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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2401008

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2401008

jeudi 16 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2401008
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCASAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 avril et le 6 mai 2024, M. A B, représenté par Me Casau, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 avril 2024 par lequel la préfète des Landes lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre à la préfète des Landes de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'une semaine à compter de la notification du jugement à intervenir :

3°) d'enjoindre à la préfète des Landes de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de la préfète des Landes une somme de 1 200 euros sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- il n'est pas démontré que la consultation du fichier automatisé des empreintes digitales ait été effectuée par un agent spécialement habilité ;

- elle est entachée d'une erreur de droit tirée du défaut d'examen de sa situation personnelle au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;

- il peut, en application des stipulations de l'article 1er de l'accord-franco-tunisien, bénéficier de plein droit du renouvellement de sa carte de résident de 10 ans ; sa détention rendait impossible l'accomplissement des démarches nécessaires au renouvellement de ce titre ;

S'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- il n'est pas démontré que la consultation du fichier automatisé des empreintes digitales ait été effectuée par un agent spécialement habilité ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de ses conséquences sur sa situation personnelle.

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- il n'est pas démontré que la consultation du fichier automatisé des empreintes digitales ait été effectuée par un agent spécialement habilité ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2024, la préfète des Landes conclut à titre principal au rejet de la requête pour irrecevabilité, et à titre subsidiaire à son rejet au fond.

Elle fait valoir que la requête de M. B ne contient l'exposé d'aucun moyen.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Neumaier en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 7 mai 2024 à 14 h, en présence de Mme Strzalkowska, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Neumaier, magistrate désignée ;

- et les observations de Me Casau, ainsi que celle de M. B.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien né le 8 juillet 1984, a été condamné le 21 septembre 2023 par le tribunal correctionnel de Bordeaux à une peine de douze mois d'emprisonnement. Par un arrêté du 16 avril 2024, la préfète des Landes lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par sa requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, la décision contestée vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle indique que le requérant, entré en France par la procédure de regroupement familial, a fait l'objet de douze condamnations pénales entre 2004 et 2020 et a été condamné en dernier lieu le 21 septembre 2023 par le tribunal correctionnel de Bordeaux à une peine de douze mois d'emprisonnement pour des faits de violence habituelle sur un mineur de 15 ans et une interdiction d'entrer en contact avec la victime pendant une durée de trois ans. La décision attaquée indique également que ces circonstances ont conduit, le 8 février 2023, à un retrait de la carte de résident dont il était titulaire, et à la délivrance d'un titre de séjour temporaire valable jusqu'au 14 avril 2024, dont il n'a pas sollicité le renouvellement. La préfète des Landes mentionne enfin que si l'ex-compagne et la fille de M. B, ainsi que ses parents, résident sur le territoire français, il ne saurait justifier de l'existence de liens privés et familiaux dès lors qu'il n'a pas le droit d'entrer en contact avec sa fille pendant une durée de trois ans. Par suite, la préfète des Landes, qui n'était pas tenue de reprendre tous les éléments relatifs à la situation personnelle du requérant, a suffisamment motivé la décision portant obligation de quitter le territoire français contestée.

3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète des Landes ne se serait pas livrée à un examen réel et sérieux de la situation de M. B.

4. En troisième lieu, si M. B fait valoir que la préfète des Landes ne justifie pas que la consultation du fichier automatisé des empreintes digitales a été effectuée par un agent expressément habilité dans les conditions fixées par la loi, une telle circonstance, à la supposer même établie, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté en litige, dès lors qu'aucune mention de cette consultation ne figure dans l'arrêté et n'a pu, par suite, constituer le fondement de la décision en litige.

5. En quatrième lieu, lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement faire l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français.

6. D'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () ". Les stipulations de l'article 1er de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié, en matière de séjour et de travail prévoient que : " () Les ressortissants tunisiens résidant régulièrement en France et titulaires, à la date d'entrée en vigueur du présent Accord, d'un titre de séjour dont la durée de validité est égale ou supérieure à trois ans bénéficient de plein droit, à l'expiration du titre qu'ils détiennent, d'une carte de résident valable dix ans. / () / Les ressortissants tunisiens résidant en France et justifiant d'un séjour régulier de moins de trois ans à la date d'entrée en vigueur du présent Accord conservent le bénéfice de l'ancienneté acquise de leur séjour pour l'application des dispositions du présent Accord, en particulier en ce qui concerne la délivrance d'un titre de séjour et de travail d'une durée de dix ans. ". Aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire () ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " la délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".

