jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2400803 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 mars 2024, et un mémoire enregistré le 9 avril 2024, Mme D A épouse C, représenté par Me Kirimov, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision de rejet de la demande de carte de séjour mention " vie privée et familiale " née du silence gardé par la préfète des Landes sur sa demande ;
2°) d'enjoindre à la préfète des Landes de lui délivrer un nouveau récépissé de son dépôt de demande de titre, dans un délai de 15 jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête au fond dirigée contre la décision implicite de rejet de sa demande de titre n'est pas tardive car, disposant de récépissés de dépôt de sa demande régulièrement renouvelés, le dernier étant valable jusqu'au 27 février 2024, elle ne pouvait se douter de l'existence de cette décision ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que depuis le 27 février 2024 son récépissé de dépôt de demande de titre de séjour mention " vie privée et familiale " n'a pas été renouvelé de sorte qu'elle se trouve en situation irrégulière sur le territoire français, alors qu'elle est mariée à un ressortissant français, qu'elle a ainsi droit à la délivrance d'un récépissé de dépôt de demande de titre de séjour qui l'autorise à travailler en vertu de l'article R. 431-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et que d'ailleurs elle bénéficie d'un contrat à durée indéterminée ; sa demande ayant été jugée complète le 15 septembre 2022, des récépissés lui ont été régulièrement délivrés, mais elle est désormais placée dans une situation administrative des plus précaires qui porte atteinte, en outre, à sa liberté d'aller et venir ; elle ne peut davantage présenter une demande de regroupement familial, ce qui méconnait le droit à mener une vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- en outre, des moyens sont propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige :
* à titre principal, la préfète a fait une inexacte application des dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* à titre subsidiaire, la décision en litige a été prise à l'issue d'une procédure irrégulièrement menée dès lors qu'en méconnaissance de l'article L. 432-13 de ce code, la commission du titre de séjour aurait dû être préalablement consultée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 avril 2024, le préfet des Landes conclut, à titre principal, au rejet de la demande de suspension en raison de la tardiveté de la requête au fond présentée par la requérante et précise, à titre subsidiaire, que la carte sollicitée lui a été accordée, valable du 3 avril 2024 au 2 avril 2025, de sorte qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la présente demande.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné Mme Perdu, vice-présidente, pour statuer sur les demandes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique tenue le 11 avril 2024 à 11 h 00 en présence de Mme Yniesta, greffière d'audience, le rapport de Mme Perdu, aucune partie n'étant présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D A, née en 1988, de nationalité brésilenne, est entrée régulièrement sur le territoire français en avril 2017. Elle s'est mariée, le 14 mai 2022, avec M. C de nationalité française, à Saint-Paul-lès-Dax (Landes) et a déposé, en septembre 2022, une demande de carte de séjour mention " vie privée et familiale ". Elle s'est vue délivrer un premier récépissé valable du 15 septembre 2022 au 14 mars 2023, régulièrement renouvelé jusqu'au 27 février 2024. En l'absence de réponse de la part de la préfecture, une décision implicite de rejet est née et, part la présente requête, Mme D A épouse C demande la suspension de l'exécution de ce refus.
Sur la demande présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Il est justifié en défense de la délivrance à Mme D A épouse C de la carte de séjour mention " vie privée et familiale " qu'elle avait demandée, valable du 3 avril 2024 au 2 avril 2025.
3. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur la demande présentée par Mme D A épouse C, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, dirigée contre la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfecture sur sa demande de titre.
Sur les frais du litige :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais exposés par Mme D A épouse C et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande présentée par Mme D A épouse C sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Article 2 : L'État versera à Mme D A épouse C la somme de 1 000 euros (mille euros) sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme D A épouse C est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A épouse C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie pour information sera transmise à la préfecture des Landes.
Fait à Pau, le 11 avril 2024.
La juge des référés, La greffière
signé signé
S. PERDU S. YNIESTA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
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