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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2402417

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2402417

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2402417
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Pau a été saisi par M. B, ressortissant tunisien, d’une demande de suspension de la décision implicite de la préfète des Landes refusant le renouvellement de son titre de séjour « salarié ». En cours d’instance, le titre de séjour sollicité a été délivré le 26 septembre 2024. Le juge des référés a constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension et d’injonction, devenues sans objet. L’État a été condamné à verser 800 euros à M. B au titre des frais de procès, sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 septembre 2024, et une pièce complémentaire enregistrée le 30 septembre 2024, M. B, représenté par Me Dumaz Zamora, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite née le 24 juillet 2023 par laquelle la préfète des Landes a refusé de renouveler son titre de séjour mention " salarié ", jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre à la préfète des Landes de lui délivrer, à titre provisoire et dans l'attente du jugement au fond, à titre principal, un titre de séjour mention " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ; à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande et de statuer par une nouvelle décision explicite dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et dans cet intervalle, de procéder au renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 440 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est présumée dès lors qu'il a bien sollicité le renouvellement de son visa long séjour, valant titre de séjour, et que l'administration lui a implicitement opposé un refus et l'a maintenu dans une situation d'attente et de précarité administrative en lui délivrant des récépissés de demande de carte de séjour ;

- des moyens sont, en outre, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, dès lors que :

* elle n'est pas motivée et sa demande de communication des motifs est restée sans réponse ;

* elle méconnaît les articles L. 433-1 et L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que, son contrat de travail à durée indéterminée étant toujours en cours d'exécution, il continue de remplir les conditions pour bénéficier d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ;

* elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 2 octobre 2024, la préfète des Landes conclut au non-lieu à statuer.

Elle fait valoir que le titre de séjour sollicité a été délivré le 26 septembre 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 19 septembre 2024 sous le numéro 2402414 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 3 octobre 2024 à 15h, en présence de Mme Caloone, greffière d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Dumaz Zamora, représentant M. B, qui confirme que le titre de séjour sollicité lui a été délivré, prend acte de ce que le recours a perdu son objet et maintient sa demande de frais de procès, dès lors qu'il a effectué des diligences régulières auprès des services de la préfecture pour connaître l'état d'instruction de son dossier avant de d'engager une procédure contentieuse et que la délivrance du titre de séjour est intervenue en raison du recours.

La préfète des Landes n'étant ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 15h15.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant tunisien, est entré régulièrement en France sous couvert d'un visa long séjour portant la mention " salarié " d'une durée de 12 mois, valable d'un 6 avril 2022 au 6 avril 2023. Le 11 avril 2022, il a signé un contrat de travail indéterminée avec l'entreprise Speed Fibre Service et le 19 mai 2022, il a été dispensé de souscrire une demande de carte de séjour pendant la durée de validité de son visa, ayant effectué les formalités nécessaires prévues à l'article R. 431-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 24 mars 2023, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. M. B demande au juge des référés la suspension de l'exécution de la décision par laquelle la préfète des Landes a implicitement rejeté cette demande.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

2. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est vu délivrer en cours d'instance le 26 septembre 2024 le titre de séjour sollicité valable du 26 septembre 2024 au 25 septembre 2028. Par suite, les conclusions de la requête de M. B tendant à la suspension de l'exécution de la décision attaquée sont devenues sans objet.

Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :

3. Ainsi qu'il a été dit au point 2, M. B s'est vu délivrer en cours d'instance le titre de séjour sollicité. Par suite, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète des Landes de lui délivrer ce titre de séjour sont également devenues sans objet.

Sur les frais liés au litige :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 800 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction de la requête de M. B

.

Article 2 : L'Etat versera à M. B, la somme de 800 euros (huit cents euros) en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée, pour information, à la préfète des Landes.

Fait à Pau, le 4 octobre 2024.

La juge des référés, La greffière,

M. C M. CALOONE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition :

La greffière,

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