lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2401860 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juillet 2024, M. C demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 25 juin 2024 par laquelle le préfet de la Corrèze a rejeté sa demande de titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Corrèze de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 700 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) l'assistance d'un avocat commis d'office.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que le tribunal administratif de Limoges ayant statué sur ses conclusions tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français a renvoyé ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus de séjour devant une formation collégiale ;
- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il est actuellement au centre de rétention administrative d'Hendaye en vue de son éloignement alors que la décision ayant rejeté sa demande de titre de séjour n'a pas été examinée par la juridiction administrative ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dans la mesure où :
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est entachée d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire garanti par les dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations ;
* elle est entachée d'erreur de faits, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors que, compte tenu de son parcours, n'ont pas été pris en considération les éléments tirés de son activité professionnelle et de l'importance de ses attaches privées et familiales en France et que l'existence d'une menace à l'ordre public que représenterait son comportement n'est pas établie, les infractions sur lesquelles s'appuie le préfet sont anciennes ou échappent à la qualification d'aide à l'entrée et au séjour irréguliers d'étrangers en application des 1° et 3° de l'article L. 823-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il est arrivé en France en 1988, à l'âge de 4 ans, dans le cadre du regroupement familial, et où il réside régulièrement depuis plus de 20 ans ainsi que l'intégralité de sa famille ; le préfet de la Corrèze aurait dû examiner d'office son droit au séjour en application des articles L. 423-14 et L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée devant le tribunal administratif de Limoges le 27 juin 2024 sous le numéro 2401150 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, d'une part, l'article R. 312-1 du code de justice administrative prévoit que : " Lorsqu'il n'en est pas disposé autrement par les dispositions de la section 2 du présent chapitre ou par un texte spécial, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège l'autorité qui, soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision attaquée () ". Par dérogation, l'article R. 312-8 du même code dispose que : " Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions. Aux termes de l'article R. 221-3 de ce code : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : () Limoges : Corrèze, Creuse, Indre, Haute-Vienne () ".
2. D'autre part, l'article R. 522-8-1 du code de justice administrative dispose que : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ".
3. Par la présente requête M. C demande au juge des référés de suspendre la décision du 25 juin 2024 par laquelle le préfet de la Corrèze a rejeté sa demande de titre de séjour. Sa requête concerne ainsi une mesure en matière de police des étrangers. Selon l'article R. 312-8 du code de justice administrative, le critère de la compétence territoriale en première instance pour une mesure de police est le lieu de résidence du requérant à la date de la décision attaquée. Or, il ressort des pièces du dossier et des écritures du requérant qu'à la date de la décision du 25 juin 2024 dont la suspension est demandée, il résidait dans le département de la Corrèze, où il a d'ailleurs été assigné à résidence par une décision du même jour, qui relève du ressort du tribunal administratif de Limoges en application de l'article R. 221-3 du code de justice administrative. Ainsi, alors même que, postérieurement à la décision litigieuse, le requérant a été placé en rétention au centre de rétention administrative d'Hendaye, il y a lieu, sur le fondement des dispositions de l'article R. 522-8-1 du code de justice administrative, de rejeter la requête de M. C en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C.
Fait à Pau, le 22 juillet 2024.
Le juge des référés,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière :
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026