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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2401286

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2401286

mercredi 24 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2401286
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE 3
Avocat requérantBEDOURET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 mai 2024, Mme I, représentée par Me Bédouret, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 avril 2024 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées d'examiner la demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade qu'elle déposera, sous astreinte de 120 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- cette lacune révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendue ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne l'interdiction de retour :

- elle est entachée d'un défaut de motivation s'agissant de sa durée ;

- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 juin 2024, le préfet des Hautes-Pyrénées conclut au non-lieu à statuer et au rejet de la demande présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que postérieurement à la notification de l'arrêté attaqué, la requérante a déposé une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade, qui est actuellement en cours d'examen.

Mme I a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Quéméner a été entendu au cours de l'audience publique tenue le 3 juillet 2024 à 9 heures en présence de Mme Caloone, greffière d'audience.

Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme I, ressortissante camerounaise née le 11 avril 1990 à Yaounde (Cameroun), est entrée en France de manière irrégulière, le 30 septembre 2022 selon ses déclarations. Elle a déposé une demande d'asile rejetée par l'office français de protection des réfugiés et des apatrides par une décision du 30 juin 2023, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile par une décision du 13 février 2024. Par un arrêté du 22 avril 2024, le préfet des Hautes-Pyrénées l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par la présente requête, Mme I demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

2. Le préfet des Hautes-Pyrénées soutient que la requête de Mme I est dépourvue d'objet dès lors qu'elle a déposé, postérieurement à la notification de l'arrêté attaqué, une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade, et que son dossier est en cours d'examen. Toutefois, à la date du présent jugement, l'arrêté attaqué n'a pas été retiré par le préfet des Hautes-Pyrénées et il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante se soit vu remettre un récépissé l'autorisant à se maintenir sur le territoire français. Par suite, il y a lieu de statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre l'arrêté du 22 avril 2024.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :

3. En premier lieu, la décision attaquée vise, notamment, les dispositions de l'article L. 542-1 à L. 542-5 et celles des 1° et 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui la fondent, ainsi que les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant. Elle mentionne les décisions prises par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile sur la demande d'asile de Mme I. Elle rappelle également les conditions d'entrée et de séjour de l'intéressée, ainsi que les éléments tenant à sa situation personnelle et familiale au regard d'un éventuel droit au séjour sur le territoire. Il s'ensuit que cette décision qui n'avait pas à mentionner de manière exhaustive la situation personnelle de l'intéressée, comporte un énoncé suffisant des considérations de droit et de fait qui la fondent et que le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté. Par ailleurs, il ne ressort ni de cette motivation, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet des Hautes-Pyrénées n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de la requérante de sorte que ce moyen sera également écarté.

4. En deuxième lieu, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général de droit de l'Union, et se définit comme celui de toute personne de faire connaitre, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Ce droit ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter son point de vue sur la décision en cause.

5. Dans le cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision faisant obligation de quitter le territoire français fait suite au constat de ce que l'étranger ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-1 du même code. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a été entendu dans le cadre du dépôt de sa demande d'asile à l'occasion de laquelle l'étranger est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit reconnue la qualité de réfugié et à produire tous les éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir toute observation complémentaire, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. En l'espèce, Mme I n'établit pas, ni même n'allègue, qu'elle aurait été empêchée de porter à la connaissance des services préfectoraux des informations utiles avant l'édiction de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de ce que celui-ci aurait été édicté en méconnaissance de son droit d'être entendue doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an () ". L'article L. 425-10 du même code dispose : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".

7. Lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français.

8. Mme I soutient qu'elle remplit les conditions pour obtenir la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions citées au point 5. Elle produit à cet égard des certificats médicaux établis le 23 janvier 2023 par le docteur H, le 5 avril 2023 par le docteur B, et le 5 janvier 2024 par le docteur E, selon lesquels elle souffre d'un trouble psychiatrique sévère ayant pour origine des évènements psycho-traumatiques qui auraient eu lieu dans son pays d'origine, nécessitant un suivi spécialisé avec un traitement médicamenteux dont elle ne pourrait pas bénéficier dans son pays d'origine. La requérante produit également un certificat, non daté, établi par le docteur H, indiquant qu'un retour dans son pays d'origine " aggraverait considérablement les symptômes psychologiques de la patiente et pourrait entraîner un risque suicidaire significatif ". En outre, l'intéressée produit un certificat médical établi le 16 février 2024 par le docteur C, selon lequel son fils mineur A, né le 23 octobre 2019, présente un retard de langage avec troubles du comportement et des émotions, " probablement en lien avec un syndrome de stress post-traumatique secondaire à son histoire et à celle de sa mère ", nécessitant des soins adaptés dans un " contexte sécure " et qu'un retour dans son pays d'origine serait " catastrophique d'un point de vue médical ". Toutefois, les pièces médicales produites par la requérante ne permettent ni de démontrer que le défaut de prise en charge de son état de santé et celui de son enfant mineur serait de nature à entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni qu'ils ne pourraient bénéficier d'un traitement approprié dans leur pays d'origine, alors que ni les certificats médicaux, ni aucune autre pièce du dossier ne précise les traitements qui leur sont nécessaires. Par ailleurs, le risque allégué d'aggravation des symptômes en cas de retour dans leur pays d'origine ne ressort pas davantage des pièces du dossier. Dans ces conditions, il ne peut être tenu pour établi, en l'état de l'instruction, que Mme I remplirait les conditions pour obtenir la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

9. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

10. Il ressort des pièces du dossier que Mme I, qui est entrée récemment en France, le 30 septembre 2022, n'a été autorisée à résider sur le territoire que dans le cadre de l'instruction de sa demande d'asile et n'a pas vocation à s'y maintenir. Par ailleurs, l'intéressée, qui s'est déclarée célibataire, ne justifie pas sur le territoire de liens caractérisés par leur intensité, leur stabilité et leur ancienneté, en dehors de la cellule familiale qu'elle forme avec ses deux enfants mineurs nés en 2019 et 2023, de même nationalité et qui ont vocation à la suivre. Elle n'établit pas davantage être dépourvue d'attaches en République Démocratique du Congo où elle a vécu jusqu'à l'âge de 32 ans. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'illégalité. Dans ces conditions, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de celle fixant le pays de renvoi doit être écarté.

12. En second lieu, en visant l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et en mentionnant, d'une part, la nationalité de Mme I, d'autre part les décisions prises sur sa demande d'asile, et en relevant qu'elle n'établissait pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, le préfet des Hautes-Pyrénées a suffisamment motivé en droit et en fait la décision fixant le pays de renvoi.

En ce qui concerne l'interdiction de retour :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'illégalité. Dans ces conditions, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de celle portant interdiction de retour sur le territoire doit être écarté.

14. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du même code : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français./ Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L.612-8 (). ". Enfin, aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " () les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".

15. D'une part, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français vise notamment les dispositions précitées des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne que Mme I est entrée sur le territoire en 2022, qu'elle ne justifie pas de liens personnels et familiaux intenses, suffisamment anciens et stables en France, et ne démontre pas être dépourvue de liens personnels et familiaux dans son pays d'origine, ni ne justifie de circonstance humanitaire particulière. Ne retenant pas l'existence d'une menace à l'ordre public et la requérante n'ayant pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, le préfet n'était pas tenu de mentionner ces critères. Ainsi, contrairement à ce qui est soutenu, cette décision est suffisamment motivée en droit et en fait. Dès lors, le préfet a suffisamment motivé l'interdiction de retour en litige, dans son principe et dans sa durée. Le moyen doit être écarté.

16. D'autre part, eu égard à la situation personnelle et familiale de Mme I, et compte tenu notamment, du caractère très récent de son arrivée sur le territoire et de la possibilité de continuer sa vie privée et familiale dans son pays d'origine dans lequel elle a toujours vécu, et quand bien même elle ne constitue pas une menace pour l'ordre public et n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, en prenant la décision en litige, le préfet des Hautes-Pyrénées n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en interdisant son retour sur le territoire pour une durée d'un an. Par suite, les moyens tirés de l'erreur d'appréciation au regard de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des conséquences sur sa situation personnelle doivent être écartés.

17. Il résulte de tout ce qui précède que Mme I n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 22 avril 2024 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, de sorte que les conclusions présentées à cette fin doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

18. La présente décision, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme I, n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance la somme dont Mme I demande le versement à son conseil, sur le fondement de ces dispositions et de celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme I est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme D I et au préfet des Hautes-Pyrénées.

Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.

La présidente,

V. QUEMENERLa greffière,

M. CALOONE

La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

No 2401286

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