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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2400851

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2400851

jeudi 4 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2400851
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantROMAZZOTTI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 et 4 avril 2024, M. D, placé au centre de rétention administrative d'Hendaye, représenté par Me Romazzotti, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 31 mars 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne les moyens communs soulevés à l'encontre de l'ensemble des décisions attaquées :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'erreur d'appréciation quant à ses effets sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que la menace à l'ordre public que son comportement présenterait n'est ni précise, ni actuelle, ni circonstanciée, ni suffisamment grave ;

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que le risque qu'il se soustraie à l'exécution de la mesure n'est pas actualisé, il souhaite retourner en Espagne où il vit avec sa mère depuis 5 ans et les précédentes mesures d'éloignement datent de plus de 5 ans ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que la menace à l'ordre public n'est pas démontrée ;

- sa durée est disproportionnée.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 4 avril 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Duchesne en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 4 avril 2024 à 14h30 en présence de Mme Caloone, greffière :

- le rapport de Mme Duchesne, magistrate désignée ;

- les observations de Me Romazzotti, représentant M. D, qui reprend les conclusions et moyens développés dans sa requête.

- et les observations de M. D, assisté de Mme E, interprète.

Le préfet des Pyrénées-Atlantiques n'étant ni présent ni représenté.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, de nationalité géorgienne, est entré en France le 16 décembre 2017 selon ses déclarations. Sa demande d'asile a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 31 août 2018, confirmée par celle de la Cour nationale du droit d'asile du 2 mai 2019. Par un arrêté du 6 juin 2019, dont la légalité a été validée par jugement n° 1903439 du tribunal administratif de Bordeaux du 27 septembre 2019, le préfet de la Gironde a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Après que M. D a été interpelé par la police aux frontières d'Hendaye, par un arrêté du 31 mars 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. M. D demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de la présente instance, de faire droit à la demande de M. D tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux différentes décisions :

4. En premier lieu, par un arrêté du 30 août 2023, dument publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du 1er septembre 2023, le préfet des Pyrénées-Atlantiques, M. A, a donné délégation, lorsqu'il assure les permanences de week-end, à M. B G, sous-préfet, directeur de cabinet du préfet, à l'effet de signer, notamment, les décisions en litige. En outre le préfet des Pyrénées-Atlantiques produit le tableau des permanences du vendredi 29 au dimanche 31 mars 2024, démontrant qu'à la date de l'arrêté attaqué, M. B G était de permanence. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige du 31 mars 2024 doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée.

6. La décision attaquée cite les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles elle se fonde et selon lesquelles l'autorité administrative peut obliger un étranger, non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, à quitter le territoire français si la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou si celui-ci ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2 de ce même code, à moins qu'il ne soit titulaire d'un document de séjour. Elle rappelle que M. D a introduit une demande d'asile enregistrée en France le 9 juillet 2018, qu'elle a fait l'objet d'une décision de rejet par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides en date du 31 août 2018, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 2 mai 2019, notifiée le 3 juin 2019 et sur ce que l'intéressé n'est par ailleurs pas détenteur d'un document en cours de validité autorisant son séjour dans un autre Etat de l'Espace Schengen quand bien même il a déclaré avoir fait une demande d'autorisation de séjour en Espagne, sans toutefois en apporter la preuve, et en conclut qu'il relève pour ces motifs des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La circonstance que la décision attaquée fait également état de ce que le requérant est défavorablement connu du fichier automatisé des empreintes digitales ainsi que de considérations datant de plus de quatre ans, est sans incidence. Il s'ensuit que la décision comporte un énoncé suffisant des considérations de droit et de fait qui la fondent. Par suite, la décision attaquée satisfait à l'exigence de motivation en fait prescrite par les dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ;()

