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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2401504

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2401504

mardi 9 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2401504
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCPA COUDEVYLLE-LABAT-BERNAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 13 juin, 1er et 3 juillet 2024, Mme D I, M. E G, Mme L B, Mme A C et M. F C, représentés par Me J, demandent à la juge des référés :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire de la commune d'Estibeaux sur leur demande du 16 février 2024 tendant au retrait du permis de construire délivré le 2 novembre 2023 à la société K en vue de l'édification de deux hangars de stockage, ensemble le permis de construire ;

2°) de condamner in solidum la commune d'Estibeaux et la société K à leur verser la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable car elle a été déposée immédiatement après l'introduction de la requête au fond, que le pétitionnaire ne prouve pas que le panneau d'affichage du permis de construire comportait les mentions obligatoires au moment de son installation et étaient visibles depuis la voie publique, que le recours gracieux a bien été envoyé au pétitionnaire qui en a accusé réception et que les noms des requérants figuraient sur le bordereau d'envoi ;

- ils ont intérêt à agir car ils sont voisins immédiats du projet de construction qui jouxte leur propriété et vont s'en trouver impactés notamment par l'importance du projet et les nuisances engendrées, par ailleurs la jurisprudence considère qu'une requête collective visant un permis de construire est recevable si ne serait-ce qu'un seul des requérants a intérêt à agir ; la parcelle cadastrée G 852 qui sépare le projet litigieux du bien des requérants est en réalité un chemin d'accès à leur propriété pour laquelle ils bénéficient d'une servitude de passage dont ils ont la jouissance ;

- il existe une présomption d'urgence en matière de recours dirigé contre une décision de non-opposition contre un permis de construire qui ne peut être renversé que lorsqu'il y a un intérêt public et non pas lorsque seuls les intérêts du pétitionnaire sont en cause et en tout état de cause, la condition d'urgence est satisfaite dès lors que le projet présente un caractère difficilement réversible, qu'il va considérablement modifier l'environnement dans lequel il sera implanté en raison de ses caractéristiques et de son ampleur et le pétitionnaire ne saurait justifier de l'intérêt s'attachant à ce que ce projet soit réalisé sans délai ;

- le projet méconnaît l'article 1-1 du plan local d'urbanisme dès lors qu'il concerne une activité d'exploitation forestière et qu'il a vocation à être édifié sur des parcelles vouées à une activité d'exploitation agricole ; la définition d'une activité agricole au sens du droit de la protection sociale n'est pas la même qu'en matière d'urbanisme ;

- il méconnaît l'article 2-2 du même plan dès lors que sa hauteur excède sept mètres ;

- il méconnaît l'article 2-1 du plan local d'urbanisme dès qu'il ne respecte pas la distance de vingt-cinq mètres par rapport à la limite d'emprise publique ;

- il méconnaît l'article 3-1 du plan local d'urbanisme dès lors que le dossier n'apporte aucune précision quant à l'accès au projet qui devrait pourtant être spécialement aménagé au regard de son caractère atypique ; les documents du dossier ne permettent pas de s'assurer que l'accès au projet est adapté

- enfin il méconnaît l'article 3.2.3 du plan local d'urbanisme dès lors que la gestion des eaux pluviales ne se fera pas par infiltration et qu'il n'y a pas dans le dossier d'autorisation de la part du gestionnaire de l'exutoire, en outre la notice mentionne que les eaux pluviales seront canalisées par des réseaux enterrés.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 24 juin et 3 juillet 2024, la commune d'Estibeaux, représentée Me Bernal, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise solidairement à la charge des requérants la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est tardive dès lors que le recours gracieux a été adressé au maire par les requérants plus de trois mois après la transmission du permis de construire en préfecture et alors que la société pétitionnaire avait procédé à l'affichage de l'autorisation d'urbanisme le 29 novembre 2023 au plus tard ;

