mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2401555 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juin 2024, M. B A, représenté par Me Marcel, avocat, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 31 mai 2024 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Bordeaux l'a affecté au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée par la circonstance que l'exécution de la décision attaquée peut intervenir à tout instant ;
- la décision attaquée porte une atteinte grave à son droit à mener une vie familiale normale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la décision attaquée constitue une mesure d'ordre intérieur dès lors qu'elle ne porte pas atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que la décision attaquée ne porte pas atteinte à une liberté fondamentale, que la requête a été enregistrée plus de quinze jours après la notification de cette décision, et que le requérant est toujours incarcéré à la maison d'arrêt de Pau ;
- le requérant ne justifie pas d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale eu égard à la distance séparant la ville de Pau de celle de Mont-de-Marsan, et à la circonstance que M. A pourra communiquer avec son père par courrier, par téléphone ou par visioconférence.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 24 juin 2024 en présence de Mme Strzalkowska, greffière d'audience, M. C a lu son rapport et entendu Me Marcel, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêt du 27 janvier 2022, la cour d'appel de Pau a condamné M. A à une peine de 18 mois d'emprisonnement pour violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité, et violence par une personne en état d'ivresse manifeste suivie d'incapacité. Par jugement du 11 janvier 2024, le tribunal correctionnel de Pau a condamné M. A à une peine de trois ans d'emprisonnement, dont 18 mois avec sursis probatoire, pour extorsion avec violences ayant entraîné une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours. L'intéressé a été écroué le 14 mai 2024 à la maison d'arrêt de Pau. Par décision du 31 mai 2024, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Bordeaux a affecté M. A au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan. M. A demande la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de la présente instance, de faire droit à la demande de M. A tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
5. Aux termes de l'article L. 211-4 du code pénitentiaire : " La répartition des personnes condamnées dans les établissements pour peines s'effectue compte tenu de leur catégorie pénale, de leur âge, de leur état de santé et de leur personnalité. / Leur régime de détention est déterminé en prenant en compte leur personnalité, leur santé, leur dangerosité et leurs efforts en matière de réinsertion sociale. / Le placement d'une personne détenue sous un régime de détention plus sévère ne saurait porter atteinte aux droits mentionnés par les dispositions de l'article L. 6. ".
6. Si M. A soutient que la décision attaquée le privera de voir son père, résidant à Pau, qui est âgé et malade, il résulte de l'instruction que depuis l'incarcération de l'intéressé, son père n'a pas encore présenté de demande de permis de visite et sa mobilité est très réduite en raison de son état de santé. Il n'est donc pas démontré que ce dernier soit en état de se rendre physiquement à la maison d'arrêt de Pau. Par ailleurs, le garde des sceaux, ministre de la justice, soutient sans être contesté que le requérant pourra à sa demande maintenir des contacts avec son père, soit par téléphone, soit par visioconférence. Par suite, M. A n'établit pas que la décision attaquée portera une atteinte grave à son droit au respect de sa vie familiale.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le garde des sceaux, ministre de la justice, les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Fait à Pau, le 25 juin 2024.
Le juge des référés,
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
La greffière :
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
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Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026