jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2401800 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juillet 2024, M. A, représenté par Me Gourgues, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder à titre provisoire le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de l'orienter vers un hébergement d'urgence, dans un délai de 24 heures sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du département des Pyrénées-Atlantiques une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est sans hébergement et sans ressources ;
- la carence du département dans l'accomplissement de ses obligations d'hébergement d'urgence des mineurs isolés constitue une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale et, plus généralement, à l'intérêt supérieur de l'enfant lorsqu'elle entraîne des conséquences graves ;
- le rapport d'évaluation sociale des services du département conclut qu'il est un mineur isolé sur le territoire et particulièrement vulnérable ;
- le document d'identité qu'il a fourni bénéficie d'une présomption d'authenticité en application de l'article 47 du code civil ;
Par un mémoire en défense, enregistrés le 17 juillet 2024, le département des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Caloone, greffier d'audience, Mme D a lu son rapport et entendu :
-les observations de Me Gourgues, représentant M. A, présent, qui confirme ses écritures en indiquant que M. A n'a jamais été scolarisé, ce qui induit qu'il n'y a pas d'incohérence entre son récit et les mentions portées sur la copie d'extrait d'acte de naissance suivant jugement supplétif du 9 octobre 2023, notamment quant à la profession de son père, qui est âgé et ne peut plus travailler aujourd'hui et quant à sa ville de naissance, il a pu naître à Bamako et grandir à Diéma comme il l'a déclaré lors de son évaluation ; il est le seul jeune homme de sa famille en âge de travailler, son oncle l'a amené en Europe, après avoir traversé le Mali, la Mauritanie, le Maroc et pris une embarcation sur laquelle il a vécu des évènements traumatisants, à son arrivée en Espagne, il a suivi des jeunes de son âge se rendant en France ; s'il a pu exprimer le souhait de revoir sa mère, cela est cohérent avec son jeune âge ; enfin, il vit aujourd'hui à la rue, livré à lui-même sans accès à l'eau potable, aux toilettes et aux soins ;
- les observations de M. B, juriste et de Mme C, inspectrice au service de l'aide sociale à l'enfance, représentant le département des Pyrénées-Atlantiques, qui rappellent que M. A a fait l'objet d'un accueil provisoire d'une durée bien supérieure aux cinq jours règlementaires pour lui offrir un moment de répits ; ils ajoutent que le département n'est pas lié par le rapport d'évaluation et s'est fondé sur l'ensemble des éléments en sa position, sans réaliser d'investigation supplémentaire ni consulter le fichier AEM - aide à l'évaluation de la minorité car l'intéressé venait d'Espagne, pays qui ne procède pas au fichage et conçoivent qu'il y a nécessairement une part de subjectivité dans l'appréciation de la minorité ; ils insistent sur la possibilité de combattre par tout moyen la présomption d'authenticité des actes d'état civil prévue à l'article 47 du code civil et qu'en l'espèce, aucun élément ne permet de relier le document produit à la personne de M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 15h22.
Considérant ce qui suit :
1. M. E A, ressortissant malien, né le 31 décembre 2008, a sollicité sa prise en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance auprès du département des Pyrénées-Atlantiques. Par une décision du 12 avril 2024, le président du conseil départemental a mis fin à son accueil provisoire et refusé de poursuivre sa prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance au motif que l'intéressé n'avait pas la qualité de mineur isolé. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à cette autorité de l'orienter vers un hébergement d'urgence.
Sur la demande d'admission provisoire d'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus, relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
4. D'une part, l'article 375 du code civil dispose que : " Si la santé, la sécurité ou la moralité d'un mineur non émancipé sont en danger, ou si les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises, des mesures d'assistance éducative peuvent être ordonnées par justice à la requête des père et mère conjointement, ou de l'un d'eux, de la personne ou du service à qui l'enfant a été confié ou du tuteur, du mineur lui-même ou du ministère public () ". Aux termes de l'article 375-3 du même code : " Si la protection de l'enfant l'exige, le juge des enfants peut décider de le confier : / () 3° A un service départemental de l'aide sociale à l'enfance () ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article 373-5 de ce code : " A titre provisoire mais à charge d'appel, le juge peut, pendant l'instance, soit ordonner la remise provisoire du mineur à un centre d'accueil ou d'observation, soit prendre l'une des mesures prévues aux articles 375-3 et 375-4. / En cas d'urgence, le procureur de la République du lieu où le mineur a été trouvé a le même pouvoir, à charge de saisir dans les huit jours le juge compétent, qui maintiendra, modifiera ou rapportera la mesure. () ".
