vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2401776 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Dabadie, avocat, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner à l'Agence nationale des titres sécurisés, sur le fondement des dispositions des articles L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer son permis de conduire, et ce, sous astreinte de 100 € par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Agence nationale des titres sécurisés une somme de 1500 € euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- son permis de conduire lui a été retiré à la suite d'un contrôle routier pour conduite d'un véhicule à moteur en dépit de l'annulation judiciaire de ce permis, alors que ce dernier lui avait été restitué après que sa peine a été entièrement exécutée ;
- il n'est pas dans l'obligation de repasser l'épreuve pratique de conduite, ce qu'a reconnu l'Agence nationale des titres sécurisés ;
- l'urgence est caractérisée par les circonstances qu'il réside dans un petit village mal desservi, qu'il exerce la profession d'artisan en été, et celle de moniteur de ski en hiver.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par ordonnance pénale du 4 novembre 2022, le président du tribunal judiciaire de Tarbes a prononcé l'annulation du permis de conduire de M. B, assortie d'une interdiction de conduire un véhicule sans dispositif d'anti-démarrage par éthylotest électronique pendant une durée de cinq mois. M. B s'est vu restituer son permis de conduire le 6 mars 2023. Toutefois, à la suite d'un contrôle routier, l'intéressé s'est vu à nouveau retirer le 29 janvier 2024 son permis de conduire pour conduite d'un véhicule à moteur malgré l'annulation judiciaire de ce permis. M. B demande que l'Agence nationale des titres sécurisés lui délivre un nouveau permis de conduire.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Si M. B soutient qu'il réside dans un village isolé et qu'il est artisan et moniteur de ski, il ne produit aucune pièce justificative au soutien de ses allégations, et ces seules circonstances sont insuffisantes pour démontrer l'existence d'une situation d'urgence. Par suite, les conclusions de la requête de M. B présentées sur le fondement des articles L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
5. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le juge des référés ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent dès lors être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Pau, le 12 juillet 2024.
Le juge des référés,
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition :
La greffière :
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026