mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2400927 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête, enregistrée le 9 avril 2024 sous le n° 2400927, M. B D, représenté par Me Pather, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 mars 2024 par lequel le préfet du Gers l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement et l'a astreint à se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch ;
2°) d'enjoindre au préfet du Gers, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir conformément aux dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et des apatrides ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- en raison de cette lacune, il n'est pas possible d'établir que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de sa situation et ne s'est pas senti lié par la décision rendue par la Cour nationale du droit d'asile sur sa demande d'asile ; par ailleurs il n'est pas possible de contester utilement la décision dès lors que le préfet ne précise pas le fondement juridique sur lequel il a entendu se placer pour estimer qu'il n'avait plus droit au maintien sur le territoire ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée du défaut d'examen réel et sérieux de sa situation dès lors qu'elle ne mentionne pas l'arrivée sur le territoire français de son fils ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 et de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision l'astreignant à se présenter une fois par semaine au commissariat :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2024, le préfet du Gers conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. D ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 mai 2024.
II - Par une requête, enregistrée le 9 avril 2024 sous le n° 2400928, Mme A F, représentée par Me Pather, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 mars 2024 par lequel le préfet du Gers l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement et l'a astreinte à se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch ;
2°) d'enjoindre au préfet du Gers, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir conformément aux dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et des apatrides ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- en raison de cette lacune, il n'est pas possible d'établir que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de sa situation et ne s'est pas senti lié par la décision rendue par la Cour nationale du droit d'asile sur sa demande d'asile ; par ailleurs il n'est pas possible de contester utilement la décision dès lors que le préfet ne précise pas le fondement juridique sur lequel il a entendu se placer pour estimer qu'elle n'avait plus droit au maintien sur le territoire ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée du défaut d'examen réel et sérieux de sa situation, s'agissant de l'absence de mention de l'arrivée sur le territoire français de son fils ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 et de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision l'astreignant à se présenter une fois par semaine au commissariat :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2024, le préfet du Gers conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par Mme F ne sont pas fondés.
Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 mai 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
-la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code des relations entre le public et l'administration ;
-la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 22 mai 2024 à 14 heures en présence de Mme Caloone, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Quéméner,
- et les observations de Me Ortego Sampedro, substituant Me Pather, représentant M. D et Mme F, qui confirment leurs écritures en indiquant qu'à la suite de l'annulation par le tribunal des précédents arrêtés le préfet s'est borné à reprendre des décision identiques, les mentions ajoutées sur la scolarisation de leurs enfants ne suffisent pas pour établir l'examen réel et sérieux de leur situation.
Le préfet du Gers n'étant ni présent, ni représenté, la clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant russe, né le 15 mars 1980 à Kirovakan (URSS), est entré irrégulièrement en France selon ses déclarations le 22 septembre 2022, accompagné de son épouse, Mme F, de même nationalité, née le 17 mai 1980 à Kirovakan (URSS) et de leurs trois enfants. Les intéressés ont déposé des demandes d'asiles, lesquelles ont été définitivement rejetées par la Cour nationale du droit d'asile par deux décisions du 4 octobre 2023. Par deux arrêtés du 20 mars 2024, le préfet du Gers les a respectivement obligés à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi de ces mesures d'éloignement et les a astreints à se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch. Par les présentes requêtes, M. D et Mme F demandent au tribunal d'annuler ces arrêtés.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées, enregistrées sous les nos 2400927 et 2400928, présentées par M. B D et son épouse Mme A F à l'encontre des mesures d'éloignement respectivement édictées à leur encontre présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, les décisions attaquées visent, notamment les dispositions des articles L. 542-3 et L. 611-1 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui la fondent, ainsi que les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Elles mentionnent les décisions prises par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile sur les demandes d'asile de M. D et Mme F. Elles rappellent également les conditions d'entrée et de séjour des intéressés, ainsi que les éléments tenant à leur situation personnelle et familiale au regard d'un éventuel droit au séjour sur le territoire. Il s'ensuit que ces décisions qui n'avaient pas à mentionner de manière exhaustive l'ensemble des éléments caractérisant la situation des requérants, comportent un énoncé suffisant des considérations de droit et de fait qui la fondent et que le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté. Par ailleurs, il ne ressort ni de cette motivation, ni d'aucune autre pièce des dossiers que le préfet du Gers se serait senti lié, à tort, par les décisions prises sur les demandes d'asile des requérants, et n'aurait pas procédé à sa propre appréciation, de sorte que ces moyens seront également écartés.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () ; 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ". Aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ".