7. D'autre part, aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. (). ".

8. M. B soutient qu'il est en mesure de se voir délivrer de plein droit une carte de résident sur le fondement de l'article 1er de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié. Il n'est toutefois pas contesté que par une décision du 8 février 2023, le préfet du Var a procédé, en raison de la menace à l'ordre public que constituait le comportement de M. B, au retrait de sa carte de résident et lui a délivré un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 14 avril 2024. Si M. B soutient que sa détention rendait impossible l'accomplissement des démarches nécessaires au renouvellement de son titre de séjour, il n'apporte toutefois aucun élément permettant de tenir cette allégation pour établie. Dans ces conditions, la préfète des Landes a pu, à bon droit, obliger le requérant à quitter le territoire français.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. /2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. Il ressort des pièces du dossier que M. B est défavorablement connu des services de police pour des faits de cambriolage de locaux d'habitation principale, de vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation, et de vol aggravé commis entre 2010 et 2017, et fait l'objet de 16 condamnations pénales pour des infractions routières ainsi que des atteintes aux biens et aux personnes, dont l'une a été prononcée le 31 janvier 2019 pour violences sans incapacité commises sur une personne étant ou ayant été conjoint ou concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. M. B a été condamné en dernier lieu le 21 septembre 2023 par le tribunal correctionnel de Bordeaux à une peine de douze mois d'emprisonnement pour des faits de violences habituelles sur mineur de quinze ans n'ayant pas entrainé d'incapacité supérieure à huit jours, commis à l'encontre de sa fille. Dans ces conditions, nonobstant la circonstance que M. B réside en France depuis l'âge d'un an et que ses parents vivent sur le territoire, et qu'il déclare être dépourvu d'attaches personnelles dans son pays d'origine, la préfète des Landes n'a pas portée une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

11. En premier lieu, la décision par laquelle la préfète des Landes a refusé d'accorder un délai de départ volontaire à M. B vise les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui en constituent le fondement, ainsi que les considérations de fait pertinentes. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision serait insuffisamment motivée doit être écarté.

12. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète des Landes n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de M. B.

13. En troisième lieu, et compte tenu de ce qui a été dit au point 4 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la consultation du fichier automatisé des empreintes digitales n'aurait pas été effectuée par un agent par un agent expressément habilité dans les conditions fixées par la loi doit être écarté.

14. En quatrième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant entachée d'aucune des illégalités alléguées, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué à l'appui des conclusions dirigées contre la décision refusant un délai de départ volontaire ne peut qu'être écarté.

15. En cinquième lieu, compte tenu de ce qui a été au point 10 du présent jugement, M. B n'est pas fondé à soutenir que cette décision méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

16. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant entachée d'aucune des illégalités alléguées, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays à destination duquel M. B peut être éloigné, ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

17. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. (). ".

18. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

19. La décision portant interdiction de retour sur le territoire français mentionne l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et indique que si M. B est présent sur le territoire français depuis de nombreuses années, sa situation ne saurait se caractériser par ses liens privés et familiaux, dès lors notamment qu'il n'a plus le droit d'entrer en contact avec sa fille, et que s'il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, sa présence en France représente une menace grave, sérieuse et actuelle pour l'ordre public. Ainsi, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée.

20. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète des Landes n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de M. B.

21. En troisième lieu, et compte tenu de ce qui a été dit au point 4 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la consultation du fichier automatisé des empreintes digitales n'aurait pas été effectuée par un agent par un agent expressément habilité dans les conditions fixées par la loi doit être écarté.

22. En quatrième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant entachée d'aucune des illégalités alléguées, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ne peut qu'être écarté.

23. En cinquième lieu, la seule circonstance que les parents de M. B soient présents sur le territoire français, sans que ne soit établie la nécessité de la présence de leurs fils à leurs côtés, ne saurait suffire à constituer des circonstances humanitaires au sens de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faisant obstacle à l'édiction d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

24. En sixième lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 13 du présent jugement, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision par laquelle la préfète des Landes a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français aurait été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète des Landes.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et de l'Outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.

La magistrate désignée,

L. NEUMAIERLa greffière,

A. STRZALKOWSKA

La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière,

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