jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2402445 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2024, Mme A B, doit être regardée comme demandant à la juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète des Landes de procéder à l'examen de sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée la place, avec son mari, dans une situation de grande précarité et de vulnérabilité au regard du fait qu'elle représente la source principale de revenu de son foyer, son mari percevant uniquement l'allocation aux adultes handicapés ;
- la décision attaquée porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de travailler et à ses droits sociaux ;
- elle remplit toutes les conditions permettant le renouvellement de son titre de séjour dès lors qu'elle est mariée à un ressortissant français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2024, la préfète des Landes conclut au rejet de la requête à titre principal et au non-lieu à statuer sur la requête à titre subsidiaire.
Elle soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que le 25 septembre 2024 elle a remis à la requérante une attestation de prolongation d'instruction valable du 25 septembre 2024 au 24 décembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sellès pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience prévue le 26 septembre 2024.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 septembre 2024 à 15h30, en présence de Mme Strzalkowska, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Sellès, juge des référés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante marocaine, a sollicité le 29 mars 2024 le renouvellement de son titre de séjour auprès de la préfecture des Landes. En l'absence de réponse, l'intéressée a, par un courrier électronique en date du 19 août 2024, sollicité la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction, ce courrier est également resté sans réponse. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'enjoindre à la préfète des Landes de procéder à l'examen de sa demande de renouvellement de son titre de séjour ainsi que de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
3. Il n'y a urgence à ordonner la suspension d'une décision administrative que s'il est établi qu'elle préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du demandeur ou aux intérêts qu'il entend défendre. En outre, lorsque le requérant fonde son intervention non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
4. Il résulte de l'instruction que les services de la préfecture des Landes ont, le 25 septembre 2024, délivré à Mme B une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, laquelle lui permet de justifier la régularité de son séjour en France jusqu'au 24 décembre 2024, et l'autorise à exercer une activité professionnelle sur le territoire français. Dès lors, Mme B ne justifie plus de la condition d'urgence exigée par les dispositions précitées de l'article L.521-2 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète des Landes.
Fait à Pau, le 26 septembre 2024.
La juge des référés,
M. SELLÈS
La greffière,
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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