LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2401726

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2401726

mardi 20 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2401726
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Pau a rejeté les requêtes de M. B A, qui contestait un arrêté du préfet du Gers refusant de lui délivrer un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et l'astreignant à des obligations de présentation. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'insuffisance de motivation, du défaut d'examen, de la méconnaissance du droit d'être entendu et de l'erreur manifeste d'appréciation. La solution retenue confirme la légalité des décisions préfectorales, fondées sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée le 5 juillet 2024 sous le n° 2401726, M. B A, représenté par Me Gontier, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 juin 2024 par lequel le préfet du Gers a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné, et l'a astreint à se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch ;

2°) d'enjoindre au préfet du Gers de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de cent euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre charge de l'État une somme de 1500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet a retenu, à tort, l'existence d'une situation de fraude ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle a été prise en méconnaissance de son droit à être entendu ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

En ce qui concerne la décision portant fixation d'un délai de départ volontaire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire et de son droit à être entendu, dès lors que ses observations n'ont pas été recueillies préalablement à son édiction ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle n'a pas été prise en considération de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- la décision par laquelle le préfet du Gers l'a assigné à résidence est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il dispose de garanties de représentation effectives et suffisantes ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que l'obligation de se présenter tous les jours de la semaine au commissariat d'Auch n'est pas justifiée ; la seule lecture de la décision ne permet par ailleurs pas de comprendre si le terme de " semaine " doit s'entendre comme incluant le samedi et le dimanche ;

- elle porte une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2024, le préfet du Gers conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

II. Par une requête enregistrée le 6 août 2024 sous le n° 2402034, M. B A, représenté par Me Gontier, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 6 août 2024 par lequel le préfet du Gers l'a assigné à résidence à Auch pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre au préfet du Gers de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de 72 heures à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision par laquelle le préfet du Gers l'a assigné à résidence est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il dispose de garanties de représentation effectives et suffisantes ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que l'obligation de se présenter tous les jours de la semaine au commissariat d'Auch n'est pas justifiée ; la seule lecture de la décision ne permet par ailleurs pas de comprendre si le terme de " semaine " doit s'entendre comme incluant le samedi et le dimanche ;

- elle porte une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2024, le préfet du Gers conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique.

Ont été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C ;

- et les observations de Me Gontier, représentant M. A, qui confirme ses écritures et indique notamment que les informations contenues dans l'arrêté portant assignation à résidence sont trop imprécises pour que M. A sache à quelle fréquence il doit se rendre au commissariat et que le préfet ne pouvait, pour astreindre le requérant à se présenter quotidiennement aux services de police, se fonder sur la seule circonstance que l'intéressé s'est soustrait à ses obligations de pointage au cours de l'année 2022.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant algérien né le 22 janvier 1995 et entré en France en 2022 selon ses déclarations, a sollicité le 1er mars 2024 son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 13 juin 2024, le préfet du Gers a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, et l'a astreint à se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch. Par un arrêté du 1er août 2024, cette même autorité a décidé du placement de M. A dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée de quatre jours. Par un arrêté du 6 août 2024, le préfet du Gers a assigné M. A à résidence pour une durée de quarante-cinq jours sur la commune d'Auch, et l'a astreint à se présenter tous les jours de la semaine au commissariat de cette même ville.

2. Par sa requête n° 2401726, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 juin 2024 par lequel le préfet du Gers a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, et l'a astreint à se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch.

3. Par sa requête n° 2402034, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 août 2024 par lequel le préfet du Gers l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours et l'a astreint à se présenter tous les jours de la semaine au commissariat d'Auch.

Sur la jonction :

4. Les requêtes susvisées n° 2401726 et 2402034 concernent le même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.

Sur l'admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

5. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".

6. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les requêtes de M. A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du préfet du Gers du 13 juin 2024 :

En ce qui concerne la compétence du magistrat désigné :

7. L'arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français pris à l'encontre de M. A étant intervenu avant le 15 juillet 2024, les conclusions dirigées contre cet arrêté doivent être examinées selon les modalités définies par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur rédaction antérieure à l'entrée en vigueur de la loi n° 2024-42 eu 26 janvier 2024 et du décret n° 2024-799 du 2 juillet 2024.

