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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2401269

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2401269

mercredi 5 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2401269
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 20 et 30 mai 2024, M. A D, représenté par Me Dumaz-Zamora demande au juge des référés :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté modificatif du 16 mai 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a assigné à résidence dans le département des Pyrénées-Atlantiques, dans les limites de la commune de Pau, et l'a obligé à se présenter tous les jours à 10 heures au commissariat de police de Pau et à demeurer dans les locaux où il réside tous les jours de 21 heures à 7 heures, ainsi que de l'arrêté du 10 mai 2024 par lequel il a été assigné à résidence dans le département des Pyrénées-Atlantiques et l'a obligé à se présenter les lundis, mercredis et vendredis à 10 heures au commissariat de police de Pau ;

3°) subsidiairement, de suspendre l'exécution des articles 2, 3 et 4 de l'arrêté modificatif du 16 mai 2024 ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne la condition d'urgence :

- elle est caractérisée dès lors que la situation préjudicie à ses intérêts et à sa situation personnelle ;

- les décisions portent une atteinte considérable et disproportionnée à sa liberté d'aller et venir dès lors qu'elles lui imposent de rester à son domicile sur une plage horaire de dix heures consécutives ;

- il est difficile pour lui de se déplacer en raison de son état de santé ;

- l'assignation à résidence n'a pas de limite temporelle.

En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité :

- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;

- compte tenu de cette insuffisance il n'est pas possible de s'assurer qu'il a été procédé à un examen réel et sérieux de sa situation dès lors qu'elles ne font, notamment, aucune mention de son placement en rétention administrative et qu'elles ne visent pas la décision fixant le pays de renvoi ;

- elles sont intervenues au terme d'une procédure irrégulière qui a méconnu son droit d'être entendu ;

- elles sont dépourvues de base légale en conséquence de l'illégalité entachant l'arrêté d'expulsion ;

- les arrêtés sont entachés d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les arrêtés sont entachés de détournement de pouvoir ;

- les arrêtés méconnaissent les dispositions de l'article R. 732-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles emportent des conséquences manifestement disproportionnées sur sa situation personnelle et sur sa liberté d'aller et venir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

En ce qui concerne la condition d'urgence :

- elle ne peut être regardée comme satisfaite ;

- il ne justifie pas de circonstances particulières dès lors qu'il est célibataire, sans enfant, ne travaille pas et présente de graves problèmes de santé qui laissent supposer qu'il est contraint de demeurer à son domicile ;

- la préservation de la sûreté de l'Etat et de la sécurité publique fondent la nécessité des arrêtés pris à son encontre en raison de son profil radicalisé.

En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité :

- la motivation des décisions satisfait aux exigences des dispositions de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que sont mentionnés les motifs de droits ainsi que les circonstances de fait ; ces considérations sont suffisamment développées de sorte qu'il justifie avoir procédé à un examen réel et sérieux de sa situation ;

- les dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ne sauraient être utilement invoquées ; il a été amené de faire valoir ses observations au cours de la commission d'expulsion des étrangers et lors de son entretien devant la cour nationale du droit d'asile ;

- la requête tendant à la suspension de la décision du 16 avril 2024 pourtant expulsion du territoire français a été rejetée au motif que le requérant présente un comportement qui constitue une menace grave pour l'ordre public ;

- il fait l'objet d'un arrêté portant expulsion du territoire ; en raison du contexte international il n'y a aucun vol à destination de la Russie ; il n'établit pas être légalement admissible en Russie dès lors qu'il ne possède pas de document d'identité et de voyage en cours de validité ;

- la durée d'assignation n'excède pas la durée légale de 10 heures par période de 24 heures dès lors qu'il est assigné à résidence tous les jours de 21 heures à 7 heures et qu'à titre exceptionnel il a été assigné à résidence le 20 mai 2024 de 12 heures à 21 heures ;

- les décisions ne méconnaissent pas les dispositions de l'article R. 732-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'est pas obligé d'assortir les décisions d'assignation à résidence d'une autorisation de travail ;

- les décisions n'emportent pas de conséquences manifestement disproportionnées sur sa situation personnelle dès lors qu'il est célibataire, sans enfant, ne travaille pas et souffre de problèmes de santé qui le contraignent à demeurer à son domicile ; son contrat de travail est arrivé à terme ; les décisions d'assignation à résidence ne sont pas sans limite temporelle dès lors qu'elles cesseront lorsqu'il pourra être éloigné à destination de son pays d'origine ; la menace terroriste est toujours d'actualité sur le territoire ; son profil radicalisé a été confirmé en 2019 ; les mesures sont justifiées et proportionnées aux buts poursuivis.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- les requêtes enregistrées le 11 mai 2024 sous le n° 2401214 et le 17 mai 2024 sous le n° 2401267 par lesquelles M. D demande l'annulation des arrêtés en litige.

