mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2401211 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | AHMADI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 mai 2024 et des pièces complémentaires enregistrées le 16 juillet 2024, M. B C, actuellement détenu au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan, représenté par Me Ahmadi, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) l'annulation de l'arrêté du 30 avril 2024 par lequel la préfète des Landes l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une dure de trois ans.
Il soutient que l'arrêté contesté est illégal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2024, la préfète des Landes conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, et à titre subsidiaire, à son rejet au fond.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle a été introduite tardivement ;
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Crassus pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 juillet 2024 :
- le rapport de Mme Crassus, magistrate déléguée,
- les observations de Me Ahmadi, avocat désigné d'office, représentant M. C, présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête et soutient que :
o le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. C ;
o le préfet a commis une erreur dans l'appréciation de la menace à l'ordre public que représente M. C ;
o il y a lieu de prendre en compte le fait qu'il remplisse les conditions posées à l'article L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
o la durée d'interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée.
- les observations de M. C, assisté de Mme A, interprète en langue arabe, qui indique qu'il a joué au football et a travaillé à son arrivée en France ;
- la préfète des Landes n'étant ni présente ni représentée à l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 10 heures 45 minutes.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, de nationalité marocaine né le 4 février 1986, est entré irrégulièrement en France en 2018 selon ses déclarations. Le 12 janvier 2024 le tribunal correctionnel de Bordeaux l'a condamné à une peine d'emprisonnement de 9 mois, pour des faits de détention, de vente et de transports de stupéfiants. Depuis le 15 février 2024, M. C est incarcéré au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan. Par un arrêté du 30 avril 2024, la préfète des Landes l'a obligé à quitter le territoire français sans lui accorder de délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les décisions d'obligation de quitter le territoire français, de refus d'accorder un délai de départ volontaire, et fixant le pays de renvoi :
1. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il indique que M. C a fait l'objet d'une première mesure d'éloignement en 2023, qu'il s'est maintenu de manière irrégulière sur le territoire, et qu'il a été condamné à une peine d'emprisonnement de 9 mois. Il précise qu'il n'a ni d'enfant ni de parent sur le territoire français. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet se serait abstenu de procéder à l'examen particulier de la situation du requérant. Par suite, ce moyen doit être écarté.
2. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C a été condamné par un jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux le 12 janvier 2024 à une peine d'emprisonnement de neuf mois pour des faits de détention, vente et transports de stupéfiants. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, eu égard au caractère grave et récent des faits ayant donné lieu à cette condamnation, la préfète des Landes a pu légalement estimer, sans commettre d'erreur d'appréciation ni d'erreur de fait, que la présence de M. C, actuellement incarcéré, constitue une menace pour l'ordre public.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
3. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
4. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
5. Il ressort du procès-verbal dressé le 16 avril 2024 par l'officier de police judiciaire ayant procédé à l'audition de M. C, que l'intéressé a déclaré être entré sur le territoire français 2018, être célibataire, sans charge de famille et sans attache sur le territoire français. Eu égard à ces circonstances, alors que M. C ne justifie d'une durée de présence en France que depuis le mois de septembre 2023, dès lors qu'il est dépourvu d'attaches privées ou familiales en France, qu'en outre, sa présence sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public, la préfète des Landes, en fixant à trois ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français infligée au requérant n'a pas entaché cette décision d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En dernier lieu, le requérant qui ne conteste pas de décision de refus d'admission au séjour, ne peut utilement soutenir qu'il remplit les conditions de l'autorisation exceptionnelle au séjour au sens de l'article 435-4 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense par la préfète des Landes, les conclusions présentées par M. C aux fins d'annulation de l'arrêté du 30 avril 2023 doivent être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète des Landes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La magistrate désignée,
L. CRASSUSLa greffière,
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026