vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2401476 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 juin 2024, M. D A C, représenté par Me Doré, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète des Landes sur sa demande tendant au renouvellement de son titre de séjour ;
3°) d'enjoindre à la préfète des Landes de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente du réexamen de sa demande, dans un délai du huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Doré, son conseil, d'une somme de 1 500 euros en application de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sous réserve de sa renonciation à percevoir la contribution de l'Etat.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dans la mesure où la décision en litige porte une atteinte grave à son droit au respect de sa vie privée et familiale, à sa liberté individuelle d'aller et venir, ainsi qu'à son droit de travailler ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige dans la mesure où :
- l'auteur de la décision est incompétent ;
- la préfète a méconnu les articles R. 311-4 et R. 421-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la préfète a méconnu les dispositions de l'article L. 423-1 du même code ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation personnelle.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La Présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, né le 11 juillet 1985 à Puerto Ayora (Equateur), de nationalité équatorienne, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite née du silence gardé par la préfète des Landes sur sa demande, déposée le 13 janvier 2024, tendant au renouvellement de son titre de séjour.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.". Par ailleurs, en vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
3. Le second alinéa de l'article R. 522-1 du code de justice administrative dispose que : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. "
4. Il résulte de la combinaison des dispositions de l'article L. 521-1 et du second alinéa de l'article R. 522-1 du code de justice administrative ci-dessus énoncées que la recevabilité des conclusions tendant à la suspension de l'exécution d'une décision, qui est prononcée à titre provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité, est conditionnée par l'existence d'une requête tendant à l'annulation de la même décision.
5. En l'espèce, si M. A C verse à la présente instance de référé une copie d'une requête tendant à l'annulation de la décision dont il demande la suspension provisoire d'exécution au juge des référés, il ne justifie pas avoir saisi le tribunal de cette requête d'excès de pouvoir. Dans la mesure où le juge des référés ne peut procéder à une régularisation d'office, il y a lieu de constater que la présente requête est entachée d'une irrecevabilité manifeste et ne peut être que rejetée par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, en ce compris la demande tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A C D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A C.
Fait à Pau, le 14 juin 2024.
La juge des référés,
V. B
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition :
La greffière,
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