Vu :

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue le 29 mai 2024 à 14 heures, en présence de Mme Caloone greffière d'audience :

- le rapport de Mme Quéméner

- et les observations de Me Dumaz-Zamora, représentant M. D, présente, qui confirme les écritures en faisant valoir qu'il a attaqué les deux arrêtés car le premier n'a pas été abrogé ; que l'arrêté modificatif durcit considérablement les conditions de l'assignation, ce qui a motivé son action en référé ; que les obligations de pointage qui lui sont imposées sont incompatibles avec son état de santé, car il se déplace uniquement en fauteuil roulant et ne dispose d'aucune autonomie ; qu'il est dépourvu de véhicule personnel ; qu'il confirme par ailleurs, qu'aucune diligence n'a été effectuée pour assurer son éloignement vers un autre pays, de sorte qu'il n'y a pas de renvoi possible et donc pas de terme connu à la mesure d'assignation à résidence ; qu'enfin il risque un placement en rétention en cas de manquement à une seule obligation de pointage ; que l'arrêté du 16 mai ne fait pas mention de son état de santé ni des raisons pour lesquelles les obligations du premier arrêté ne sont plus suffisants ; qu'il convient également d'insister sur la méconnaissance du droit d'être entendu car il n' a pas été mis en mesure de s'exprimer sur les conditions de l'assignation à résidence ; que le préfet a commis une erreur de droit et un détournement en se plaçant sur le terrain de l'article L.731-3, alors que sa situation relève de l'article L.731-1 du même code; que contrairement à ce que soutient le préfet, son contrat de travail est en cours d'exécution, il est seulement suspendu par l'arrêt de travail pour raison de santé, mais il n'est pas rompu et il perçoit d'ailleurs des indemnités journalières en raison de l'arrêt maladie ; que sur la menace à l'ordre public il n'y a pas de justification du durcissement de l'assignation, et qu'il maintient ses écritures pour le surplus.

Le préfet des Pyrénées-Atlantiques n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 14 heures 40.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant russe né le 16 mars 2001 à Kogalym (Fédération de Russie) est entré en France en 2014. Par une décision du 25 juin 2015, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) lui a accordé le statut de réfugié. Il s'est vu délivrer en conséquence, le 18 juin 2018, une carte de résident de dix ans. Ce statut lui a toutefois été retiré par une décision de l'OFPRA du 16 octobre 2021. Après l'avis favorable de la commission d'expulsion réunie le 8 décembre 2023, le ministre de l'intérieur a décidé, par un arrêté du 16 février 2024, de l'expulser du territoire français et de prononcer le retrait de sa carte de résident. En vue d'exécuter cette mesure d'expulsion, le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a, par une décision du 10 mai 2024, assigné à résidence dans ce département et l'a obligé à se présenter les lundis, mercredis et vendredis à 10 heures au commissariat de police de Pau. Par un arrêté modificatif du 16 mai 2024 le préfet des Pyrénées-Atlantiques a durci les obligations de la mesure initiale, en décidant de l'assigner à résidence dans les limites de la commune de Pau, et en l'obligeant, d'une part, à demeurer tous les jours de 21 heures à 7 heures au sis 41 avenue du Loup, d'autre part, à se présenter tous les jours à 10 heures au commissariat de police de Pau. Il a en outre été contraint par cette mesure, à titre exceptionnel, à demeurer le lundi 20 mai 2024 au sis 41 avenue du Loup de 12 heures à 21 heures. Par la présente requête, M. D demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administratif, de suspendre l'exécution des arrêtés des 10 et 16 mai 2024, dont il a sollicité l'annulation par deux requêtes distinctes respectivement enregistrées les 11 et 16 mai 2024 sous les n° 2401214 et n° 2401267.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus, relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, d'admettre M. D, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur l'étendue du litige :

3. Par son arrêté du 10 mai 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a assigné M. D à résidence dans le département des Pyrénées-Atlantiques, à l'adresse à laquelle il réside à Pau et l'a obligé à se présenter les lundis, mercredis et vendredis à 10 heures au commissariat de police de cette commune. Par un arrêté du 16 mai 2024 le préfet a modifié son premier arrêté en obligeant le requérant à ne pas quitter sans autorisation le territoire de la commune de Pau, à demeurer au lieu de son assignation de 21 heures à 7 heures et à se présenter désormais tous les jours à 10 heures au commissariat de police de Pau. Il s'ensuit que les conclusions aux fins de suspension présentées par M. D doivent être regardées comme dirigées contre l'arrêté du 10 mai 2024, dans sa rédaction modifiée par l'arrêté du 16 mai suivant.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

