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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2401896

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2401896

vendredi 13 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2401896
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Pau a rejeté la requête de M. B, qui contestait le refus du président du conseil départemental des Landes de lui accorder la carte mobilité inclusion mention "stationnement" pour son fils. La requête a été jugée irrecevable car M. B n'a pas produit la décision attaquée ni justifié avoir formé le recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles. De plus, malgré une demande de régularisation, il n'a pas fourni les éléments médicaux suffisants pour étayer son moyen. L'ordonnance se fonde sur les 4° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2024, M. A B conteste la décision du 26 mars 2024 par laquelle le président du conseil départemental des Landes a refusé de lui accorder le bénéfice de la carte mobilité inclusion mention " stationnement " au bénéfice de son fils C B.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".

2. D'une part, aux termes de l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ". L'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles dispose : " Le recours préalable obligatoire formé contre une décision relative à la carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est formé, par tout moyen lui conférant date certaine, devant le président du conseil départemental. () ". Il résulte de ces dispositions du code de l'action sociale et des familles que la personne qui entend contester une décision relative à l'attribution de la carte mobilité inclusion doit obligatoirement, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable devant l'autorité compétente. Seule la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable obligatoire est susceptible d'être déférée devant le tribunal, en ce qu'elle se substitue à la décision initiale.

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation () qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

4. M. B conteste la décision du 26 mars 2024 par laquelle le président du conseil départemental des Landes a refusé de lui accorder le bénéfice de la carte mobilité inclusion mention " stationnement " au bénéfice de son fils. Toutefois, il ne joint pas à sa requête, qui n'est accompagnée que d'une décision relative à la carte mobilité inclusion mention " invalidité ou priorité ", la décision qu'il conteste et ne justifie pas davantage avoir formé contre cette décision, préalablement à la saisine du tribunal, le recours administratif préalable prévu par les dispositions de l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles. En outre, il se borne à faire valoir, au soutien de sa requête, que son fils est atteint d'un diabète de type I qui nécessite notamment que ses parents l'accompagnent à l'ensemble de ses rendez-vous médicaux, ainsi que lors des sorties scolaires et activités extrascolaires. Ce faisant, il n'apporte pas suffisamment d'éléments, notamment médicaux, permettant d'apprécier si le handicap de son fils est tel qu'il impose qu'il l'accompagne dans ses déplacements.

5. Par un courrier recommandé du 26 juillet 2024, l'intéressé a été invité par le greffe du tribunal à régulariser sa requête en produisant la décision du président du conseil départemental statuant sur son recours administratif préalable, ou la pièce justifiant de la date de dépôt d'un tel recours, ainsi qu'en complétant sa motivation à l'aide d'un formulaire prérempli, et ce dans le délai d'un mois. Toutefois, ce pli a été retourné au tribunal portant la mention " pli avisé et non réclamé ", de sorte qu'il doit être regardé comme ayant été régulièrement notifié le jour de sa présentation au domicile de l'intéressé, soit le 29 juillet 2024.

6. Le requérant, qui n'a donc pas retourné au tribunal ce formulaire, n'a ni justifié avoir exercé son recours administratif préalable, ni complété la motivation de sa requête. Ainsi, sa requête, qui n'a pas été régularisée dans le délai imparti, doit être rejetée comme irrecevable, en application des dispositions précitées des 4° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Pau, le 13 septembre 2024.

La vice-présidente du tribunal,

S. PERDU

La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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