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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2402061

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2402061

lundi 26 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2402061
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Pau a examiné les recours de M. D, ressortissant albanais, contre un arrêté du préfet du Gers du 4 août 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi, prononçant une interdiction de retour de deux ans, et l'assignant à résidence. Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, de l'insuffisance de motivation, du défaut d'examen sérieux, de l'erreur manifeste d'appréciation, et de la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Il a considéré que les décisions étaient légalement justifiées au regard des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et du code des relations entre le public et l'administration. En conséquence, le tribunal a rejeté les requêtes de M. D.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 9 août 2024 sous le n° 2402061 et des mémoires en production de pièces enregistrés les 15 et 20 août 2024, M. C D, représenté par Me Machado Torres, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 août 2024 par lequel le préfet du Gers lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet du Gers de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de supprimer le signalement dont il fait l'objet dans le système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article 34 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de la renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- l'arrêté est signé par une personne incompétente ;

En ce qui concerne la mesure d'éloignement :

- elle est insuffisamment motivée ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ :

- elle est insuffisamment motivée ;

- le préfet a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation dans l'application des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est entachée d'un vice de procédure résultant de l'absence d'application du principe du contradictoire prévu à l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle n'est pas motivée ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la déclaration européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation de sa situation et manifestement disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2024, le préfet du Gers conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. D n'est fondé.

II. Par une requête, enregistrée le 9 août 2024 sous le n° 242062 et un mémoire en production de pièces enregistré le 15 août 2024, M. C D, représenté par Me Machado Torres, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 août 2024 par lequel le préfet du Gers l'a assigné à résidence et le contraint de se présenter tous les lundis, mercredis et vendredis à 10 h au commissariat de police d'Auch, lui a interdit de sortir du département du Gers sans autorisation et lui a ordonné de remettre son passeport à l'administration ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article 34 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de la renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- l'auteur de l'arrêté est incompétent ;

- il est insuffisamment motivé ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation ;

- la mesure d'assignation porte atteinte à son droit à une vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'erreur d'appréciation de sa situation personnelle.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Réaut, première conseillère, pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique tenue le 23 août 2024 à 10 heures 15, en présence de Mme Yniesta, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu :

- les observations de M. D assisté de Mme E, traductrice, qui insiste sur le fait qu'il a toujours respecté la loi et qu'il est retourné en Albanie lorsque sa demande d'asile a été rejetée ; il ne comprend pas pourquoi le préfet lui interdit de revenir en France ; avec son épouse, ils n'ont qu'un fils qui vit en France en situation régulière.

Le préfet du Gers n'était ni présent, ni représenté à l'audience.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, né le 27 mars 1961 à Burel (Albanie), de nationalité albanaise, est entré régulièrement France le 2 novembre 2018. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 25 juillet 2019. Sa première demande de réexamen a été rejetée comme irrecevable. Il a fait l'objet de deux mesures d'éloignement, en dernier lieu par arrêté du préfet de Haute-Garonne du 24 décembre 2020 que M. D a exécuté en retournant dans son pays. Il est revenu en France le 6 janvier 2024 et a sollicité un second réexamen de sa demande d'asile, lequel a été rejeté pour irrecevabilité par une décision de l'office français de protection des réfugiés et des apatrides du 15 mars 2024. A la suite de son interpellation lors d'un contrôle d'identité le 3 août 2024 à Auch, constatant qu'il ne justifiait pas d'un droit au séjour en France, par deux arrêtés distincts du 4 août 2024, le préfet du Gers, d'une part, a prononcé son éloignement sans délai, a fixé le pays de renvoi et lu a interdit tout retour sur le territoire français durant deux ans, d'autre part, l'a assigné à résidence dans le département du Gers durant quarante-cinq jours. Par les deux requêtes enregistrées sous les n° 2402061 et 2402062, qu'il y a lieu de joindre dès lors qu'elles ont fait l'objet d'une instruction commune, M. D demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés du 5 août 2024.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. D, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen d'incompétence de l'auteur des arrêtés attaqués :

3. Par un arrêté du 18 juillet 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Gers, le préfet de ce département a délégué sa signature à l'effet de signer en son nom toute décision nécessitée par une situation d'urgence dans le cadre de la permanence estivale, à Mme B A en sa qualité de directrice de cabinet. Celle-ci a dès lors pu régulièrement signer les arrêtés attaqués. Le vice d'incompétence manque en fait.

En ce concerne la légalité de la mesure d'éloignement :

4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () ".

5. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en sont le fondement. Il s'ensuit qu'elle est motivée. Le vice de forme manque en fait.

6. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. D, après avoir tenté une première fois d'obtenir l'asile en France en 2019 alors qu'il était âgé de 58 ans, est revenu sur le territoire le 6 janvier 2024 afin de faire examiner à nouveau sa demande. Celle-ci a été rejetée en mars 2024 et il n'a pas pu justifier d'un droit au séjour lorsqu'il a été interpellé le 3 août 2024 à Auch. Au vu de ces éléments dont il ressort que sa présence en France a été épisodique et qu'il a vécu l'essentiel de sa vie sans son pays d'origine, quand bien même son fils vit régulièrement en France, le préfet du Gers a pu prendre la mesure d'éloignement sans méconnaitre son droit à une vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.

7. En dernier lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni d'aucune pièce du dossier que le préfet du Gers n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant avant de décider de son éloignement.

En ce concerne la légalité de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

8. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité (). "

9. Il ressort du procès-verbal d'audition du 4 août 2024 que M. D est titulaire d'un passeport en cours de validité, qu'il dit avoir été dans l'attente de la réponse à sa demande d'asile et déclare avoir l'intention de se conformer à une éventuelle mesure d'éloignement. Par ailleurs, il a toujours déclaré être domicilié chez son fils qui vit régulièrement en France. Dans ces conditions, il ne peut être considéré que le requérant relevait de l'une des hypothèses visées à l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'il existait un risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement. Il s'ensuit que le préfet du Gers a fait une inexacte application des dispositions énoncées au point précédent et que le requérant est fondé à demander l'annulation de la décision ne lui ayant pas accordé un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

10. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. "

11. En premier lieu, l'arrêté en litige comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision portant fixation du pays de renvoi. Par suite, il est suffisamment motivé. Dès lors le vice de forme manque en fait.

12. En deuxième lieu, il résulte de l'ensemble des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français, les décisions par lesquelles l'administration octroie ou refuse un délai de départ volontaire, fixe le pays à destination duquel il sera reconduit et lui interdit le retour sur le territoire français. Dès lors, les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui fixent les règles générales de procédure applicables aux décisions devant être motivées en vertu de l'article L. 211-2 du même code et prévoient notamment la mise en œuvre d'une procédure contradictoire préalable à leur édiction, ne peuvent être utilement invoquées par M. D à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.

13. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que le préfet du Gers aurait commis une erreur d'appréciation en fixant le pays dont il a la nationalité comme pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé d'office n'est pas suffisamment étayé pour en apprécier le bien-fondé.

En ce qui concerne l'interdiction de retour en France :

14. Aux termes de l'article L 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ".

15. L'annulation de la décision ayant refusé à M. D un délai de départ volontaire emporte, par voie de conséquence, l'annulation de la décision lui interdisant tout retour en France pendant deux ans.

En ce qui concerne la mesure portant assignation à résidence :

16. D'une part, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".

17. D'autre part, aux termes de l'article L. 614-17 du même code : " Si la décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 731-1, (). "

18. Il résulte de l'application combinée de ces dispositions que l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Gers a refusé d'accorder à M. D un délai de départ volontaire implique, par voie de conséquence, l'annulation de la décision portant assignation à résidence.

19. Il résulte de tout ce qui précède que M. D est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du préfet du Gers refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, ainsi que de la décision lui interdisant tout retour en France durant deux ans et de l'arrêté du 4 août 2024 portant assignation à résidence.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

20. L'exécution du présent jugement qui annule la décision portant interdiction de retour en France implique qu'il soit enjoint au préfet de prendre toutes mesures utiles aux fins de supprimer le signalement de M. D dans le système d'information Schengen dans le délai de quinze jours suivant la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

21. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La decision du préfet du Gers du 4 août 2024 refusant d'accorder à M. D un délai de depart volontaire est annulée.

Article 3 : La decision du préfet du Gers du 4 août 2024 interdisant tout retour en France à M. D pendant deux ans est annulée.

Article 4 : L'arrêté du préfet du Gers du 4 août 2024 portant assignation à residence est annulé.

Article 5 : Il est enjoint au préfet du Gers de prendre toutes mesures utiles aux fins de supprimer le signalement de M. C D dans le système d'information Schengen dans le délai de quinze jours suivant la notification du present jugement.

Article 6 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. D est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet du Gers.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 août 2024.

La magistrate désignée,

V. REAUTLa greffière,

S. YNIESTA

La République mande et ordonne au préfet du Gers en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

2 - 240206

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