jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2402450 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Sanchez Rodriguez demande à la juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète des Landes sur sa demande de regroupement familial en faveur de son épouse et de son fils ;
2°) d'enjoindre à la préfète des Landes de faire droit à sa demande de regroupement familial dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la préfète des Landes la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est bénéficiaire d'un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans, qu'il souffre de plusieurs pathologies graves pour lesquelles lui a été prescrit un traitement médicamenteux très lourd, que son taux d'incapacité permanente a été fixé à 50% par la caisse primaire de Mont-de-Marsan, qu'il touche l'allocation aux adultes handicapés et que son médecin a considéré que la présence de son épouse à ses côtés de manière permanente est indispensable ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée car d'une part, elle méconnaît l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 dès lors qu'il est en situation d'invalidité permanente, qu'il perçoit l'allocation aux adultes handicapés et une rente à la suite d'un accident de travail, qu'il perçoit mensuellement environ 1 000 euros de retraite et qu'il a un logement adapté et d'autre part, la décision litigieuse méconnaît les stipulations des articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard aux pathologies graves dont il souffre et à la durée de séparation avec son épouse et son fils.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 octobre 2024, la préfète des Landes conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de M. B et au rejet du surplus.
Elle fait valoir que par une décision du 1er octobre 2024 et une autre du 7 octobre 2024, elle a fait droit à la demande de regroupement familial présentée par M. B au bénéfice de son épouse et de son fils.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée le 24 septembre 2024 sous le n°2402448 par laquelle le requérant a sollicité l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme E pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme E a été entendu au cours de l'audience publique tenue le 8 octobre 2024 à 14 heures en présence de Mme Caloone, greffière d'audience.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né à Tighennif le 7 septembre 1955, dispose actuellement d'un certificat de résidence valable du 14 février 2023 au 13 février 2033. Il a déposé le 19 décembre 2023 auprès des services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une demande de regroupement familial en faveur de sa femme, Mme D C, qu'il a épousée en Algérie le 16 avril 2012, et de leur enfant né le 15 janvier 2013. Cette demande a été enregistrée le 2 février 2024. En l'absence de réponse de l'administration dans un délai de six mois, une décision implicite de rejet est née le 2 août 2024. Par la présente requête, M. B demande la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte d'un désistement ou constater un non-lieu.
3. Il résulte de l'instruction que par une décision du 1er octobre et une autre du 7 octobre 2024, prises en cours d'instance, la préfète des Landes a décidé d'accorder le regroupement familial sollicité par M. B au bénéfice de son épouse et de son fils. Dans ces conditions, les conclusions de la requête aux fins de suspension et d'injonction, sont devenues sans objet et il n'y a, par suite, plus lieu d'y statuer.
Sur les frais de l'instance :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête aux fins de suspension et d'injonction présentées par M. B.
Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Une copie en sera adressée pour information à la préfète des Landes.
Fait à Pau, le 10 octobre 2024.
La juge des référés,
M. E
La greffière,
M. CALOONE La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
La greffière,
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