8. Par un arrêté du 6 août 2024, le préfet du Gers a prononcé l'assignation à résidence de M. A sur le fondement de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il appartient dès lors au magistrat désigné par le président du tribunal administratif, en application des dispositions des articles L. 614-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 776-17 du code de justice administrative, de statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le délai de départ volontaire ainsi que, en tant qu'elles s'y rattachent, sur les conclusions accessoires à fin d'injonction. La formation collégiale du tribunal reste saisie des conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour et, en tant qu'elles s'y rattachent, des conclusions accessoires à fin d'injonction. Par suite, il y a lieu de renvoyer en formation collégiale les conclusions du requérant relatives à la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ainsi que les conclusions annexes y afférentes.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

S'agissant du moyen tiré, par voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour :

9. En premier lieu, l'arrêté du 13 juin 2024 vise notamment l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié, ainsi que l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquels le préfet du Gers s'est fondé pour refuser d'admettre M. A au séjour, ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. En outre, l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à faire état de l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, mentionne avec suffisamment de précisions les circonstances de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé pour refuser de délivrer à M. A un titre de séjour, et notamment l'ancienneté de son séjour en France et sa situation familiale et professionnelle. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour doit être écarté.

10. En deuxième lieu, il ne ressort pas de la motivation de l'arrêté en litige, dont aucune disposition législative ou réglementaire n'impose qu'elle retrace de manière exhaustive l'ensemble des circonstances, notamment de fait, propres à la situation de l'intéressé dont l'administration avait connaissance à la date de l'édiction de la mesure en litige, à laquelle s'apprécie sa légalité, ni des autres pièces du dossier, que le préfet du Gers n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de M. A.

11. En troisième lieu, il ne ressort ni des mentions de l'arrêté contesté, ni des pièces du dossier que le préfet du Gers aurait retenu l'existence d'une fraude pour refuser d'admettre M. A au séjour. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

12. En quatrième lieu, si M. A soutient résider sur le territoire français depuis plus de dix années, sa présence en France n'est attestée au plus tôt qu'au 6 avril 2021, date à laquelle il a signé un contrat à durée indéterminée. Il ressort en outre des pièces du dossier que l'intégration professionnelle du requérant, établie par des bulletins de salaire pour les mois de février à juillet 2022 et le contrat susmentionné, était récente à la date d'édiction de la décision contestée. Par ailleurs, M. A, célibataire et sans charge de famille, ne fait pas état de liens personnels ou familiaux sur le territoire français et n'établit pas être dépourvu d'attaches personnelles dans son pays d'origine où résident sa mère et ses frères et sœurs. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de l'admettre au séjour, le préfet du Gers aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

13. Il résulte de ce qui précède que M. A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour contenue dans l'arrêté du 13 juin 2024, il n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet.

S'agissant des autres moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, lorsque l'obligation de quitter le territoire français est fondée, comme c'est le cas en l'espèce, sur les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 de ce même code, elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle du refus de séjour, laquelle était, ainsi qu'il a été dit au point 9, suffisante. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la mesure d'éloignement ne peut qu'être écarté.

15. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Gers n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de M. A.

16. En troisième lieu, si l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne concerne non les États membres, mais uniquement les institutions, les organes et les organismes de l'Union, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Toutefois, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui se borne à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu, n'établit pas qu'il aurait disposé d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la décision attaquée et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle cette décision. Le moyen tiré de la violation du droit d'être entendu ne peut qu'être écarté.

En en ce qui concerne la légalité de la décision fixant un délai de départ volontaire :

17. En premier lieu, la décision par laquelle le préfet du Gers a accordé à M. A un délai de départ volontaire de trente jours vise l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui en constitue le fondement, et indique que le requérant ne fait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.

18. En deuxième lieu, M. A, qui se borne à soutenir que la décision par laquelle le préfet du Gers lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours a été édictée en méconnaissance du principe du contradictoire et de son droit à être entendu, n'établit pas qu'il aurait disposé d'informations pertinentes qu'il aurait été empêché de communiquer à l'autorité préfectorale avant que ne soit prise cette décision et qui auraient été de nature à faire obstacle à son édiction. Par suite, ce moyen doit être écarté.

19. En troisième lieu, M. A n'invoque aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ supérieur à trente jours lui soit accordé. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision par laquelle le préfet du Gers lui a accordé un délai de départ de trente jours serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :

20. En premier lieu, il ressort des mentions de la décision contestée que celle-ci vise les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et indique que M. A n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à cette convention en cas de retour dans son pays d'origine. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit, par suite, être écarté.

21. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Gers ne se serait pas livré à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de M. A préalablement à l'édiction de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.

22. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

23. M. A n'établit pas qu'en cas de retour dans son pays d'origine, il serait personnellement exposé à un risque de traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, ce moyen doit être écarté.

