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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2401512

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2401512

lundi 24 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2401512
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en production de pièces, enregistrés le 15 juin 2024 et le 17 juin 2024, M. B D, représenté par Me Dumaz-Zamora, demande au tribunal :

1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) de prononcer la suspension de l'exécution de l'arrêté du 3 juin 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques lui a fait obligation de quitter le territoire français ;

3°) d'annuler l'arrêté du 5 juin 2024 par lequel la même autorité l'a assigné à résidence dans le département des Pyrénées-Atlantiques, pendant une durée de quarante-cinq jours, et l'a astreint à se présenter les lundi, mercredi et vendredi à 10 h 00, à l'exception des jours fériés, à la brigade de gendarmerie de Morlaàs ;

4°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à venir et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté du 3 juin 2022 :

- il peut bénéficier d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il contribue à l'entretien et à l'éducation de son enfant mineure, ce qui constitue une circonstance de fait nouvelle faisant obstacle à l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet ;

- l'exécution de cette mesure d'éloignement méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 ;

En ce qui concerne l'arrêté du 5 juin 2024 :

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- il est entaché d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juin 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 juin 2024 à 11 h 15 :

- le rapport de M. A,

- les observations de Me Missonnier, substituant Me Dumaz-Zamora, représentant M. D, présent.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B D, ressortissant marocain né le 1er janvier 1980, est entré régulièrement en France le 18 février 2015, sous couvert d'un visa de court séjour valable jusqu'au 10 août 2015, et s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français. Le 9 juin 2020, M. D s'est vu délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, en qualité de parent d'un enfant français, du fait de la naissance d'une enfant née le 4 décembre 2019 de sa relation avec une ressortissante française dont il est séparé. Le 17 mai 2021, il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour. Par un arrêté du 3 juin 2022, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a rejeté cette demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Le recours dirigé contre cet arrêté a été rejeté par un jugement du tribunal du 20 mars 2023 n° 2201513, confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 16 janvier 2024 n° 23BX01683. Le 9 janvier 2024, M. D a de nouveau sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par une décision du 23 février 2024, la même autorité a refusé lui délivrer un récépissé d'enregistrement de cette dernière demande. Par un arrêté du 5 juin 2024, la même autorité a assigné l'intéressé à résidence dans le département des Pyrénées-Atlantiques, pendant une durée de quarante-cinq jours, et l'a astreint à se présenter les lundi, mercredi et vendredi à 10 h 00, à l'exception des jours fériés, à la brigade de gendarmerie de Morlaàs. M. D demande la suspension de l'exécution de l'arrêté du 3 juin 2022 en tant qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français et l'annulation de l'arrêté du 5 juin 2024.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

3. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction résultant sa modification par les dispositions du 2° du VI de l'article 72 de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / () ". Aux termes de l'article L. 732-8 du même code, dans sa rédaction applicable au litige, antérieure à sa modification par la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 : " La décision d'assignation à résidence prise en application des 1° () de l'article L. 731-1 peut être contestée devant le président du tribunal administratif dans le délai de quarante-huit heures suivant sa notification. Elle peut être contestée dans le même recours que la décision d'éloignement qu'elle accompagne. / Le délai de quarante-huit heures prévu au premier alinéa est également applicable à la contestation de la décision d'assignation à résidence notifiée postérieurement à la décision d'éloignement, alors même que la légalité de cette dernière a été confirmée par le juge administratif ou ne peut plus être contestée. / Les dispositions des articles L. 614-7 à L. 614-13 sont applicables au jugement de la décision d'assignation à résidence contestée en application du présent article. ".

4. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité administrative peut ordonner l'assignation à résidence d'un étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise moins de trois ans auparavant et pour laquelle le délai pour quitter le territoire est expiré. Une telle mesure a pour objet de mettre à exécution la décision prononçant l'obligation de quitter le territoire français et ne peut être regardée comme constituant ou révélant une nouvelle décision comportant obligation de quitter le territoire, qui serait susceptible de faire l'objet d'une demande d'annulation. Il appartient toutefois à l'administration de ne pas mettre à exécution l'obligation de quitter le territoire si un changement dans les circonstances de droit ou de fait a pour conséquence de faire obstacle à la mesure d'éloignement. Dans pareille hypothèse, l'étranger peut demander, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 732-8 du même code, au président du tribunal administratif l'annulation de cette décision d'assignation à résidence dans les quarante-huit heures suivant sa notification. S'il n'appartient pas à ce juge de connaître de conclusions tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français, après que le tribunal administratif, saisi sur le fondement de l'article L. 614-1 du même code, a statué ou que le délai prévu pour le saisir a expiré, il lui est loisible, le cas échéant, d'une part, de relever, dans sa décision, que l'intervention de nouvelles circonstances de fait ou de droit fait obstacle à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français et impose à l'autorité administrative de réexaminer la situation administrative de l'étranger et, d'autre part, d'en tirer les conséquences en suspendant les effets de la décision devenue, en l'état, inexécutable.

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. () ". Il résulte de ces dispositions que pour obtenir un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français, l'étranger qui se prévaut de cette qualité, doit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de cet enfant depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 412-5 du même code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire () ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ".

