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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2401332

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2401332

lundi 24 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2401332
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 mai 2024, M. B C, représenté par Me Kirimov, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre à la préfète des Landes de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler dans le délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'en matière de renouvellement d'un titre de séjour, l'urgence est présumée et qu'il a besoin de ce récépissé pour travailler et percevoir les aides sociales dont il bénéficie ;

- il a sollicité le renouvellement de son titre il y a plus de deux mois en vain, l'attestation de dépôt de sa demande ne lui permet ni de travailler ni de percevoir les aides sociales alors qu'il doit verser une pension alimentaire à son ex-compagne ;

- la mesure demandée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative dès lors qu'il a déposé sa demande le 21 mars 2024 et que l'autorité préfectorale a jusqu'au 21 juillet 2024 pour instruire sa demande.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2024, la préfète des Landes conclut au non-lieu à statuer en raison de la délivrance au requérant d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, valable du 29 mai 2024 au 28 août 2024.

Par une ordonnance du 10 juin 2024, la clôture de l'instruction a été reportée au 11 juin à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant marocain né le 14 mai 1993 à Meknes au Maroc, est père d'un enfant de nationalité française, né le 26 juillet 2021 à La Teste de Buch. Entré irrégulièrement sur le territoire français le 26 août 2017 selon ses déclarations, il a obtenu une carte de séjour mention " vie privée et familiale " valable du 24 mai 2023 au 23 mai 2024. Il a alors sollicité son renouvellement le 21 mars 2024. Par la présente requête, M. B C demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de son titre de séjour, l'autorisant à travailler.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Le juge des référés, saisi en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative pour prendre en cas d'urgence toute mesure utile, peut se prononcer sans tenir d'audience publique.

3. Aux termes de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. () ".

4. Il résulte de l'instruction, et il n'est pas contesté, que M. C s'est vu remettre, après l'introduction de sa requête, une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour le 29 mai 2024, valable jusqu'au 28 août 2024. En application des dispositions précitées de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce document lui permet, durant cette période, de justifier de la régularité de son séjour, d'exercer une activité professionnelle et de franchir les frontières de l'espace Schengen lorsqu'il est accompagné du titre de séjour périmé. Par suite, M. C ne justifie pas de la condition d'urgence posée par l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris sa demande relative à l'aide juridictionnelle provisoire et ses conclusions relatives aux frais d'instance.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie pour information en sera adressée à la préfète des Landes.

Fait à Pau, le 24 juin 2024

La juge des référés,

M. A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition,

La greffière,

N°2401332

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