- elle est irrecevable car il n'est pas établi que la société pétitionnaire ait reçu une copie intégrale du recours gracieux en méconnaissance des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et quand bien le bordereau d'envoi mentionne les noms des requérants il ne mentionne pas leur prénom et le recours gracieux a été rédigé au nom " Co-propriétaires et voisins " ;

- les requérants ne présentent pas d'intérêt à agir dès lors qu'un seul d'entre eux possède une parcelle qui jouxte du terrain qui accueillera le projet litigieux mais sa maison d'habitation ne se situe pas à proximité du projet, qu'une parcelle qui ne sert que de passage sépare le terrain litigieux de ceux des requérants, qu'ils n'établissent pas la réalité des nuisances causées par la construction ;

- la présomption d'urgence est réfragable et est en l'espèce renversée car la construction projetée présente un intérêt public : elle a pour objectif de réagencer un espace permettant une amélioration visuelle qui est également dans l'intérêt des requérants ;

- l'activité de sylviculture du pétitionnaire s'apparente à une activité agricole permettant que le projet litigieux soit édifié en zone A destinée aux constructions nécessaires à l'exploitation agricole et qu'il bénéficie de l'exception prévue par le plan local d'urbanisme quant à sa hauteur pouvant excéder sept mètres ;

- l'article 2-1 du plan local d'urbanisme prévoit que le recul minimum par rapport à une route départementale se mesure par rapport à l'axe de la voie et en l'espèce, le projet se situe bien à une distance de vingt-cinq mètres par rapport à l'axe médian de la voie ;

- l'ensemble des documents permettent de visualiser l'accès déjà existant ainsi que la circulation à l'intérieur du projet de construction ; en outre le SDIS a émis un avis favorable au projet, ce qui implique que celui-ci présente des conditions de desserte et de sécurité suffisantes;

- enfin, l'autorisation par le gestionnaire de l'exutoire n'était pas nécessaire dès lors que l'évacuation des eaux pluviales se fait sur le terrain du pétitionnaire et que leur infiltration est assurée à l'aide de réseaux enterrés.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 24 juin et 2 juillet 2024, la société K, représentée par Me Moutier, conclut au rejet de la requête et à ce que soient mis à leur charge la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- la requête est tardive dès lors qu'elle a été déposée plus de deux mois après l'installation en bordure de voie publique du panneau d'affichage du permis de construire intervenu au plus tard le 29 novembre 2023 et faisait apparaître toutes les mentions prescrites par l'article A 424-15 du code de l'urbanisme ;

- elle est également irrecevable car le recours gracieux ne lui a pas été transmis et qu'il ne désigne pas les requérants ;

- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir dès lors qu'ils n'ont pas qualité de voisins immédiats car la parcelle G 852, bien que chemin d'accès n'est qu'un chemin de passage et sépare le projet des propriétés des requérants et que l'activité de sylviculture préexiste au projet litigieux et qu'elle génère déjà des nuisances sonores et le côté du hangar face aux parcelles des requérants sera fermé permettant de diminuer les nuisances sonores et visuelles déjà existantes comme précisé au sein de la notice volet paysager et motivations du projet ;

- leur activité d'exploitation du bois est une activité agricole contrairement à ce que soutiennent les requérants ; l'article L. 123-1-5 du code de l'urbanisme prévoit que sur les zones classées A et N ne peuvent être autorisées que les constructions nécessaires à une exploitation agricole ou forestière ; le projet litigieux pouvait donc être édifié sur une zone classée A et excéder les sept mètres de hauteur ;

- le projet litigieux respecte l'article 2-1 du plan local d'urbanisme dès lors qu'il se situe à vingt-cinq mètres de l'axe de la voie ;

- l'accès au projet qui a été autorisé par le département des Landes existe déjà et ses caractéristiques sont précisément détaillées ;