8. Si le requérant soutient que les faits énoncés dans la décision attaquée pour caractériser son comportement et considérer qu'il constitue une menace à l'ordre public ne sont pas établis, n'ont donné lieu à aucune condamnation et datent de plus de quatre ans, il résulte cependant de cette décision que ce sont des éléments d'appréciation sans incidence sur sa légalité dès lors que le motif retenu par le préfet n'est pas fondé sur le 5° de l'article L. 611-1 précité mais sur le 4°de cet article, motif au demeurant non contesté par le requérant, tiré de ce que sa demande d'asile a été définitivement rejetée en dernier lieu par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 2 mai 2019, notifiée le 3 juin 2019. A supposer que le préfet aurait, à tort, également fondé la décision attaquée sur le motif, surabondant, tiré de la menace à l'ordre public, il aurait pris la même décision d'éloignement s'il s'était fondé sur le seul motif tiré du refus définitif de la reconnaissance de la qualité de réfugié, lequel ainsi qu'il vient d'être dit, suffit à fonder légalement la décision contestée. Par suite, le préfet des Pyrénées-Atlantiques n'a pas fait une inexacte application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. En troisième lieu, si le requérant soutient qu'il vit à Bilbao en Espagne depuis 5 ans, avec sa mère, où il dispose d'une adresse et travaille comme menuisier depuis 3 ans et qu'il n'a pas de famille en Géorgie, il se borne à produire, à l'appui de ses allégations, le titre de séjour de Mme F, des résultats d'examen médicaux et une ordonnance médicale datés du 5 mars 2024, un certificat d'enregistrement à la mairie de Bilbao daté du 17 octobre 2023 et une carte de transport en commun. A eux seuls, ces éléments ne justifient pas d'une présence stable et régulière en Espagne et pas davantage en France, alors qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 34 ans. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

10. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ;5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; 6° L'étranger, entré irrégulièrement sur le territoire de l'un des États avec lesquels s'applique l'acquis de Schengen, fait l'objet d'une décision d'éloignement exécutoire prise par l'un des États ou s'est maintenu sur le territoire d'un de ces États sans justifier d'un droit de séjour ; 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".

11. En premier lieu, la décision attaquée énonce les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles elle se fonde et rappelle que M. D a explicitement déclaré lors de son audition du 31 mars 2024 qu'il ne se conformera pas à une éventuelle mesure d'éloignement, qu'il s'est volontairement soustrait à l'exécution de précédentes mesures d'éloignement, la première prise par le préfet du Loiret le 21 juin 2018 et la deuxième prise par le préfet de la Gironde le 6 juin 2019. Elle précise en outre que, bien qu'étant muni d'un passeport valide, il ne justifie en France d'aucun domicile fixe et d'aucune activité exercée régulièrement. Par suite, cette décision est suffisamment motivée en droit et en fait.

12. En deuxième lieu, il résulte des termes de la décision attaquée que le préfet a considéré que M. D présentait un risque de se soustraire à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français dont il faisait l'objet aux motifs qu'il a déclaré avoir l'intention de ne pas se conformer à l'exécution de la mesure d'éloignement, qu'il se maintenait en situation irrégulière en France, en méconnaissance de précédentes mesures d'obligation de quitter le territoire prononcées à son encontre le 21 juin 2018 et le 6 juin 2019 et qu'il ne justifiait pas de la réalité de ses moyens d'existence ni d'une résidence effective en France. Si M. D soutient que la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que le risque qu'il se soustraie à l'exécution de la mesure d'éloignement n'est pas actualisé, les précédentes mesures d'éloignement datant de plus de 5 ans ne lui sont plus opposables, il ressort toutefois du procès-verbal de son audition par l'officier de police judiciaire le 31 mars 2024 à 14h30 qu'il a déclaré ne pas vouloir retourner en Géorgie et souhaiter rentrer en Espagne auprès de sa mère où, ainsi que mentionné, il ne justifie pas résider régulièrement. Dans ces conditions, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en refusant d'accorder à M D un délai de départ volontaire.

13. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

14. Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions () d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. " En application de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

15. La durée de l'interdiction de retour est ainsi déterminée en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il ressort des termes de l'arrêté contesté, que le préfet des Pyrénées-Atlantiques a pris en compte les critères prévus à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour fixer la durée de l'interdiction de retour à trois ans, notamment l'existence de précédentes mesures d'éloignement, dont l'une assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans, prise à l'encontre de M. D, ainsi que l'absence de liens anciens et stables avec la France, tout en relevant la présence de ses trois enfants dont aucun n'est à sa charge et dont il dit savoir où ils habitent mais ne pas connaître leur adresse précise et, enfin, le comportement de l'intéressé considéré comme représentant une menace pour l'ordre public. Le requérant ne justifie de l'existence d'aucune circonstance humanitaire de nature à faire obstacle à l'édiction de la décision attaquée, alors même que sa présence sur le territoire national ne constituerait pas une menace pour l'ordre public. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Pyrénées-Atlantiques aurait entaché sa décision d'un défaut de motivation, d'une erreur d'appréciation et aurait fixé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée disproportionnée.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. D doivent être rejetées .

Sur les frais de l'instance :

17. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation

18. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. D doivent dès lors être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. D, au préfet des Pyrénées-Atlantiquese et à Me Romazzotti.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024 .

La magistrate désignée,

Signé

M. DUCHESNE

La greffière,

Signé

M. CALOONE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière,

Signé

M. CALOONE

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