vendredi 17 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2401070 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | PARISI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 avril 2024, et un mémoire enregistré le 14 mai 2024, M. D B demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension du permis de construire délivré à M. C le 24 juin 2022 par le maire de Saint-Paul-en-Born pour l'édification d'une maison sur un terrain situé 5745 route de Mezos à Saint-Paul-en-Born.
Il soutient que :
- il justifie d'un intérêt à agir contre ce permis en application des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- l'urgence est présumée dès lors que les travaux ont commencé, l'ancienne maison a été démolie et les fondations sont créées ;
- la construction projetée méconnait le PLU car la surface du terrain de 1 435 m2 est inférieure à la surface exigée de 3500 m2 prévue au PLU et de ce fait, insuffisante ;
- alors que le certificat d'urbanisme autorise la reconstruction à l'identique d'un bâtiment existant sur le terrain et menaçant ruine, le permis de construire autorise une hauteur des murs du bâtiment de 4,90 m (bâtiment existant façade Nord), aboutissant à un bâtiment d'un volume double à celui de l'ancien bâtiment, nullement identique à l'existant.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 mai 2024 et une pièce complémentaire enregistrée le 13 mai 2024, M. A C, représenté par Me Parisi, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête au fond, non accompagnée de la justification du caractère régulier de la détention du bien dont il dit être propriétaire est en outre tardive ; elle est donc irrecevable et par voie de conséquence, la requête en référé suspension non fondée ;
- le requérant ne justifie d'aucun intérêt à agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme à défaut de démontrer l'incidence du projet sur les conditions d'occupation ou de jouissance du bien lui appartenant ;
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;
- aucun moyen n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 mai 2024, la commune de Saint-Paul-en-Born, représentée par Me Savary, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le requérant est dépourvu d'intérêt à agir ;
- la demande d'annulation présentée au fond est manifestement irrecevable dès lors qu'à la date d'enregistrement de la requête en annulation, soit le 14/12/2023 le requérant était forclos ;
- il n'est fait état d'aucun moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête n° 2303232 enregistrée le 14 décembre 2023, par laquelle M. B demande au tribunal d'annuler le permis de construire délivré le 24 juin 2022.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Madelaigue, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 mai 2024 à 14 heures, en présence de Mme Strzalkowska, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Madelaigue, juge des référés ;
- les observations de Me Savary pour la commune de Saint-Paul-en-Born qui reprend ses écritures et insiste sur le fait que M. C bénéficiait d'un certificat d'urbanisme en date du 4 septembre 2020 précisant que l'aménagement, le changement de destination et l'extension sera limitée à 50 % de la surface plancher existante, avec un maximum de 60 m² et que la hauteur maximale est fixée à 7 mètres à l'égout principal du toit ou de l'acrotère. L'aménagement des combles est admis et que ce certificat d'urbanisme a été prorogé pour une durée de un an soit jusqu'au 4 mars 2023 et que c'est au visa de ces CU notamment que la demande de permis de construire a été déposée le 12 mai 2022 ; Elle ajoute que l'affichage continu pendant deux mois consécutifs a bien été respecté par le bénéficiaire du permis de construire contesté qui communique les justificatifs de ce qu'il a procédé à l'affichage du permis délivré à compter du 28 juin 2022 en façade de terrain et qu'ainsi, à la date d'enregistrement de la requête en annulation, soit le 14 décembre 2023, le requérant était forclos.
M. B n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
M. B a présenté deux nouveaux mémoires qui ont été enregistrés le 15 mai 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 24 juin 2022, le maire de la commune de Saint-Paul-en-Born a délivré au bénéfice de M. C A un permis de construire en vue de la reconstruction à l'identique et surélévation d'une maison existante sur un terrain situé 5745 route de Mézos à Saint-Paul-en-Born pour une surface plancher créée de 149 m2. M. B, habitant à proximité du projet, 5951 route de Mézos, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
Sur la fin de non-recevoir opposée par le maire de Saint-Paul-en-Born et le pétitionnaire et tirée de la tardiveté de la requête :
3. La suspension d'une décision administrative ne peut être ordonnée par le juge des référés lorsque les conclusions tendant, sur le fond, à l'annulation de cette décision apparaissent irrecevables en l'état de l'instruction.
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. " et l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme précise quant à lui que : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". Enfin l'article R. 424-15 du même code dispose : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier () ".
5. Pour rapporter la preuve de l'affichage sur le terrain pendant une durée continue de deux mois, M. C verse aux débats un mail, daté du 28 juin 2022, de l'agence immobilière ayant procédé pour M. C à l'affichage du permis de construire dès le 28 juin 2022, accompagné des photos, datées du 28 juin 2022, sur lesquelles le panneau d'affichage du permis de construire délivré est bien visible depuis la voie publique, ainsi que des photos, datées du 10 et du 23 septembre, attestant que le panneau a bien été affiché pendant une durée d'a minima trois mois, corroborés par des attestations de voisins établissant que ce permis a été affiché sans discontinuer à compter du mois de juin 2022. A supposer que le requérant conteste la validité de certains témoignages, en particulier celui d'un prestataire de service de M. C, en l'absence de tout constat d'huissier permettant de retenir les dates d'affichage comme certaines, il n'apporte pour sa part aucun témoignage en sens contraire. Dans ces circonstances, et en l'état de l'instruction, les éléments produits par le pétitionnaire et la commune permettent d'établir que le permis de construire a été affiché dans les conditions de durée et de continuité prévues par les dispositions précitées du code de l'urbanisme, qui conditionnent l'opposabilité du délai de recours contentieux aux tiers. La preuve de l'affichage régulier et continu du permis de construire pendant une période de deux mois sur le terrain d'assiette du projet, qui seul permet de faire courir le délai de recours étant rapportée en l'espèce, le délai de recours à l'encontre de la décision attaquée doit être considéré comme ayant expiré le 29 août 2022. Ainsi, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Saint-Paul-en-Born et M. C tenant à la tardiveté de la requête en annulation de l'arrêté en litige, enregistrée au greffe du tribunal le 14 décembre 2023, doit être accueillie.
6. Par suite, la requête tendant à la suspension de l'exécution du permis de construire litigieux doit être rejetée comme non fondée.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du requérant la somme réclamée par la commune de Saint-Paul-en-Born et par M. C au titre de ces dispositions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Paul-en-Born et par M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B, à la commune de Saint-Paul-en-Born et à M. A C.
Fait à Pau, le 17 mai 2024.
La juge des référés, La greffière,
F. MADELAIGUE A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026