5. L'article L. 221-1 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " Le service de l'aide sociale à l'enfance est un service non personnalisé du département chargé des missions suivantes : 1° Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique tant aux mineurs () confrontés à des difficultés risquant de mettre en danger la santé, la sécurité, la moralité de ces mineurs ou de compromettre gravement leur éducation ou leur développement physique, affectif, intellectuel et social, qu'aux mineurs émancipés et majeurs de moins de vingt et un ans confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives susceptibles de compromettre gravement leur équilibre ; / () 4° Pourvoir à l'ensemble des besoins des mineurs confiés au service et veiller à leur orientation () ". Aux termes du II de l'article L. 221-2-4 du même code : " En vue d'évaluer la situation de la personne mentionnée au I et après lui avoir permis de bénéficier d'un temps de répit, le président du conseil départemental procède aux investigations nécessaires au regard notamment des déclarations de cette personne sur son identité, son âge, sa famille d'origine, sa nationalité et son état d'isolement.() / Sauf lorsque la minorité de la personne est manifeste, le président du conseil départemental, en lien avec le représentant de l'Etat dans le département, organise la présentation de la personne auprès des services de l'Etat afin qu'elle communique toute information utile à son identification et au renseignement, par les agents spécialement habilités à cet effet, du traitement automatisé de données à caractère personnel prévu à l'article L. 142-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le représentant de l'Etat dans le département communique au président du conseil départemental les informations permettant d'aider à la détermination de l'identité et de la situation de la personne. () Il statue sur la minorité et la situation d'isolement de la personne, en s'appuyant sur les entretiens réalisés avec celle-ci, sur les informations transmises par le représentant de l'Etat dans le département ainsi que sur tout autre élément susceptible de l'éclairer. " L'article L. 222-5 du même code prévoit que : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : () / 3° Les mineurs confiés au service en application du 3° de l'article 375-3 du code civil () ". L'article L. 223-2 de ce code dispose que : " Sauf si un enfant est confié au service par décision judiciaire ou s'il s'agit de prestations en espèces, aucune décision sur le principe ou les modalités de l'admission dans le service de l'aide sociale à l'enfance ne peut être prise sans l'accord écrit des représentants légaux ou du représentant légal du mineur ou du bénéficiaire lui-même s'il est mineur émancipé. / En cas d'urgence et lorsque le représentant légal du mineur est dans l'impossibilité de donner son accord, l'enfant est recueilli provisoirement par le service qui en avise immédiatement le procureur de la République. / () Si, dans le cas prévu au deuxième alinéa du présent article, l'enfant n'a pas pu être remis à sa famille ou le représentant légal n'a pas pu ou a refusé de donner son accord dans un délai de cinq jours, le service saisit également l'autorité judiciaire en vue de l'application de l'article 375-5 du code civil ".
6. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe aux autorités du département, le cas échéant dans les conditions prévues par la décision du juge des enfants, de prendre en charge l'hébergement et de pourvoir aux besoins des mineurs confiés au service de l'aide sociale à l'enfance. A cet égard, une obligation particulière pèse sur ces autorités lorsqu'un mineur privé de la protection de sa famille est sans abri et que sa santé, sa sécurité ou sa moralité est en danger. Lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour le mineur intéressé, une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette mission porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
7. Il en résulte également que, lorsqu'il est saisi par un mineur d'une demande d'admission à l'aide sociale à l'enfance, le président du conseil départemental peut seulement, au-delà de la période provisoire de cinq jours prévue par l'article L. 223-2 du code de l'action sociale et des familles, décider de saisir l'autorité judiciaire mais ne peut, en aucun cas, décider d'admettre le mineur à l'aide sociale à l'enfance sans que l'autorité judiciaire l'ait ordonné. L'article 375 du code civil autorise le mineur à solliciter lui-même le juge judiciaire pour que soient prononcées, le cas échéant, les mesures d'assistance éducative que sa situation nécessite. Lorsque le département refuse de saisir l'autorité judiciaire à l'issue de l'évaluation mentionnée au point 4 ci-dessus, au motif que l'intéressé n'aurait pas la qualité de mineur isolé, l'existence d'une voie de recours devant le juge des enfants par laquelle le mineur peut obtenir son admission à l'aide sociale rend irrecevable le recours formé devant le juge administratif contre la décision du département.
8. Il appartient toutefois au juge du référé, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, lorsqu'il lui apparaît que l'appréciation portée par le département sur l'absence de qualité de mineur isolé de l'intéressé est manifestement erronée et que ce dernier est confronté à un risque immédiat de mise en en danger de sa santé ou de sa sécurité, d'enjoindre au département de poursuivre son accueil provisoire.
