mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2401777 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PECASSOU LOGEAIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 juillet 2024, M. et Mme A, représentés par Me Cazeau, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 12 juillet 2023 par lequel le maire de Ciboure a accordé à Mme B un permis de construire une extension de sa maison principale et de son garage et l'autorisant à changer la destination de sa cave en espace professionnel recevant du public, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Ciboure une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-ils justifient d'un intérêt à agir en leur qualité de voisins immédiats du terrain d'assiette du projet en litige, lequel est de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leur bien ; il va leur causer, en raison de son volume, de sa proximité immédiate et de son orientation, plusieurs troubles : perte d'ensoleillement et d'éclairage, perte de vue, nuisances sonores, vis-à-vis, préjudice esthétique, perte de valeur vénale de leur bien ainsi que des problèmes de stationnement en raison de l'installation d'un local professionnel d'une capacité d'accueil d'une vingtaine de personnes ;
-l'urgence est présumée et la pétitionnaire va profiter des travaux d'amélioration de la voie publique en cours pour précipiter la réalisation des siens ;
- des moyens sont, en outre, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de ce permis de construire, dès lors que :
*l'arrêté en litige a été pris par une autorité incompétente ;
*l'arrêté est entaché d'un vice de procédure dès lors que l'avis de l'architecte des bâtiments de France aurait dû être recueilli, le projet étant situé dans le périmètre de 500 mètres de la croix blanche de Ciboure, répertoriée au titre des monuments historiques ;
*le dossier de demande de permis est incomplet et méconnait les dispositions du a) de l'article R. 431-7, le 1° et le e) du 2° de l'article R. 431-8, l'article R. 431-9, l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme en ce que le plan fourni ne situe pas le terrain à l'intérieur de la commune ni ne décrit la végétation existante ou à venir, ne permet pas de connaître l'emplacement des réseaux, en ce que le dossier de demande ne comprend aucun plan des toitures, le terrain naturel n'est pas représenté sur le plan de coupe, aucun élément ne permet d'apprécier l'insertion du projet par rapport au voisinage direct et le projet n'est pas correctement identifié dans l'environnement lointain ;
*le dossier de demande ne comprend pas l'attestation de l'accord du voisin requis dès lors que le projet prend appui sur un mur mitoyen ;
*le projet méconnaît l'article UB 5 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Ciboure relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives dans la mesure où le bâtiment projeté est implanté comme si sa largeur dépassait 10 mètres, ce qui n'est pas le cas ;
*il méconnaît l'article UB 9 du PLU dès lors que les plans fournis ne permettent pas de vérifier la conformité de la pente de la toiture, indéterminée, et de la hauteur des clôtures en limite séparative ;
*il méconnaît l'article UB 12 du PLU en ce que le dossier n'indique pas le nombre de places de stationnement créées pour l'espace professionnel recevant du public, ni la nature professionnelle de ce local pour déterminer le nombre de place à créer ;
*il méconnaît l'article UB 13 du PLU dès lors qu'en l'absence d'indication de la nature professionnelle du local transformé, et donc de l'affluence qu'il va générer, l'administration n'a pu vérifier le respect de cet article qui détermine les conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et d'accès aux voies ouvertes au public ;
*il méconnaît l'article UB 14 du PLU dès lors qu'aucune information n'est fournie quant aux conditions de desserte du projet par les réseaux publics.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2024, la commune de Ciboure, représentée par Me Logeais, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'elle n'entend pas contester la recevabilité temporelle du référé, ni la condition d'urgence mais qu'en revanche aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité du permis en litige.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 20 décembre 2023 sous le numéro 2303262 par laquelle M. et Mme A demandent l'annulation de l'arrêté attaqué.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme F pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 19 juillet 2024 à 10h en présence de Mme Strzalkowska, greffière d'audience, Mme F a lu son rapport et entendu :
-les observations de Me Cazeau, représentant M. et Mme A, qui confirment les conclusions et moyens développés dans les écritures, en soulignant que le caractère incomplet du dossier, en l'absence d'élément faisant apparaître la maison, ne permet pas d'apprécier l'insertion du projet dans cette lignée de maisons composant un ensemble harmonieux et en faisant valoir, en outre, que le projet se situe dans un lotissement dont le cahier des charges interdit les locaux professionnels, ce qui fera l'objet d'une procédure distincte devant le juge judiciaire ;
-les observations de Me Logeais, représentant la commune de Ciboure, qui confirme ses écritures, en soulignant que les requérants n'indiquent pas en quoi les éventuelles insuffisances du dossier de demande auraient été de nature à fausser l'appréciation des services instructeurs sur la conformité du projet à la règlementation applicable, ils ne soulèvent d'ailleurs pas de moyens de fond relatifs à l'insertion du projet dans son environnement ; que le dossier précise bien que la partie de l'extension à usage de bureaux vise à installer un salon de massage de 19 m² ce qui n'induira pas une augmentation du trafic routier telle que la voie de desserte serait inadaptée ou présenterait un risque pour la sécurité des usagers.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 10h34.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 12 juillet 2023, le maire de Ciboure a délivré à Mme B un permis de construire une extension de sa maison principale et de son garage et l'autorisant à changer la destination de sa cave en espace professionnel recevant du public, sur un terrain situé 43 avenue Joseph Abeberry. Par la présente requête, M. C A et Mme E D épouse A, voisins du projet, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté, dont ils ont sollicité l'annulation par une requête au fond, enregistrée le 20 décembre 2023 sous le n° 2303262.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
En ce qui concerne l'urgence :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " Aux termes de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " Un recours dirigé contre () un permis de construire, () ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite ". En application de l'article R. 600-5 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif, lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. La construction d'un bâtiment autorisée par un permis de construire présente un caractère difficilement réversible et, par suite, lorsque la suspension d'un permis de construire est demandée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la condition d'urgence est en principe satisfaite ainsi que le prévoit l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme. Il ne peut en aller autrement que dans le cas où le pétitionnaire ou l'autorité qui a délivré le permis justifie de circonstances particulières. Il appartient alors au juge des référés de procéder à une appréciation globale de l'ensemble des circonstances de l'espèce qui lui est soumis.
4. Il résulte de l'instruction de la requête susvisée enregistrée sous le n° 2303262 à laquelle, est associée la présente requête, que le premier mémoire en défense a été produit par la pétitionnaire le 16 mai 2024 et qu'il a été communiqué et consulté dans l'application Télérecours par l'avocat des requérants le 23 mai suivant. La cristallisation des moyens soulevés dans la requête en annulation n'était donc pas intervenue à la date à laquelle le référé suspension a été introduit le 11 juillet 2024. Il résulte de l'instruction qu'aucune circonstance particulière de l'espèce ne justifie d'écarter la présomption résultant des dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme. La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit, par suite, être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité :
5. En l'état de l'instruction, aucun des moyens susvisés, invoqués par M. et Mme A, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de l'arrêté attaqué doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Ciboure, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, une somme que demandent les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, sur le fondement de ces dispositions, de mettre à la charge des requérants une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Ciboure.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : M. et Mme A verseront à la commune de Ciboure, une somme de 1 000 euros (mille euros) sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et Mme E D épouse A, à Mme B et à la commune de Ciboure.
Fait à Pau, le 24 juillet 2024.
Le juge des référés, La greffière,
M. F G
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026