mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2401509 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MALFRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 juin 2024, M. C A, représenté par Me Malfray, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 17 mai 2023 par lequel le préfet de la Gironde a prononcé son éloignement du territoire national ainsi que des décisions subséquentes ;
3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est fondé à saisir le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative afin de mettre un terme à l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre le 17 mai 2023 par le préfet de la Gironde dès lors qu'il justifie de circonstances de fait nouvelles intervenues postérieurement ; sa santé s'est dégradée, il a été hospitalisé d'office à la demande d'un tiers et, depuis que le diagnostic d'une psychose a été établi, il est suivi au centre médico-psychologique d'Eysines pour subir un traitement mensuel par injection ; il a d'ailleurs déposé une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade ;
- la condition d'urgence est remplie dans la mesure où, placé en rétention par le préfet des Pyrénées-Atlantiques à la suite du contrôle inopiné dont il a fait l'objet, l'exécution de la mesure d'éloignement est imminente et qu'il a été escorté à un rendez-vous auprès du consul d'Algérie afin d'organiser son départ ;
- il est exposé à un risque de traitement inhumain et dégradant dès lors qu'il n'est pas assuré de pouvoir bénéficier des soins nécessaires en Algérie.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 juin 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la demande de suspension de la décision du 4 juin 2024 décidant du placement en rétention du requérant est tardive ;
- l'intéressé disposera en Algérie des soins nécessaires pour traiter sa pathologie.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91- 647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Mme le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 juin 2024 à 11h30, en présence de Mme Caloone, greffière d'audience et à l'issue de laquelle la clôture d'instruction a été prononcée :
- le rapport de Mme B ;
- Me Malfray, représentant M. A, qui précise que l'irrecevabilité de conclusions dirigées contre la mesure de placement en rétention est sans incidence sur la présente procédure ; la condition d'urgence est remplie ; il est médicalement suivi, et manifestement soumis à un traitement assez lourd au vu des difficultés rencontrées pour échanger avec lui ; au vu des informations obtenues par consultation du site de l'organisation mondiale de la santé, il n'est pas assuré de pouvoir suivre un traitement et des soins adaptés dans son pays d'origine ; il demande en outre à bénéficier de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, né le 28 juillet 2002 à Oued Rhiou (Algérie), de nationalité algérienne est entré irrégulièrement en France et s'y est maintenu. En dernier lieu par arrêté du 17 mai 2023, le préfet de la Gironde a décidé de l'éloigner sans délai du territoire national et lui a interdit tout retour pendant une durée de trois ans. Par un arrêté du même jour pris par la même autorité, il a été assigné à résidence. Puis, à l'issue d'un contrôle de police inopiné, par arrêté du 4 juin 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a placé au centre de rétention administrative d'Hendaye. Par la présente requête, il demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de la mesure d'éloignement et des mesures prises pour son exécution.
Sur la demande tendant au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
4. Il appartient à l'étranger qui entend contester une obligation de quitter le territoire français lorsqu'elle est accompagnée d'un placement en rétention administrative ou d'une mesure d'assignation à résidence, de saisir le juge administratif, sur le fondement des dispositions des articles L. 614-8 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une demande tendant à leur annulation, assortie le cas échéant de conclusions à fin d'injonction. Cette procédure particulière est exclusive de celles prévues par le livre V du code de justice administrative. Il en va autrement dans le cas où les modalités selon lesquelles il est procédé à l'exécution d'une telle mesure relative à l'éloignement forcé d'un étranger emportent des effets qui, en raison de changements dans les circonstances de droit ou de fait survenus depuis l'intervention de cette mesure et après que le juge, saisi sur le fondement de l'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a statué ou que le délai prévu pour le saisir a expiré, excèdent ceux qui s'attachent normalement à sa mise à exécution.
5. M. A soutient que son éloignement est de nature à porter une atteinte grave et manifestement illégale au droit garanti par l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales de ne pas être exposé à des traitements inhumains et dégradants dès lors qu'il ne pourra être soigné en Algérie pour la psychose dont il souffre, diagnostiquée postérieurement à l'arrêté portant obligation de quitter le territoire national, et qui nécessite un traitement suivi. Il ressort toutefois des pièces versées au dossier par le préfet des Pyrénées-Atlantiques qui ne peuvent être regardées comme sérieusement contestées par les dires à l'audience, que l'Algérie dispose d'un système de soins accessible prenant en charge les pathologies psychiatriques ainsi que des médicaments nécessaires au traitement de M. A. Par ailleurs, il n'est pas contesté que durant sa rétention administrative, le requérant dispose d'un traitement et, le cas échéant, d'un accès à un établissement de santé. Dans ces conditions, M. A n'établit pas que la mesure d'éloignement et son placement en rétention administrative en vue de son exécution portent une atteinte grave et immédiate à la liberté fondamentale qu'il invoque.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit nécessaire d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le préfet, au demeurant inopérante, les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement et à ce qu'il soit mis un terme au placement en rétention administrative de M. A sont rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais du litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que celles de l'article 37 d la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, les frais liés au procès demandés par M. A et son conseil.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, au préfet de la Gironde et au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Fait à Pau, le 18 juin 2024
Le juge des référés, La greffière
V. BM. Caloone
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde et au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui les concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
La greffière,
N° 2400905
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026