LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2401539

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2401539

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2401539
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 juin 2024, M. C A, représenté par Me Pather, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet de la Gironde, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-2 du code de justice administrative :

-de le placer en procédure d'asile normale dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

-de lui délivrer une convocation aux fins de délivrance de l'attestation de demandeur d'asile et du dossier à transmettre à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

-l'existence d'une urgence au sens de l'article L.521-2 est caractérisée par la seule circonstance qu'il fait l'objet d'un arrêté de transfert édicté à son encontre le 22 mars 2022 ;

-l'urgence résulte également de ce que sa demande d'asile déposée depuis plus de deux ans soit examinée ;

-le droit de solliciter l'asile constitue une liberté fondamentale ;

-le refus qui lui est opposé par le préfet de la Gironde d'enregistrer sa demande porte à ce droit une atteinte grave et manifestement illégale ;

-en effet et en premier lieu les autorités françaises sont bien les autorités compétentes pour examiner sa demande d'asile en vertu des dispositions de l'article 10 du règlement 604/2013 ;

- en deuxième lieu, dès lors qu'il a franchi la frontière et vit en France depuis plus de 12 mois, la France doit également être regardée comme l'Etat membre responsable de sa demande d'asile sur le fondement des dispositions de l'article 13 de ce règlement ;

-en dernier lieu, les autorités espagnoles qui l'ont repris en charge en exécution de l'arrêté de transfert du mois de mars 2022 n'ont pas examiné sa demande d'asile, ce qui caractérise un disfonctionnement sérieux justifiant que la France examine sa demande sur le fondement des dispositions des articles 3 et 17 de ce règlement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2024 le préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

-le requérant ayant été transféré en exécution de l'arrêté du 22 mars 2022, la procédure Dublin est clôturée de sorte qu'il n'y a pas de demande d'asile en cours ;

-aucun des documents produits ne permet de démontrer qu'il aurait déposé une demande d'asile ;

-il en résulte qu'aucun enregistrement d'une demande d'asile ne peut être ordonné.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement UE n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 20 juin 2024 à 10 heures en présence de Mme Strzalkowska, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu :

-Me Ortego Sampedro, substituant Me Pather, représentant M. A, présent, qui confirme ses écritures en indiquant, qu'il s'est rendu dans les services de la préfecture de la Gironde en avril, pour faire enregistrer sa demande d'asile et qu'il a alors été placé en garde à vue ; que contrairement à ce qui est soutenu en défense, la procédure d'asile ne saurait être clôturée dès lors qu'il n'est pas contesté qu'aucun Etat ne s'est prononcé sur sa demande d'asile ; il maintient qu'il se trouve placé dans une situation d'urgence au sens de l'article L.521-2 et que refus d'enregistrer sa demande d'asile est entaché d'illégalité ; que les dispositions invoquées par le préfet en défense pour soutenir qu'il aurait commis un délit en revenant sur le territoire sont inopérantes en l'espèce ; au contraire il a exécuté son transfert ; et enfin que le seul courrier de demande d'enregistrement suffit à constituer une demande d'asile.

Le préfet de la Gironde n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcé à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant guinéen né le 5 juin 1999 à Matam (République de Guinée) est entré pour la première fois en France, selon ses déclarations de manière irrégulière, le 31 décembre 2021. Il a déposé une demande d'asile enregistrée le 27 janvier 2022. Estimant que sa demande relevait de la compétence des autorités espagnoles, qui ont accepté de le reprendre, le préfet de la Gironde a édicté à son encontre un arrêté de transfert à destination de ce pays, notifié le 22 mars 2022. M. A a été transféré en Espagne le 5 mai 2022. Les autorités espagnoles l'ayant placé en garde à vue puis en détention provisoire motif pris de son séjour irrégulier sur leur territoire, il est alors entré à nouveau irrégulièrement en France. Par la présente requête il demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L.521-2 du code de justice administrative d'ordonner au préfet de la Gironde d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et de lui délivrer en conséquence une attestation de demande d'asile et le dossier à adresser à l'OFPRA.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Il résulte de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique que : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué.". Il ressort des pièces du dossier que M. A a déposé une demande d'aide juridictionnelle qui a été enregistrée le 17 juin 2024 au service d'accueil unique du justiciable du tribunal judiciaire de Pau et sur laquelle il n'a pas encore été statué. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre d'office M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".