- enfin, les eaux pluviales ont vocation à rejoindre un cours d'eau et ne seront pas acheminées vers un réseau d'eaux pluviales.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond enregistrée le 10 juin 2024 n°2401460 par laquelle les requérants ont sollicité l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de l'urbanisme ;

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme H pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience, en présence de Mme Strzalkowska, greffière d'audience :

- le rapport de Mme H ;

- les observations de Me J, représentant les requérants, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que le pétitionnaire ne fournit pas la preuve que l'affichage a été réalisé et est régulier et que le pli recommandé ne contenait pas le recours gracieux, le pétitionnaire ne saurait se prévaloir d'une activité accrue pour justifier les constructions projetées, l'activité forestière n'entre pas dans la liste des activités pour lesquelles des constructions sont autorisées en zone A, le pétitionnaire n'apporte pas la preuve qu'il a permis au service instructeur de s'assurer de l'adéquation de l'accès au projet, enfin il y a une incohérence dans les documents sur l'axe d'ouverture du plus grand bâtiment ;

- les observations de Me Bernal, représentant la commune d'Estibeaux, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et ajoute que ce n'est pas la construction projetée mais l'activité de la société K qui pose un problème aux requérants ; retire le moyen tiré de l'absence de transmission au pétitionnaire du recours gracieux mais maintient le moyen tiré de ce que ce dernier ne répond pas aux exigences posées par le code de l'urbanisme notamment tenant à la désignation des requérants, les requérants ne contestent pas la continuité de l'affichage et n'établissent pas que le panneau d'affichage ne contient pas les mentions obligatoires alors que le pétitionnaire démontre l'effectivité, la continuité et la régularité de l'affichage entraînant la tardiveté de la requête, les requérants ne démontrent pas être troublés de façon substantielle dans les conditions de jouissance de leurs biens par les constructions projetées mais sont en réalité troublés par l'activité de la société, il s'agit donc d'un trouble de voisinage qui ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, le PLUi interdit la création de nouveaux accès sauf dérogation donc aucun autre accès que celui déjà existant n'aurait pu être créé ;

- les observations de Me Moutier, représentant la société K, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes fins et ajoute que c'est au juge judiciaire de se prononcer sur les nuisances provoquées par la société K, par ailleurs la preuve de la date, de la régularité et de la continuité de l'affichage n'est pas rapportée par un constat d'huissier mais l'est par plusieurs témoignages de voisins et par plusieurs photos grâce auxquelles il est prouvé que le panneau est affiché en bordure de route depuis fin novembre 2023 et contient toutes les mentions obligatoires, le recours gracieux aurait donc dû être adressé au maire de la commune d'Estibeaux au plus tard, le 30 janvier 2024 ; l'activité préexistait aux constructions projetées puisqu'elle est exercée par la société K depuis 2020 et l'était depuis 2017 par M. K en qualité d'auto-entrepreneur et les constructions projetées ont vocation à réduire les nuisances en tous genres générées par la société pétitionnaire impliquant une absence d'intérêt à agir des requérants d'autant que les maisons d'habitation des requérants se trouvent éloignées du projet en litige ; l'activité de la société bénéficie déjà d'un accès et il est envisagé la création d'un nouvel accès qui a été autorisé par le département mais qui ne figure pas encore dans le permis de construire en litige ; l'autorisation d'un quelconque gestionnaire des réseaux des eaux pluviales n'était pas nécessaire puisque les eaux vont être canalisées via des regards, seront acheminées vers un fossé et se jetteront dans un cours d'eau comme cela est déjà le cas.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté n° PC0400952300007 du 2 novembre 2023, le maire de la commune d'Estibeaux a délivré un permis de construire à la société K pour la création de deux hangars de stockage. Par un courrier du 16 février 2024 adressé au maire de la commune d'Estibeaux, les requérants ont sollicité le retrait de ce permis de construire. En l'absence de réponse, une décision implicite de rejet est née. Par la présente requête, Mme I, M. G, Mme B et les époux J demandent à la juge des référés de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire d'Estibeaux sur leur demande du 16 février 2024 tendant au retrait du permis de construire délivré le 2 novembre 2023 à la société K en vue de l'édification de deux hangars de stockage, ensemble le permis de construire.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".

4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat, justifie en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

5. Il ressort des pièces du dossier que le projet contesté consiste en l'implantation de deux hangars de stockage de matériel et de bois sur la parcelle de la société K qui abrite actuellement et depuis, au moins 2020 son activité d'exploitation forestière. Si M. G est propriétaire d'un bâtiment d'habitation situé sur la parcelle voisine de celle occupée par l'activité d'exploitation forestière de la société K et sur laquelle cette dernière entend réaliser le projet de construction contesté, les parcelles sur lesquelles se trouvent les maisons d'habitation des autres requérants sont séparées du terrain de la société K qui abritera les constructions contestées par la parcelle cadastrée G 852 qui constitue un chemin d'accès sur lequel ils bénéficient d'une servitude de passage mais qui n'abrite pas de maison d'habitation. Si les requérants invoquent pour justifier leur intérêt à agir pour contester le permis de construire attaqué les nuisances visuelles, il n'est pas contesté que les bâtiments de stockage de matériel et de bois ne seront pas entièrement visibles depuis la propriété de chacun des requérants en raison d'une déclivité d'environ quatre mètres entre les maisons d'habitation des requérants et le sol où se trouveront les constructions projetées et n'auront en tout état de cause pas pour conséquence de priver les requérants d'une vue quelconque mais au contraire, ils permettront de camoufler le matériel et le bois qui sont, en l'état actuel des choses, entreposés à l'air libre et à la vue des requérants. Par ailleurs, si ces derniers invoquent également pour justifier de leur intérêt à agir pour contester le permis de construire litigieux les nuisances auditives, le permis de construire en cause n'a pas pour objet d'autoriser l'accroissement de l'activité déjà existante de la société K. Il ressort des pièces du dossier que le projet en cause permettra au contraire de couvrir l'activité d'exploitation forestière actuellement réalisée sur les parcelles voisines de la leur, alors même que cette activité est pour l'instant exercer à l'air libre. Enfin, la circonstance que le permis de construire attaqué soit directement lié à l'activité de la société K et aux nuisances que cette dernière pourrait occasionner n'est pas susceptible d'avoir une incidence sur les effets, appréciés concrètement, qu'entraîne directement ce permis de construire sur les conditions d'occupation, de jouissance ou d'utilisation des biens appartenant aux requérants. Par suite, il n'apparait pas que le projet de construction de deux bâtiments de stockage de matériel autorisé par le permis de construire litigieux serait de nature à affecter les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leurs biens. Dans ces conditions, les requérants ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour demander l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire de la commune d'Estibeaux sur leur demande du 16 février 2024 tendant au retrait du permis de construire délivré le 2 novembre 2023, ensemble l'arrêté autorisant le projet de construction en litige.

6. Il y a lieu, par suite, en l'état de l'instruction, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête de rejeter les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire de la commune d'Estibeaux sur leur demande du 16 février 2024 tendant au retrait du permis de construire délivré le 2 novembre 2023, ensemble l'arrêté autorisant le projet de construction en litige.

Sur les frais du litige :

7. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, que Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.

8. Ces dispositions font obstacle aux conclusions des requérants dirigées contre la commune d'Estibeaux et la société K qui ne sont pas, dans la présente instance de référé, les parties perdantes. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants, une quelconque comme d'argent au titre de ces dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme I, M. G, Mme B et des époux C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Estibeaux et la société K sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme I, à M. G, à Mme B, aux époux C, à la commune d'Estibeaux et à la société K.

Fait à Pau, le 9 juillet 2024.

La juge des référés,

M. H La greffière,

A. STRZALKOWSKA La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition,

La greffière,

N°2401504

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