En ce qui concerne la condition d'urgence :

5. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

6. M. D soutient qu'une présentation quotidienne, dimanche et jours fériés inclus, au commissariat de police de Pau, telle qu'imposée par la décision en litige préjudicie à sa situation. Il ressort des documents médicaux produits par le requérant, et n'est au demeurant pas contesté en défense, qu'il souffre de polytraumatisme, présente des difficultés pour se déplacer avec des cannes anglaises et est obligé de se déplacer en fauteuil roulant pour se rendre à ses convocations. Par ailleurs, l'intéressé qui ne dispose pas d'un véhicule personnel est contraint d'utiliser les transports en communs et d'être accompagné par un tiers. Il résulte enfin de l'instruction, qu'ainsi que le fait valoir le requérant, la méconnaissance par ce dernier de cette obligation de pointage serait susceptible d'entrainer son placement immédiat en rétention administrative. Si le préfet des Pyrénées-Atlantiques se prévaut en défense de l'intérêt général qui s'attache à l'exécution de la mesure d'assignation en litige, il n'apporte toutefois aucun élément, au-delà du principe même de cette mesure, permettant de justifier de l'urgence à maintenir l'obligation de pointage quotidienne, en l'absence notamment d'évènement particulier survenu entre l'édiction des deux arrêtés en litige. Dans ces conditions, la mesure d'assignation modifiée, en tant qu'elle oblige M. D à pointer tous les jours, y compris le dimanche et les jours fériés, à 10 h 00 au commissariat de police de Pau doit être regardée comme créant une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative.

En ce qui concerne la condition tenant au moyen de nature à faire naitre un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée :

7. Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ". D'une part, les obligations de se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, susceptibles d'être imparties par l'autorité administrative en vertu de l'article L. 733-1 précité, doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent. Les modalités d'application de l'obligation de présentation sont soumises au contrôle du juge de l'excès de pouvoir, qui, saisi d'un moyen en ce sens, vérifie notamment qu'elles ne sont pas entachées d'erreur d'appréciation et qu'elles ne portent pas une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir, ni au droit au respect de la vie privée et familiale. D'autre part, si une décision d'assignation à résidence doit comporter les modalités de contrôle permettant de s'assurer du respect de cette obligation et notamment préciser le service auquel l'étranger doit se présenter et la fréquence de ces présentations, ces modalités de contrôle sont divisibles de la mesure d'assignation elle-même.

8. Pour les motifs exposés au point 5, et en l'absence de production par le préfet des Pyrénées-Atlantiques d'éléments postérieurs à l'édiction de l'arrêté initial du 10 mai 2024, justifiant le durcissement des obligations de pointage, le moyen tiré de ce que la mesure d'assignation à résidence modifiée par l'arrêté du 16 mai 2024 est entachée d'une erreur d'appréciation en ce qu'elle impose à M. D de se présenter quotidiennement, y compris le dimanche et les jours fériés ou chômés, à 10 h 00 au commissariat de police de Pau, est seul de nature à faire naitre, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

9. En revanche aucun des autres moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la mesure d'assignation modifiée en litige.

10. Il résulte de ce qui précède que les deux conditions de l'article L.521-1 du code de justice administrative sont réunies. Il s'ensuit qu'en l'espèce, l'exécution de l'arrêté du 10 mai 2023 du préfet des Pyrénées-Atlantiques, dans sa rédaction modifiée par l'arrêté du 16 mai suivant assignant à résidence M. D doit être suspendue dans la seule mesure où il lui impose de se présenter quotidiennement, y compris le dimanche et les jours fériés ou chômés, à 10 h 00 au commissariat de police de Pau. Le surplus des conclusions aux fins de suspension sera rejeté.

Sur les frais liés au litige :

11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M.Sadoulayev sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. D est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2: L'exécution de l'arrêté du 10 mai 2024, dans sa rédaction modifiée par l'arrêté du 16 mai 2024 est suspendue en tant qu'il oblige M. D à se présenter quotidiennement, dimanches et jours fériés inclus, au commissariat de police de Pau.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet des Pyrénées-Atlantiques.

Fait à Pau le 5 juin 2024

La juge des référés,

V. QUEMENERLa greffière,

M. CALOONE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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