9. D'autre part, l'article 47 du code civil dispose que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".
10. Il résulte de l'instruction que pour refuser de poursuivre la prise en charge de M. A au motif que sa minorité n'était pas avérée, le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, dans une décision du 12 avril 2024, s'est fondé sur le caractère stéréotypé du récit de son parcours migratoire, sur les contradictions apparues entre les mentions de l'acte d'état civil produit et les déclarations recueillies et sur un nouvel entretien avec le jeune homme à la voix grave et assurée et au comportement adulte.
11. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté en défense que M. A se trouve privé d'hébergement et de toute prise en charge de ses besoins essentiels. En outre, aucun élément objectif ne permet à ce jour de remettre en doute son isolement sur le territoire français. Dans ces conditions, compte tenu de la situation de particulière vulnérabilité de M. A, dépourvu d'hébergement et de ressources lui permettant de subvenir à ses besoins fondamentaux, et contraint de dormir à la rue, ce qui l'expose nécessairement à des risques d'atteinte à son intégrité physique, et dans l'attente qu'il soit statué par le juge des enfants sur sa demande de mesure de protection, la condition d'urgence requise par l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit, dans les circonstances de l'espèce, être regardée comme satisfaite.
12. Si le conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques allègue que la copie d'extrait d'acte de naissance, suivant jugement supplétif rendu par le tribunal de grande instance de Bamako le 9 octobre 2023 et assortie du sceau de l'officier d'état civil, est dépourvue d'élément d'identification susceptible d'établir un lien entre sa personne et l'acte d'état-civil qu'il produit, ces considérations ne sauraient suffire à remettre en cause l'authenticité de ce document alors au demeurant que rien ne faisait obstacle à ce que l'administration mette en œuvre les moyens d'appui à l'évaluation de la minorité mis à sa dispositions par l'article L. 221-2-4 du code de l'action sociale et des famille, d'autant que M. A, lors de l'entretien d'évaluation, interrogé sur une éventuelle prise d'empreintes à son arrivée en Espagne, a répondu " avoir mis ses mains sur quelque chose ".
12. En outre, dès le 9 février 2024, M. A a été accueilli par la structure OGFA et a fait l'objet de l'évaluation pluridisciplinaire par les services de l'aide sociale à l'enfance prévue à l'article L. 223-2 du code de l'action sociale et des familles. Si le rapport d'évaluation fait état de déclarations lacunaires et incohérentes sur son quotidien et son environnement familial, il relève aussi que cela s'explique par la faible scolarisation de l'intéressé. Bien que le rapport relève le caractère similaire du récit de M. A à celui de nombreux autres récits, il a noté chez lui une fragilité due à son parcours migratoire au cours duquel il a vécu des évènements traumatisants, exigeant d'être vigilant sur sa santé mentale. Il conclut que, au regard du comportement et du développement physique observé, les traits de son visage et sa corpulence, lesquels ont d'ailleurs pu être constatés lors de l'audience, laissent à voir un individu pouvant être mineur. Par ailleurs, outre qu'aucun compte rendu du dernier entretien individuel mené avec l'intéressé par les services du département qui viendrait contredire l'évaluation n'est produit, sa minorité ne saurait être remise en cause en accordant autant de crédit aux seules déclarations d'une personne sans tenir compte de sa vulnérabilité et du faible niveau de scolarisation pourtant relevés par les évaluateurs.
13. Dans ces conditions, la conjonction des différents éléments en présence ne permettait pas de conclure avec certitude à la majorité de l'intéressé. Dès lors, en l'état de l'instruction et à la date de la présente ordonnance, l'appréciation portée par le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques sur le défaut de qualité de mineur isolé de l'intéressé, apparaît, en l'état de l'instruction, manifestement erronée. Par suite, son refus de poursuivre la prise en charge de M. A révèle, de sa part, une atteinte grave et manifestement illégale au droit à l'hébergement et à la prise en charge éducative d'un enfant mineur.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques d'assurer l'hébergement de M. A dans une structure adaptée à son âge, jusqu'à ce que l'autorité judiciaire se prononce sur la question relative à sa minorité, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
11. M. A a été admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. En application de ces dispositions et de celles de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques le versement d'une somme de 800 euros à Me Gourgues, avocat de M. A sous réserve pour celui-ci de renoncer à la part contributive de l'Etat.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il est enjoint au conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques d'assurer l'hébergement de M. A dans une structure adaptée à son âge, jusqu'à ce que l'autorité judiciaire se soit prononcée sur la question relative à sa minorité, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Le conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques versera la somme de 800 (huit cent) euros à Me Gourgues au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve pour ce conseil de renoncer à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E A et au président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques.
Fait à Pau, le 18 juillet 2024 .
Le juge des référés, La gréffière,
M. D M. CALOONE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
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03/08/2026