4. Le droit constitutionnel d'asile, qui a le caractère d'une liberté fondamentale, a pour corollaire le droit de solliciter le statut de réfugié, qui s'exerce dans les conditions définies par les articles L. 521-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Aux termes de l'article L. 521-1 de ce code : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente, qui enregistre sa demande et procède, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, à la détermination de l'État responsable en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, ou en application d'engagements identiques à ceux prévus par le même règlement, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État.". Aux termes de l'article L.521-4 du même code : " L'enregistrement a lieu au plus tard trois jours ouvrés après la présentation de la demande d'asile à l'autorité administrative compétente, sans condition préalable de domiciliation. ". Aux termes de son l'article L.521-7 : " Lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voir remettre une attestation de demande d'asile (). ". Enfin aux termes de l'article L.571-1 de ce code : " Lorsque l'autorité administrative estime que l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat qu'elle entend requérir, en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, il est procédé à l'enregistrement de la demande selon les modalités prévues au chapitre I du titre II ".

5. Il n'est pas contesté par le préfet de la Gironde que l'arrêté de transfert notifié le 22 mars 2022 a été exécuté par la remise de M. A aux autorités espagnoles le 5 mai suivant. Bien que lesdites autorités aient accepté sa reprise en charge, il a été placé en détention provisoire en raison de son séjour irrégulier sur le territoire, de sorte que sa demande d'asile n'a pas été examinée par cet Etat, ce qui n'est pas davantage contesté en défense. Il ressort par ailleurs des pièces produites à l'audience par M. A, qu'un rendez-vous avec la structure premier accueil des demandeurs d'asile lui a été fixée le 18 avril 2024 en vue du dépôt en préfecture d'une nouvelle demande d'asile. S'il n'est pas en mesure d'établir qu'il s'est présenté au guichet unique de la préfecture de la Gironde et qu'un refus d'enregistrer sa demande lui aurait été opposé, il n'en demeure pas moins, que l'exécution de l'arrêté de transfert ne saurait être regardée comme ayant mis un terme à la procédure de demande d'asile qu'il avait déposée en France en 2022, dès lors qu'il est constant qu'aucun Etat n'a statué sur sa demande de protection. D'autre part, en l'absence d'édiction, depuis son retour sur le territoire, d'une nouvelle décision de transfert, la France doit être regardée comme se trouvant de nouveau en charge de la demande d'asile de M. A.

6. Il s'ensuit que M. A est fondé à soutenir que le refus d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de solliciter l'asile. Il justifie par ailleurs en l'espèce en raison de la gravité de l'atteinte ainsi portée à cette liberté fondamentale, d'une situation d'urgence au sens et pour l'application des dispositions de l'article L.521-2 du code de justice administrative. Il y a lieu, en conséquence d'enjoindre au préfet de la Gironde d'enregistrer la demande d'asile de M. A en procédure normale et de lui délivrer l'attestation de demandeur d'asile et le dossier afférents, dans un délai de sept jours suivant la notification de la présente ordonnance.

Sur les frais liés au litige :

7. M. A a été admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 800 euros au bénéfice de son conseil sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet de la Gironde d'enregistrer selon la procédure normale la demande d'asile de M. A et de lui délivrer l'attestation et le dossier afférents dans un délai de sept jours suivant la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : L'État versera à Me Pather, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, une somme de 800 (huit-cents) euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Pather.

Copie en sera adressée pour information au préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, préfet de la Gironde.

Fait à Pau, le 20 juin 2024.

Le juge des référés,

V. QUEMENER

La greffière,

A. STRZALKOWSKA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions