lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2401367 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mai 2024, M. B A conteste la décision du 15 février 2024 par laquelle la directrice territoriale Gers et Hautes-Pyrénées de Pôle emploi l'a radié de la liste des demandeurs d'emploi et doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'enjoindre à Pôle emploi de le réinscrire sur cette liste ;
2°) d'enjoindre à cette même autorité de publier la décision du tribunal dans les journaux " La Dépêche du Midi " et " Sud-Ouest " ;
3°) que la somme de 1 000 euros lui soit versée à titre de " dédommagement ".
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () ; 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ; 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ; (). ".
2. Aux termes de l'article R. 772-6 du même code, en matière de contentieux sociaux : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".
3. Aux termes de l'article R. 611-8-6 de ce code : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. () ".
4. M. A conteste la décision du 15 février 2024 par laquelle la directrice territoriale Gers et Hautes-Pyrénées de Pôle emploi l'a radié de la liste des demandeurs d'emploi, au motif qu'il ne s'est pas rendu à l'entretien obligatoire du 15 janvier 2024, et doit être regardé comme demandant au tribunal d'enjoindre à Pôle emploi de le réinscrire sur cette liste. A l'appui de sa requête, il se borne à faire valoir qu'il a sollicité la possibilité d'effectuer l'entretien du 15 janvier 2024 par téléphone, afin de ne pas avoir à se déplacer, en ajoutant toutefois que sa radiation de la liste des demandeurs d'emploi ne présenterait aucun lien avec cette circonstance. Ce faisant, il n'assortit pas son argumentation des précisions et éléments permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par un courrier du 4 juin 2024, mis à sa disposition le même jour dans l'application " Télérecours citoyens " et dont il est réputé avoir pris connaissance au plus tard deux jours ouvrés après sa mise à disposition dans cette application, en vertu des dispositions précitées de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative, le requérant a été invité à régulariser sa requête à l'aide d'un formulaire prérempli dans un délai de quinze jours. Ce formulaire informait notamment le requérant de la nécessité, sous peine d'irrecevabilité, de soumettre au juge des arguments et des justificatifs destinés à établir l'illégalité de la décision contestée. Toutefois, en dépit de cette demande, l'intéressé n'a, à la date de la présente ordonnance, ni renvoyé ce formulaire, ni produit de mémoire ou de pièces complémentaires permettant de compléter la motivation de sa requête. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A dirigées contre la décision du 15 février 2024, qui n'ont pas été régularisées, sont irrecevables.
5. M. A demande en outre au tribunal d'enjoindre à Pôle emploi de publier la décision du tribunal dans les journaux " La Dépêche du Midi " et " Sud-Ouest ". Toutefois, il n'appartient pas au tribunal de faire œuvre d'administrateur ou d'adresser à l'administration des injonctions en dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 et suivant du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce tout ce qui précède que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée, y compris ses conclusions tendant au versement de la somme de 1 000 euros à titre de dédommagement, comme irrecevable, en application des dispositions du 4° et du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Pau, le 22 juillet 2024.
La présidente du tribunal,
V. QUEMENER
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
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