lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2401128 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 avril 2024, Mme B A C demande au tribunal d'annuler la décision 48 SI du 13 juillet 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a retiré six points du capital de son permis de conduire à la suite de l'infraction commise le 25 septembre 2019 à Orthez et a, en conséquence, invalidé son permis de conduire pour solde de points nul.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () ; 7º Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ". Et aux termes de l'article R. 411-1 de ce code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".
2. En application des articles 529 et suivants du code de procédure pénale, il appartient au contrevenant qui conteste avoir commis une infraction de formuler une requête en exonération auprès du service indiqué dans l'avis de contravention. Il résulte de ces dispositions que l'appréciation de l'imputabilité à un conducteur d'une infraction relève de l'office du juge judiciaire dans le cadre d'une procédure pénale et que le contrevenant ne peut utilement soulever devant le juge administratif un moyen tiré de ce qu'il n'est pas l'auteur de l'infraction contestée.
3. Mme A C demande au tribunal d'annuler la décision 48 SI du 13 juillet 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a retiré six points du capital de son permis de conduire à la suite de l'infraction commise le 25 septembre 2019 à Orthez et a, en conséquence, invalidé son permis de conduire pour solde de points nul. A l'appui de sa requête, la requérante soutient, d'une part, n'avoir jamais reçu de " lettre d'information " lui indiquant le solde de points restant affecté à son permis de conduire à la suite des infractions commises, d'autre part, que son permis de conduire ne peut faire l'objet de retraits de points dès lors qu'il est étranger. Toutefois, ces moyens sont inopérants ou non assortis de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Si elle soutient enfin ne jamais avoir fait l'objet d'un procès-verbal pour l'infraction qu'elle aurait commise le 25 septembre 2019, et pourrait être regardée comme contestant ainsi la matérialité des faits, cette circonstance ne constitue pas un moyen susceptible d'être utilement soulevé devant le juge administratif à l'encontre d'une décision de retrait de points prise par le ministre de l'intérieur. Par ailleurs, la requérante n'a pas présenté, dans le délai de recours contentieux de deux mois, qui a commencé à courir au plus tard le 26 avril 2024, date d'enregistrement de sa requête au greffe du tribunal, de mémoire complémentaire exposant d'autres moyens ou assortissant les moyens invoqués des éléments permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, la requête de Mme A C, qui est irrecevable, doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A C.
Fait à Pau, le 22 juillet 2024.
La présidente du tribunal,
V. QUEMENER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
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