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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2400991

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2400991

vendredi 26 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2400991
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantRONCUCCI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 avril 2024, M. E C B, représenté par Me Roncucci, avocat, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 19 mars 2024 par laquelle le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté sa demande de certificat de résidence d'une durée de dix ans, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) de mettre à la charge de l'État les entiers dépens ainsi qu'une somme de 1500 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée par la circonstance que la décision attaquée le prive de toute possibilité d'intégration professionnelle ;

- la décision attaquée a été prise sur le fondement d'une disposition du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui n'est pas applicable aux ressortissants algériens ;

- il remplit les conditions du h) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 17 avril 2024 soumit n° 2400990 par laquelle M. C B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 modifié entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, de nationalité algérienne, est entré en France en 2013 selon ses déclarations, alors qu'il était mineur. À sa majorité, il s'est vu délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. Il a déposé le 22 janvier 2024 une demande de renouvellement de ce titre de séjour ainsi qu'une demande de délivrance d'un certificat de résidence d'une durée de dix ans. Par décision du 19 mars 2024, le préfet des Hautes-Pyrénées a décidé du renouvellement du certificat de résidence d'une durée d'un an et a rejeté le reste de la demande. La requête de M. C B doit être regardée comme tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 19 mars 2024 en tant qu'elle porte rejet de la demande de délivrance d'un certificat de résidence d'une durée de dix ans.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Si M. C B soutient que la décision attaquée le prive de toute possibilité d'intégration professionnelle, il ne produit aucune pièce démontrant que sa situation ne lui permet pas d'obtenir un emploi, alors que l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, sur le fondement duquel le préfet des Hautes-Pyrénées a accordé au requérant le renouvellement de son certificat de résidence d'une durée d'un an, donne droit à l'exercice d'une activité professionnelle. Par suite, M. C B n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision du préfet des Hautes-Pyrénées du 19 mars 2024 présentées par M. C B doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".

7. M. C B ne justifie pas avoir exposé des dépens dans la présente instance. Par suite, les conclusions présentées par lui à ce titre doivent être rejetées.

8. En second lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

9. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le juge des référés ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. C B doivent dès lors être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E C B.

Fait à Pau, le 26 avril 2022.

Le juge des référés,

Signé

F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme :

La greffière,

Signé

M. A

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