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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2401087

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2401087

mardi 18 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2401087
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE 3

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 avril 2024, Mme B G D A, représentée par Me Pather, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 mars 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai d'une semaine à compter de la notification du jugement à intervenir, conformément aux dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et de procéder sans délai à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- cette lacune ne permet pas de s'assurer que le préfet a procédé à l'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 542-1 et L. 611-1-4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision attaquée méconnait, enfin, les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

-elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

-elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

-la durée de l'interdiction de retour est manifestement disproportionnée au regard des critères posés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-elle emporte des conséquences manifestement disproportionnées sur sa situation personnelle et familiale.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 13 et 21 mai 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Mme B G D A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 22 mai 2024 à 14 heures en présence de Mme Caloone, greffière d'audience :

- le rapport de Mme C ;

- et les observations de Me Dumaz-Zamora, substituant Me Pather, représentant Mme D A, qui confirme les écritures et insiste sur l'erreur manifeste d'appréciation et la violation de l'intérêt supérieur de sa fille mineur au regard des efforts d'intégration déployés, notamment pour maitriser la langue française ; et fait par ailleurs valoir qu'il existe des risques avérés de subir des traitements inhumains et dégradants en raison de ses opinions politiques, ce qui a d'ailleurs été reconnu par la Cour nationale du droit d'asile ; elle apporte des preuves nouvelles à l'instance des persécutions subies ; et précise enfin en réponse au dernier mémoire en défense, s'agissant de la saisine de la police de l'air et des frontières, que ce service ne détient aucune compétence pour analyser la convocation qu'elle produit, sans que l'on sache, au surplus ce qu'il faut retenir de l'avis défavorable qui a été émis.

Le préfet des Pyrénées-Atlantiques n'étant ni présent, ni représenté, la clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1.Mme B G D A, ressortissante vénézuélienne, née le 7 août 1988 à El Tigre (Venezuela), est entrée sur le territoire français le 12 novembre 2021. Elle a déposé une demande d'asile, rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 15 septembre 2022, confirmée par une décision du 19 mars 2024 de la Cour nationale du droit d'asile. Par un arrêté du 26 mars 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la présente requête, Mme D A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, la décision attaquée vise, notamment, les dispositions des articles L. 611-1 4°, L. 542-1 et L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui la fondent et les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle mentionne les décisions respectivement prises par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile sur la demande d'asile de Mme D A et rappelle enfin les éléments tenant à la situation personnelle et familiale de Mme D A au regard d'un éventuel droit au séjour sur le territoire. Il s'ensuit que cette décision qui n'avait pas à mentionner de manière exhaustive l'ensemble des éléments caractérisant la situation de la requérante, comporte un énoncé suffisant des considérations de droit et de fait qui la fondent et que le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté. Par ailleurs, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet des Pyrénées-Atlantiques, se serait senti lié, à tort, par les décisions prises sur sa demande d'asile et n'aurait pas procéder à un examen réel et sérieux de sa situation personnelle et familiale, de sorte que ce moyen sera également écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () ; 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; (). " Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ".

4. Le relevé " Telemofpra " produit en défense par le préfet des Pyrénées-Atlantiques et dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, mentionne que le recours formé le 5 décembre 2022 par Mme D A à l'encontre de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a été rejeté par la Cour nationale du droit d'asile par une décision lue en audience publique le 19 mars 2024, notifiée le 29 mars 2024, et d'ailleurs versée à la présente instance. Il s'ensuit que le préfet des Pyrénées-Atlantiques a pu légalement estimer à la date de l'arrêté en litige, que la requérante se trouvait dans le cas visé au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans lequel il pouvait légalement édicter à son encontre une obligation de quitter le territoire français.

5. En troisième lieu, Mme D fait valoir qu'elle réside sur le territoire avec sa fille F D et qu'elle s'est pleinement investie et intégrée dans la société française. Toutefois, l'intéressée entrée récemment en France en novembre 2021 à l'âge de trente-trois ans, n'a été autorisée à séjourner sur le territoire que dans le cadre de l'examen de sa demande d'asile. Elle ne fait état d'aucun autre lien personnel en France, en dehors de la cellule familiale qu'elle forme avec sa fille mineure, dont la demande d'asile a également été rejetée. Dans ces conditions, en dépit des efforts d'intégration déployés par la requérante, et la scolarisation de sa fille sur le territoire, le préfet des Pyrénées-Atlantiques en édictant à son encontre une mesure d'éloignement n'a pas entaché la décision en litige d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences que cette mesure emporte sur sa situation personnelle et familiale. Ce moyen sera par suite écarté.

6. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

7. Mme D A fait valoir que le préfet des Pyrénées-Atlantiques a omis de prendre en compte l'intérêt supérieur de sa fille mineure E. Toutefois, et d'une part, contrairement à ce que soutient la requérante, il ressort des termes de l'arrêté en litige, qui vise la convention internationale des droits de l'enfant, que le préfet des Pyrénées-Atlantiques a pris en compte les conséquences d'une telle mesure sur la situation de sa fille mineure en précisant qu'elle était également déboutée de sa demande d'asile. D'autre part, il n'est pas contesté que la décision attaquée n'a ni pour objet, ni pour effet, de séparer cette dernière de sa mère qu'elle a vocation à suivre dans son pays d'origine. Enfin, si la requérante se prévaut de la scolarisation de sa fille en France depuis deux ans, il ne ressort pas des pièces du dossier que celle-ci ne serait pas en mesure de poursuivre sa scolarité dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

8. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Dans ces conditions, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de celle fixant le pays de renvoi, doit être écarté.

9.En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

10.Mme D A a invoqué à l'audience le risque de subir des traitements inhumains et dégradants en cas de retour au Venezuela et se prévaut à cet égard des dernières pièces qu'elle a produites à l'instance, qui constitueraient selon des documents nouveaux de nature à permettre de tenir pour établies les craintes alléguées. Toutefois et d'une part, il ressort des pièces du dossier, et en particulier des termes de la décision du 19 mars 2024 de la Cour nationale du droit d'asile que cette juridiction a déjà apprécié le caractère probant du témoignage de la sœur de la requérante et estimé que celui-ci, au demeurant non daté, était " rédigé en des termes peu tangibles ". D'autre part, la convocation du commissaire général de police de l'état d'Anzoátegui, également versée à la présente instance, antérieure à la décision de la Cour, laquelle ne contient en tout état de cause, pas assez de précisions permettant de la relier aux faits évoqués par la requérante comme à l'origine de ses craintes, n'apparait pas davantage de nature à permettre de tenir pour établies la réalité et l'actualité des risques encourus alors que la Cour a relevé l'imprécision de ses déclarations et l'absence d'explications substantielles. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Dans ces conditions, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de celle portant interdiction de retour sur le territoire français, doit être écarté.

12. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

13. Il ressort des termes mêmes des dispositions précitées des articles L. 612-8 et

L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour et si la décision ne porte pas au droit de l'étranger au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise.

14. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5 du présent jugement, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an n'est pas entachée d'une inexacte appréciation. Elle n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporterait sur la situation personnelle et familiale de la requérante.

15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 26 mars 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

16. Le rejet des conclusions aux fins d'annulation de la requête de Mme D A n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête doivent également être rejetées

Sur les frais liés au litige :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance la somme dont Mme D A demande le versement à son conseil, sur le fondement de ces dispositions et de celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B G D A et au préfet des Pyrénées-Atlantiques.

Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.

La présidente,

V. QUEMENERLa greffière,

M. CALOONE

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition :

La greffière,

No 2401087

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