5. Les relevés " Telemofpra " produits en défense par le préfet du Gers et dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, mentionnent que les recours formés le 18 juillet 2023 par les requérants à l'encontre des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ont été rejetés par la Cour nationale du droit d'asile par des décisions lues en audience publique le 4 octobre 2023 et notifiées aux intéressés le 17 octobre 2023. Il s'ensuit que le droit au maintien sur le territoire des requérants avait pris fin à la date des arrêtés en litige, à laquelle le préfet du Gers a pu légalement estimer qu'ils se trouvaient dans le cas visé au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En troisième lieu, d'une part, la circonstance que les arrêtés contestés ne font pas mention de la présence sur le territoire français du fils majeur de Mme Mme F, M. G F, ni de la demande d'asile de ce dernier, n'est pas de nature, par elle-même, à révéler un défaut d'examen de la situation des requérants, le préfet n'ayant pas à faire état de l'ensemble des éléments en sa possession pour motiver les décisions querellées. D'autre part, le préfet du Gers qui vise la convention internationale des droits de l'enfant et mentionne que les deux enfants mineurs des requérants sont scolarisés depuis très peu de temps en France doit être regardé comme ayant suffisamment pris en compte la situation et l'intérêt supérieur de ces derniers. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen réel et sérieux et de l'erreur de droit doivent être écartés.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. Il est constant que M. D, Mme F, et leurs enfants, qui n'étaient présents sur le territoire que depuis un peu plus d'un an à la date des décisions attaquées, n'ont été autorisés à résider sur le territoire que dans le cadre de l'instruction de leurs demandes d'asile, et n'ont pas vocation à s'y maintenir. Par ailleurs, les requérants, qui ont vécu dans leur pays d'origine jusqu'à l'âge de 42 ans ne justifient ni de liens personnels qu'ils auraient tissés en France, ni d'obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue, avec leurs enfants, de même nationalité dans leur pays d'origine. Dans ces conditions, et en dépit de la circonstance que la demande d'asile de leur fils majeur M. G F serait toujours en cours d'instruction, ces mesures n'ont pas porté au droit des requérants au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis, et par suite ne méconnaissent pas les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
10. Il n'est pas contesté que les mesures d'éloignement en litige n'ont ni pour objet, ni pour effet, de séparer les deux enfants mineurs de Mme Mme F et M.D de l'un de leurs deux parents, qu'ils ont vocation à suivre dans leur pays d'origine. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces des dossiers qu'ils ne seraient pas en mesure de poursuivre dans leur pays d'origine, la scolarité qu'ils ont récemment entamée en France. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de renvoi :
11. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que les décisions portant obligation de quitter le territoire français ne sont pas entachées d'illégalité. Dans ces conditions, le moyen tiré par la voie d'exception, de l'illégalité de ces décisions à l'encontre de celles fixant le pays de renvoi doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch :
12. En premier lieu, les décisions faisant obligation aux requérants de se présenter hebdomadairement au commissariat d'Auch constituent des mesures de police visant à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français qui doivent être motivées en application des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Cette motivation peut toutefois se confondre avec celles des décisions portant obligation de quitter le territoire français assortie d'un délai de départ volontaire, lesquelles sont, ainsi qu'il a été dit au point 3, suffisamment motivées. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation des décisions attaquées doit être écarté.
13. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que les décisions portant obligation de quitter le territoire français ne sont pas entachées d'illégalité. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de ces décisions, soulevé à l'encontre de celles les astreignant à se présenter au commissariat d'Auch une fois par semaine doit être écarté.
14. En dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire ".
15. La circonstance que les arrêtés en litige ne mentionnent pas que les décisions portant astreinte à se présenter au commissariat d'Auch sont prises pour une durée limitée au délai de départ volontaire de trente jours, n'est pas de nature à entacher ces décisions d'illégalité dès lors qu'il ressort des termes de ces arrêtés que les décisions attaquées ont été prises sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au demeurant, il ne ressort pas des pièces des dossiers que ces décisions auraient produit des effets après l'expiration du délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que M. D et Mme F ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 20 mars 2024 du préfet du Gers, de sorte que les conclusions qu'ils présentent à cette fin doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
17. Le présent jugement qui rejette les conclusions aux fins d'annulation des requêtes de M. D et Mme F, n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions aux fins d'injonction de ces mêmes requêtes ne peuvent également qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. L'Etat n'ayant pas dans la présente instance, la qualité de partie perdante, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à sa charge les sommes dont les requérants demandent le versement à leur conseil sur le fondement de ces dispositions et de celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. D et Mme F sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, Mme A F, et au préfet du Gers.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
La présidente,
V. QUEMENERLa greffière,
M. CALOONE
La République mande et ordonne au préfet du Gers, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Nos 2400927, 2400928
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026