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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2401470

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2401470

mercredi 24 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2401470
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE 3
Avocat requérantSP AVOCATS

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I - Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 11 et 18 juin 2024 sous le n° 2401270, Mme C F D B, représentée par Me Pather, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 mai 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, conformément aux dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- cette lacune ne permet pas de s'assurer que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de sa situation et ne s'est pas senti lié par la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 et de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est fondée sur les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, lesquelles sont contraires au principe de sécurité juridique tel que garanti par le préambule de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des article L. 612-7 et -10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 juin 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir qu'en raison d'une erreur matérielle entachant les visas de l'arrêté attaqué il a été retiré par un arrêté du 14 juin 2024 pris en cours d'instance.

Mme D B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 juillet 2024.

II - Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 11 et 18 juin 2024 sous le n° 2401471, M. A D B, représenté par Me Pather demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 mai 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, conformément aux dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- cette lacune ne permet pas de s'assurer que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de sa situation et ne s'est pas senti lié par la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 et de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est fondée sur les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, lesquelles sont contraires au principe de sécurité juridique tel que garanti par le préambule de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des article L. 612-7 et -10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 juin 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir qu'en raison d'une erreur matérielle entachant ses visas, l'arrêté attaqué a été retiré par un arrêté du 14 juin 2024 pris en cours d'instance.

M. D B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 juillet 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 3 juillet 2024 à 9 heures en présence de Mme Caloone, greffière d'audience :

- le rapport de Mme E,

- et les observations de Me Pather, représentant les requérants qui demandent au tribunal de donner acte du non-lieu à statuer sur les conclusions des requêtes aux fins d'annulation et d'injonction, mais déclarent maintenir les demandes présentées au titre des frais de procès.

Le préfet des Pyrénées-Atlantiques n'étant ni présent, ni représenté, la clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C F D B, ressortissante sri-lankaise, née le 27 février 1989 à Kandy (Sri Lanka), est entrée en France le 25 avril 2023 selon ses déclarations, accompagnée de son époux, M. A D B, de même nationalité, né le 30 juillet 1981 à Galle (Sri Lanka) et de leurs deux enfants mineurs, I G D B et H D B, nés respectivement le 16 décembre 2011 et le 16 août 2019 au Sri Lanka, tous de même nationalité. Ils ont déposé des demandes d'asile rejetées par l'office français de protection des réfugiés et des apatrides par des décisions du 24 novembre 2023, confirmées par la Cour nationale du droit d'asile par des décisions du 29 avril 2024. Par des arrêtés du 14 mai 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi de ces mesures d'éloignement et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par les présentes requêtes, Mme et M. D B demandent au tribunal d'annuler ces arrêtés.

Sur la jonction :

2. Les requêtes susvisées, enregistrées sous les nos 2401470 et 2401471, présentées par les époux Mme et M. D B à l'encontre des mesures d'éloignement respectivement édictées à leur encontre présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

3. Par deux arrêtés du 14 juin 2024 pris en cours d'instance, le préfet des Pyrénées-Atlantiques, a retiré les arrêtés attaqués du 14 mai 2024, en raison d'une erreur matérielle entachant leurs visas. A l'audience, Mme et M. D B ont demandé au tribunal, de constater qu'en conséquence de ce retrait, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction ont perdu leur objet, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'y statuer. Par de telles conclusions, les requérants doivent être regardés comme se désistant de ces conclusions. Ce désistement, qui est pur et simple, prime sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense par le préfet des Pyrénées-Atlantiques. Il y a lieu en conséquence de donner acte à Mme et M. D B du désistement des conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de leurs requêtes.

Sur les frais liés au litige :

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées par Mme et M. D B sur le fondement des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins d'annulation et d'injonction des requêtes de Mme et M. D B.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de Mme et M. D B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C F D B, M. A D B, au préfet des Pyrénées-Atlantiques.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 24 juillet 2024.

La présidente,

V. QUEMENERLa greffière,

M. CALOONE

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

N°s 2401470, 2401471

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