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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2401712

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2401712

mercredi 28 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2401712
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Pau a rejeté la requête de Mme A contestant la diminution puis la suspension de ses droits au revenu de solidarité active (RSA) par la MSA Sud-Aquitaine. La requête a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'a pas produit les décisions contestées, en violation de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, et n'a pas justifié avoir exercé le recours administratif préalable obligatoire auprès du président du conseil départemental, conformément à l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles. Malgré une demande de régularisation notifiée le 9 juillet 2024, Mme A n'a pas fourni les documents requis dans le délai imparti. En conséquence, l'ordonnance a rejeté la requête sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2024, Mme B A saisit le tribunal d'un litige qui l'oppose à la mutualité sociale agricole (MSA) Sud-Aquitaine, relatif à la diminution, au titre des mois d'avril et mai 2024, puis à la suspension, à compter du mois de juin 2024, de ses droits au bénéfice du revenu de solidarité active.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () ; 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (). ".

2. Aux termes de l'article R. 412-1 de ce code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ". Et aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. () La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. () ".

3. Enfin, l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active doit faire l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ". Il résulte de ces dispositions qu'une réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active ne peut, à peine d'irrecevabilité, faire l'objet d'un recours contentieux sans qu'ait été préalablement exercé un recours administratif auprès du président du conseil départemental.

4. Mme A saisit le tribunal d'un litige qui l'oppose à la mutualité sociale agricole (MSA) Sud-Aquitaine, relatif à la baisse, au titre des mois d'avril et mai 2024, puis la suspension, à compter du mois de juin 2024, de ses droits au bénéfice du revenu de solidarité active. Toutefois, la requérante ne produit pas la ou les décisions qu'elle conteste, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, et ne justifie pas avoir formé, préalablement à la saisine du tribunal, le recours administratif prévu par les dispositions de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles. Par un courrier du 9 juillet 2024, dont elle a accusé réception le 13 juillet suivant, Mme A a été invitée à régulariser sa requête en produisant la ou les décisions qu'elle entend contester, ainsi que la décision du président du conseil départemental statuant sur son recours administratif préalable, ou la pièce justifiant de la date de dépôt d'un tel recours. Ce courrier comportait également la mention selon laquelle, à défaut de régularisation dans le délai imparti, la requête serait considérée comme manifestement irrecevable et pourrait être rejetée par ordonnance à l'issue de ce délai. L'intéressée n'a toutefois pas régularisé sa requête dans ledit délai. Il s'ensuit que la requête Mme A est manifestement irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Pau, le 28 août 2024.

La présidente du tribunal,

V. QUEMENER

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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