vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2401617 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GARCIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 juin 2024 et le 10 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Garcia, avocat, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 5 avril 2024 par lequel le maire d'Auch a prolongé à compter du 23 avril 2024 la suspension de ses fonctions de chef de service chargé de l'état civil et des élections, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre à la commune d'Auch de le réintégrer en sa qualité d'attaché territorial dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à venir, et ce, sous astreinte de 100 € par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Auch une somme de 2500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée par les circonstances qu'elle est présumée, que sa rémunération a diminué de 63 %, que les ressources de son ménage ont diminué de 40 %, et que les ressources de ce dernier, après déduction des dépenses incompressibles, s'élèvent à 1074 €, étant entendu qu'il a un enfant en bas âge et que la durée du temps de travail de son épouse va diminuer à compter du 1er septembre 2024 ;
- l'arrêté du maire d'Auch du 20 décembre 2023 portant suspension des fonctions pour une durée maximale de quatre mois a été pris en méconnaissance de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique dès lors que le conseil de discipline n'a pas été saisi ;
- il méconnaît les articles L. 125-1 et L. 530-1 du code général de la fonction publique dès lors que les faits qui lui sont reprochés sont extérieurs aux services de la commune d'Auch et antérieurs à son recrutement par cette dernière ;
- il n'a pas été pris dans l'intérêt du service dès lors que depuis sa suspension, le service en charge de l'état civil et des élections n'a plus de chef à sa tête ;
- il méconnaît le principe de l'obligation de loyauté dès lors qu'il se fonde sur un procès-verbal d'interrogatoire de première comparution qui est couvert par le secret de l'instruction ;
- il revêt un caractère disproportionné ;
- l'arrêté attaqué n'est pas motivé ;
- il n'a pas été suivi d'une saisine du conseil de discipline ;
- il méconnaît l'article L. 531-2 du code général de la fonction publique, faute d'intérêt du service dès lors que le service de l'état civil et des élections n'a plus de chef à sa tête ;
- il méconnaît l'article L. 531-3 du code général de la fonction publique dès lors que le maire d'Auch pouvait le rétablir dans ses fonctions, lui attribuer provisoirement une autre affectation, ou procéder à son détachement d'office sur un autre emploi ;
- il est entaché d'incompétence négative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2024, la commune d'Auch, représentée par Me Heymans, avocat, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 5 avril 2024, en tant qu'il réduit de moitié le traitement de M. A, et à ce qu'il soit mis à la charge de ce dernier une somme de 2000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que la diminution du temps de travail de son épouse reste mesurée, que la baisse des revenus du ménage du fait de la décision contestée s'élève à 26,5 %, que la baisse des revenus de M. A du fait de cette même décision s'élève à 50 %, que les revenus du ménage s'élèvent à 1459 € par mois après déduction des charges incompressibles, que M. A ne fait pas état de l'épargne dont il pourrait disposer, et qu'il n'est pas démontré que ses seuls revenus se limitent à son traitement versé par la commune d'Auch ;
- aucun des moyens de la requête de M. A n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 29 avril 2024 sous le n° 2401117 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 12 juillet 2024 en présence de Mme Strzalkowska, greffière d'audience, M. C a lu son rapport et entendu :
- Me Garcia, représentant M. A ;
- Me Quévarec, représentant la commune d'Auch.
Une pièce communiquée pour M. A a été enregistrée le 12 juillet 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 30 octobre 2023, le maire d'Auch a nommé par voie de mutation M. A, attaché territorial, dans les services de cette commune à compter du 1er novembre 2023. Informé que l'intéressé avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire à l'occasion de précédentes fonctions de juriste assistant exercées au tribunal judiciaire d'Auch, par arrêté du 22 novembre 2023, le maire d'Auch a retiré son arrêté du 30 octobre 2023. Par arrêté du 20 décembre 2023, cette même autorité a toutefois retiré son arrêté du 22 novembre 2023 et a prononcé la suspension des fonctions exercées par M. A pour une durée de quatre mois. Par arrêté du 5 avril 2024, le maire d'Auch a prolongé cette mesure de suspension à compter du 23 avril 2024 jusqu'à ce qu'une décision définitive soit prise sur la situation de M. A. Ce dernier demande la suspension de l'exécution de cet arrêté du 5 avril 2024.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. " ;
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment d'un avis d'imposition, que les revenus mensuels moyens de M. A s'élevaient en 2022 à 3170 € et que ceux de son épouse s'élevaient pour la même année à 1829 €, soit une somme totale d'environ 5000 €. À la suite de la décision attaquée, le traitement de M. A s'élève à 1181 € avant impôt, tandis que le salaire de son épouse s'élève à la somme moyenne de 2065 €, soit un montant total de 3246 €. M. A justifie de dépenses incompressibles relatives au remboursement d'un emprunt immobilier, à la taxe foncière, à l'impôt sur le revenu, et aux dépenses d'électricité, de gaz, d'eau, de téléphone, d'assurances, de mutuelle de santé et de cantine d'un montant mensuel total de 1828 €. Si M. A soutient que doit également être prise en compte la dépense relative à la mutuelle de santé à laquelle son épouse adhère également, il résulte des bulletins de paie de cette dernière que cette somme de 103 € est déduite du montant du salaire qui lui est effectivement versé. La quotité disponible mensuelle s'élève donc à 1418 € pour un foyer qui compte un enfant. Si le requérant rajoute que le traitement de son épouse devrait diminuer à compter du mois de septembre 2024 consécutivement à la diminution de son temps de travail, ce temps partiel doit passer de 88,89 % à 72,22 %. Il en résulte que la diminution de ce traitement ne sera pas significative. La commune d'Auch produit en outre un tableau établi par le centre national de la fonction publique territoriale duquel il résulte que M. A s'est vu verser entre les mois de janvier et mai 2024 une somme moyenne mensuelle de 750 € brut correspondant à des activités d'enseignement et de correction de copies exercées à titre accessoire. Enfin, le requérant n'apporte aucun élément tenant à son épargne et à sa trésorerie. M. A ne démontre donc pas qu'il se trouverait placé dans une situation financière telle qu'en résulterait pour lui une situation d'urgence, laquelle n'est, en l'espèce, pas présumée.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Le rejet des conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête doivent également être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
8. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le juge des référés ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent dès lors être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu non plus de faire droit aux mêmes conclusions présentées par la commune d'Auch.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Auch présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la commune d'Auch.
Fait à Pau, le 12 juillet 2024.
Le juge des référés,
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne au préfet du Gers en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition :
La greffière :
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026