6. L'arrêté du 3 juin 2022 mentionné au point 1 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques a refusé de renouveler le titre de séjour de M. D a été pris aux motifs tirés, d'une part, de ce que l'intéressé ne justifie par contribuer à l'entretien et à l'éducation de son enfant depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans et ne peut ainsi bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et, d'autre part, de ce que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. Il ressort des pièces du dossier que M. D est le père d'une fille de nationalité française, née le 4 décembre 2019, et qu'il est séparé de la mère de cette enfant. Par un jugement du 29 novembre 2021, le juge des affaires familiales du tribunal de grande instance de Pau a fixé la résidence habituelle de l'enfant chez sa mère, a reconnu au requérant un droit de visite et d'hébergement une fin de semaine sur deux et la moitié des vacances scolaires, et a fixé le montant mensuel de la pension alimentaire à 100 euros. S'il résulte d'une attestation en date du 26 février 2024 établie par l'association départementale de tutelle des majeurs protégés à l'attention de la mère de l'enfant, ainsi que de relevés de compte et d'attestations de virements, que M. D s'est acquitté de cette pension alimentaire depuis le mois d'avril 2023, versée par l'intermédiaire de son frère, il n'établit pas ainsi contribuer à l'entretien de sa fille depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans à la date de l'arrêté du 5 juin 2024 portant assignation à résidence. Dans ces conditions, et alors même que M. D exercerait régulièrement son droit de visite auprès de son enfant, il ne peut bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 précité. Par ailleurs, il est constant que, par un jugement du 12 novembre 2020 devenu définitif, le tribunal correctionnel de Pau a condamné M. D à une peine d'emprisonnement de douze mois, assortie du sursis probatoire de deux ans, pour des faits de violence ayant entraîné une incapacité temporaire totale inférieure à huit jours commis sur son ex-compagne à titre habituel, durant une période courant de janvier 2019 à juin 2020, soit notamment durant la grossesse de cette dernière, et que, par un jugement du 12 octobre 2023, le même tribunal a condamné l'intéressé à une peine d'emprisonnement ferme de cinq mois pour des faits de harcèlement sur conjoint, commis de mars à octobre 2021. Dès lors, au regard de la gravité et du caractère récent de ces faits, le comportement de M. D constitue une menace pour l'ordre public de nature à faire obstacle à la délivrance d'un titre de séjour, en application des dispositions précitées des articles L. 412-5 et L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, à la date de l'arrêté du 5 juin 2024, les seuls éléments précités relatifs à la contribution de l'intéressé à l'entretien et à l'éducation de son enfant depuis le mois d'avril 2023 ne constituent pas un changement dans les circonstances de fait ou de droit postérieur à l'arrêté du 3 juin 2022 ayant pour conséquence de faire obstacle à l'exécution de la mesure d'éloignement contenue dans ce dernier arrêté et imposant à l'autorité administrative de réexaminer la situation administrative de l'intéressé.

7. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, les moyens tirés de ce que l'exécution de la mesure d'éloignement contenue l'arrêté du 3 juin 2022 méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 doivent être écartés.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ".

9. La décision attaquée vise le 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et se fonde sur ce que M. D fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en date du 3 juin 2022, qu'il ne détient pas de document de voyage original en cours de validité, qu'il ne dispose pas d'une réservation sur un vol à départ imminent de France et qu'il justifierait d'un domicile stable à Andoins. Par suite, la décision attaquée satisfait à l'obligation de motivation en droit et en fait prescrite par l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Pyrénées-Atlantiques n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle et familiale de M. D.

11. En troisième lieu, aux termes du 2° du VI de l'article 72 de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration : " Au 1° de l'article L. 731-1, les mots : " d'un an " sont remplacés par les mots : " de trois ans " ; ". Aux termes du IV de l'article 86 de la même loi : " L'article 72, à l'exception du 2° du VI, () entrent en vigueur à une date fixée par décret en Conseil d'Etat, et au plus tard le premier jour du septième mois suivant celui de la publication de la présente loi. () ". Aux termes de l'article 1er du code civil : " Les lois () entrent en vigueur à la date qu'ils fixent ou, à défaut, le lendemain de leur publication. Toutefois, l'entrée en vigueur de celles de leurs dispositions dont l'exécution nécessite des mesures d'application est reportée à la date d'entrée en vigueur de ces mesures. / () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 711-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger exécute la décision d'éloignement dont il fait l'objet sans délai ou, lorsqu'il bénéficie d'un délai de départ volontaire pour satisfaire à une décision portant obligation de quitter le territoire français, avant l'expiration de ce délai. ".

12. Les dispositions du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 3, dans leur rédaction résultant de leur modification par les dispositions du 2° du VI de l'article 72 de la loi du 26 janvier 2024, permettant à l'autorité administrative d'assigner un étranger à résidence lorsqu'il fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français prise moins de trois ans auparavant, sont, en l'absence de disposition spéciale ou d'exigence de mesures d'application, entrées en vigueur le lendemain de la publication de cette loi, soit le 28 janvier 2024, et sont ainsi applicables aux décisions d'assignation à résidence édictées à compter de cette date. En outre, M. D était tenu d'exécuter la décision d'éloignement en date du 3 juin 2022 dont il a fait l'objet, en application de l'article L. 711-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, même après l'expiration du délai d'un an auparavant fixé par le 1° de l'article L. 731-1 du même code, avant sa modification par la loi du 26 janvier 2024. Par suite, la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur de droit.

13. En dernier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 6, M. D ne justifie pas d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait de nature à faire obstacle à l'exécution de la mesure d'éloignement en date du 3 juin 2022 dont il a fait l'objet. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. D a été convoqué à se rendre, le 20 juin 2024, auprès des autorités consulaires du Maroc en vue de la délivrance d'un document de voyage. Par suite, le préfet des Pyrénées-Atlantiques, en estimant que M. D ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que son éloignement demeure une perspective raisonnable, n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension de la requête de M. D et les conclusions aux fins d'annulation de cette même requête doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins de suspension et d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions présentées en ce sens par M. D ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. D demande de verser à son conseil au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. D est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. D est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à Me Dumaz Zamora et au préfet des Pyrénées-Atlantiques.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.

Le magistrat désigné,

F. ALa greffière,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

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