24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A et tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 juin 2024 du préfet du Gers en tant qu'il l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du préfet du Gers du 6 août 2024 :

25. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 731-2 du même code : " L'étranger assigné à résidence en application de l'article L. 731-1 peut être placé en rétention en application de l'article L. 741-1, lorsqu'il ne présente plus de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3 ". Il résulte de ces dispositions que le préfet peut prendre à l'encontre d'un étranger qui fait l'objet d'une décision d'éloignement et qui présente des garanties propres à prévenir le risque de soustraction à l'exécution de la mesure d'éloignement, une mesure d'assignation à résidence.

26. En premier lieu, la décision par laquelle le préfet du Gers a assigné M. A à résidence pour une durée de quarante-cinq jours comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.

27. En deuxième lieu, M. A soutient que la mesure d'assignation à résidence prononcée à son encontre n'est pas nécessaire dès lors qu'il dispose de garanties de représentation suffisantes. Toutefois, il ressort des termes mêmes de l'article L. 731-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'une telle mesure est précisément prévue lorsque l'étranger présente des garanties de représentation suffisantes. Il ne fait en outre valoir aucune circonstance particulière dont il ressortirait qu'une telle mesure aurait des conséquences excessives sur sa situation personnelle. Le moyen tiré de ce que cette décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit, par suite, être écarté.

28. En troisième lieu, M. A n'apporte aucune précision particulière quant à sa situation personnelle et qui serait de nature à faire obstacle à une mesure d'assignation à résidence. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que cette décision porterait une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir doit être écarté.

29. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 733-1 de ce code : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie () ". L'article L. 733-2 de ce code dispose : " L'autorité administrative peut, aux fins de préparation du départ de l'étranger, lui désigner, en tenant compte des impératifs de la vie privée et familiale, une plage horaire pendant laquelle il demeure dans les locaux où il réside, dans la limite de trois heures consécutives par période de vingt-quatre heures. () ".

30. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de vérifier que l'administration pouvait légalement prendre une mesure d'assignation à résidence à l'encontre d'un étranger et de vérifier que l'administration n'a pas commis d'erreur d'appréciation dans le choix des modalités de cette mesure d'assignation.

31. La décision portant assignation à résidence est assortie d'une astreinte obligeant M. A à se présenter " tous les jours de la semaine à 10h00 " au commissariat de police d'Auch aux fins d'y confirmer sa présence, une telle mesure étant justifiée, selon les termes de la décision contestée, par la circonstance tirée de ce qu'une " mesure de pointage, tous les jours de la semaine en attente d'une perspective raisonnable de la décision d'éloignement, est apparue nécessaire et appropriée ". Or, il est constant que M. A dispose d'une adresse stable à Auch et a remis à l'autorité préfectorale son passeport en cours de validité. Par ailleurs, si le préfet du Gers fait valoir en défense que l'intéressé n'a pas satisfait à ses obligations de pointage au cours de l'année 2022, cette seule circonstance n'est pas de nature à démontrer l'aggravation du risque que l'intéressé se soustraie à ses obligations. La mesure d'astreinte à se présenter quotidiennement aux services de police, et alors au demeurant qu'il n'est pas précisé si une telle obligation était étendue au samedi et au dimanche, étant disproportionnée, le préfet du Gers a commis une erreur d'appréciation dans le choix des modalités des mesures d'assignation à résidence. Cette illégalité justifie néanmoins seulement l'annulation des modalités de contrôle qui sont divisibles de la mesure d'assignation à résidence elle-même.

32. Il résulte de ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du préfet du Gers du 6 août 2024 en tant qu'elle l'a astreint à se présenter aux services de police d'Auch tous les jours de la semaine à 10h00.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

33. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A doivent être rejetées.

Sur les frais du litige :

34. M. A a été admis de façon provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Gontier, avocat du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Gontier de la somme de 600 euros.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les conclusions de la requête n° 2401726 de M. A dirigées contre la décision portant refus de séjour contenue dans l'arrêté du 13 juin 2024 du préfet du Gers et les conclusions accessoires qui s'y rattachent sont renvoyées devant une formation collégiale du tribunal administratif de Pau.

Article 3 : La décision du 6 aout 2024 par laquelle le préfet du Gers a assigné M. A à résidence est annulée en tant qu'elle l'astreint à se présenter tous les jours de la semaine à 10h00 au commissariat d'Auch.

Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Gontier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ce dernier versera à Me Gontier, avocat de M. A, une somme de 600 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes n° 2401726 et n° 2402034 est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet du Gers et à Me Gontier.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 20 août 2024.

La magistrate désignée,

L. CLa greffière,

A. STRZALKOWSKA

La République mande et ordonne au préfet du Gers en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°s 2401276, 2402034

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions