 2015 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () ;2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ; 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ; (). ".
2. Enfin, aux termes de l'article R. 431-4 du code de justice administrative : " Dans les affaires où ne s'appliquent pas les dispositions de l'article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur () ".
Sur la contrainte en tant qu'elle ordonne le remboursement d'un indu d'allocation de soutien familial :
3. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux général de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et règlementations de sécurité sociale () ". Aux termes de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire : " Des tribunaux judiciaires spécialement désignés connaissent : / 1° Des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, à l'exception de ceux mentionnés au 7° du même article L. 142-1 ; () ". Aux termes de l'article L. 511-1 du code de la sécurité sociale : " Les prestations familiales comprennent : () 6°) l'allocation de soutien familial () ".
4. Aux termes du premier alinéa de l'article 32 du décret du 27 février 2015 relatif au tribunal des conflits et aux questions préjudicielles : " Lorsqu'une juridiction () de l'ordre administratif décline la compétence de l'ordre de juridiction auquel elle appartient au motif que le litige ne ressortit pas à cet ordre, elle renvoie les parties à saisir la juridiction compétente de l'autre ordre de juridiction. Toutefois, lorsque la juridiction est saisie d'un contentieux relatif à l'admission à l'aide sociale tel que défini par le code de l'action sociale et des familles (), elle transmet le dossier de la procédure, sans préjuger de la recevabilité de la demande, à la juridiction de l'autre ordre de juridiction qu'elle estime compétente par une ordonnance qui n'est susceptible d'aucun recours. ".
5. Aux termes des dispositions citées au point 3, le juge judiciaire est compétent pour connaître des litiges relatifs aux indus de prestations familiales, au nombre desquelles figure l'allocation de soutien familial. Ainsi, les conclusions de la requête de M. B par lesquelles il forme opposition à la contrainte émise par la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône pour le recouvrement d'un indu d'allocation de soutien familial d'un montant de 347,27 euros sont portées devant un ordre de juridiction manifestement incompétent pour en connaître. Il y a donc lieu, par suite et en application de l'article 32 du décret du 27 février 2015 précité, de transmettre le dossier de la requête de M. B, tant qu'elle porte sur ces conclusions, au pôle social du tribunal judiciaire de Bayonne, territorialement compétent pour en connaître.
Sur la contrainte en tant qu'elle ordonne le remboursement d'indus de prime d'activité, d'allocation de logement familiale et d'aide COVID-19 :
6. Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative en matière de contentieux sociaux : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation () qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".
7. Pour demander la décharge de l'obligation de payer résultant d'une contrainte, le requérant ne peut utilement se prévaloir que de moyens susceptibles d'avoir une incidence sur le principe, la quotité et sur l'exigibilité de la créance de la caisse d'allocations familiales.
8. M. B forme opposition à la contrainte émise à son encontre le 23 février 2024 par le directeur de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône en vue du recouvrement d'indus d'allocation de logement familiale, de prime d'activité et d'aide COVID-19 d'un montant total de 5 085,73 euros. Au soutien de sa requête, laquelle n'est pas signée, M. B fait valoir que s'il a effectivement omis de déclarer son changement de situation, la période prise en compte par la caisse d'allocations familiales pour le calcul des indus est erronée et qu'il n'est pas parvenu à effectuer les corrections nécessaires auprès de cet organisme. Toutefois, ces arguments, qui sont sans incidence sur le principe, la quotité ou l'exigibilité de la créance, sont inopérants. Par un courrier recommandé du 14 juin 2024, le requérant a été invité par le greffe du tribunal à régulariser sa requête en la signant, ainsi qu'à en compléter la motivation à l'aide d'un formulaire pré-rempli, ce dans le délai de quinze jours. Ce formulaire l'informait notamment de la nécessité, sous peine d'irrecevabilité, de soumettre au juge une argumentation destinée à établir que la décision contestée avait méconnu ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. Ce courrier, dont le pli a été retourné au tribunal revêtu de la mention " Pli avisé et non réclamé ", doit être regardé comme ayant été régulièrement notifié à l'intéressé à sa date de présentation à son domicile, soit le 17 juin 2024. M. B n'ayant pas, à la date de la présente ordonnance, régularisé sa requête, les conclusions par lesquelles il forme opposition à la contrainte en ce qu'elle ordonne le recouvrement d'indus d'allocation de logement familiale, de prime d'activité et d'aide COVID-19, ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables, en application des dispositions des 4° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Le dossier de la requête de M. B est transmis au pôle social du tribunal judiciaire de Bayonne en ce qu'elle concerne l'indu d'allocation de soutien familial.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. A B, au président du tribunal judiciaire de Bayonne et à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône.
Fait à Pau, le 28 août 2024.
La présidente du tribunal,
V. QUEMENER
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026