mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2401437 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DAVID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 juin 2024, M. A C, représenté par Me David, demande à la juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'ordonner son extraction afin de garantir sa présence à l'audience ;
3°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 24 mai 2024 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice, a prolongé son placement à l'isolement pour la période allant du 25 mai 2024 jusqu'au 21 août 2024 ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 600 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de refus d'admission à titre provisoire à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la même somme à lui verser en application des seules dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- son extraction doit être autorisée par la juridiction afin qu'il puisse assister à l'audience et présenter ses observations.
En ce qui concerne l'urgence :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que le Conseil d'Etat reconnaît une présomption d'urgence à suspendre une décision prolongeant le placement à l'isolement d'une personne détenue ; aucune circonstance particulière ne peut être utilement invoquée par l'administration pénitentiaire pour renverser cette présomption d'urgence dès lors qu'il est placé à l'isolement depuis plus de six ans mettant en danger sa santé psychologique ;
- le juge des référés ne saurait rejeter la requête en raison du défaut d'urgence sans méconnaître les obligations procédurales prévues par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne se fonde que sur des faits largement antérieurs à son édiction ;
- elle ne comporte pas la motivation spéciale exigée par l'article R. 213-25 du code pénitentiaire alors qu'il est placé à l'isolement depuis plus de deux ans ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'y a aucune preuve que ses observations ont été recueillies car elles ne sont ni visées ni prises en compte dans la décision litigieuse, en méconnaissance des exigences des droits de la défense, rappelés par les dispositions des articles L. 211-2 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration et par celles de l'article R. 213-21 du code pénitentiaire ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que l'avis du médecin, prévu par les dispositions de l'article R. 213-30 du code pénitentiaire, est stéréotypé et ne fait pas état de son état psychologique fragile alors que l'administration le reconnaît elle-même ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article R. 213-25 du code pénitentiaire et de la circulaire du 14 avril 2011 dès lors qu'il ne peut être recouru à l'isolement que si aucune autre mesure ne permet d'assurer la sécurité ; l'administration ne justifie pas que d'autres mesures moins contraignantes ne pouvaient être prises, d'autant qu'elle se base majoritairement sur des faits intervenus antérieurement à la dernière mainlevée de son isolement ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des atteintes portées à son état de santé ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard, d'une part, de l'absence de recherche d'équilibre entre les conséquences de cette décision sur sa situation et l'objectif poursuivi de maintien de l'ordre et de la sécurité, et, d'autre part, de l'absence de prise en compte de son état de vulnérabilité et de détresse ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à raison de la dégradation de son état de santé psychologique résultant des prolongations successives de son placement à l'isolement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie en raison de circonstances particulières liées au profil pénal, au parcours pénitentiaire et au comportement de M. C et à la nécessité de préserver l'ordre public au sein de l'établissement
- par arrêté du 29 mars 2024, régulièrement publié au Journal Officiel du 5 avril 2024, l'autorité signataire de l'acte attaqué a reçu délégation de signature à l'effet de signer les décisions de prolongation de mise à l'isolement sans qu'il soit nécessaire de l'afficher au sein de l'établissement ;
- la décision attaquée est suffisamment motivée dès lors qu'elle fait apparaître les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et qu'elle démontre en quoi elle était l'unique moyen d'assurer la sécurité des personnes et de l'établissement ;
- il n'a pas entaché sa décision de vice de procédure dès lors que d'une part, que M. C a signé le document relatif à la procédure d'isolement qui lui a été remis l'informant de ce qu'il était envisagé de prolonger son isolement, il a d'ailleurs mentionné vouloir être représenté par un avocat, consulter les pièces de la procédure et présenter des observations orales. D'autre part, le médecin de l'unité sanitaire a été saisi pour avis et a rendu un avis favorable à la décision de prolongation de mise à l'isolement du requérant ;
- les moyens tirés de l'erreur de droit, de l'erreur manifeste d'appréciation et la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales devront être écartés dès lors que la dangerosité avérée de M. C justifiait la décision attaquée et qu'il bénéficie même à l'isolement, de la possibilité de faire des activités, de recevoir des visites et qu'il bénéficie de soins à l'unité de consultations de soins ambulatoires.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée le 6 juin 2024 n°2401425 par laquelle le requérant a sollicité l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code pénitentiaire ;
- le code de procédure pénale ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique tenue le 19 juin 2024 à 14 heures en présence de Mme Caloone, greffière d'audience.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, écroué depuis le 24 novembre 2015, est actuellement détenu au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan et fait l'objet d'un placement à l'isolement depuis le 14 décembre 2015. Par une décision du 24 mai 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, a décidé de prolonger son placement à l'isolement jusqu'au 21 août 2024. Par la présente requête, M. C demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et d'admettre M. C, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la demande d'extraction :
4. Aux termes de l'article D. 215-27 du code pénitentiaire : " Le préfet apprécie si l'extraction des personnes détenues appelées à comparaître devant des juridictions ou des organismes d'ordre administratif est indispensable. Dans l'affirmative, il requiert l'extraction par les services de police ou de gendarmerie selon la distinction de l'article D. 215-26 ".
5. Il n'appartient pas au juge des référés d'ordonner l'extraction de M. C, au demeurant représenté par son avocat, dès lors que les dispositions précitées de l'article D. 215-27 du code pénitentiaire attribuent au seul préfet le soin de se prononcer sur les demandes d'extraction des personnes détenues. Par suite, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
6. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
7. Aucun des moyens invoqués par M. C, au soutien de sa requête et ci-dessus visés, n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative, que les conclusions tendant à la suspension de la décision du 24 mai 2024 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, au garde des sceaux, ministre de la justice et à Me David.
Fait à Pau, le 19 juin 2024.
La juge des référés,
M. B
La greffière,
M. CALOONE La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
La greffière,
N°2401437
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026