LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2402469

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2402469

lundi 28 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2402469
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationURGENCES ETRANGERS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée sous le n° 2402469, le 25 septembre 2024 et un mémoire enregistré le 8 octobre 2024, et des pièces complémentaires enregistrées le 8 octobre 2024, Mme I B, représentée par Me Dumaz-Zamora, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Gers du 12 juin 2024 portant rejet de la demande de renouvellement de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, fixant le pays de renvoi, et astreignant l'intéressée à se présenter une fois par semaine à la gendarmerie de l'Isle Jourdain ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet du Gers du 16 septembre 2024 portant assignation à résidence durant 45 jours et la décision portant obligation de remise du passeport ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à venir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois et de lui délivrer dans l'intervalle un récépissé de demande de titre de séjour ou l'autorisation provisoire de séjour prévue à l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et enfin de restituer son passeport original, dans un délai de 48 heures à compter de la notification du jugement à venir ;

4°) à titre subsidiaire, de faire intervenir l'OFII à la présente instance et avant dire droit, d'ordonner la communication de l'entier dossier relatif à l'état de santé de Mme B, constitué du rapport médical et des éléments sur lesquels s'est basé le collège des médecins de l'OFII pour estimer que le traitement et la prise en charge étaient effectivement accessibles en Côte d'Ivoire, notamment " les fiches MEDCOI " ;

5°) de mettre à la charge du préfet du Gers la somme de 1500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

6°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Elle soutient que :

Sur le refus de titre de séjour :

- le refus de renouvellement de son titre de séjour est entaché d'un défaut de motivation et l'absence d'examen réel et sérieux ; en particulier, le préfet ne fait aucune mention des efforts d'intégration de la requérante, en particulier sur le plan professionnel ;

- il méconnaît l'article R. 425-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il est impossible d'affirmer que le rapport médical concernant sa situation a été établi par un médecin de l'OFII, ni de s'assurer que le médecin de l'OFII a transmis son rapport au collège, et que le préfet a été informé de cette transmission ;

- il méconnaît l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; le préfet devra démontrer que le collège ayant rendu l'avis médical sur sa situation était bien composé de trois médecins de l'OFII et que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège ayant rendu l'avis ;

- il méconnaît l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile;

- il est entaché d'une erreur d'appréciation au regard des articles L. 433-1 et L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il n'est pas contesté que Mme B nécessite une prise en charge médicale, dont le défaut pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité, tel que l'a constaté l'OFII dans son avis mais, qu'elle ne pourrait effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, ni voyager sans risque vers la Côte d'Ivoire ; aucun changement n'est intervenu depuis qu'elle avait été admise au séjour en sa qualité d'étranger malade dans l'accessibilité au traitement indispensable pour son état de santé ; elle accepte de lever le secret médical sur les pathologies qui l'affectent ;

- il est entaché d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et porte une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle a conclu en mai 2023 un contrat de travail à durée déterminée d'insertion jusqu'au 1er mai 2025 avec l'association SESAME ;

- pour les mêmes motifs il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation personnelle.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- la décision portant rejet de la demande de titre de séjour étant illégale, celle portant obligation de quitter le territoire, l'est également par voie de conséquence ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences disproportionnées sur sa situation personnelle de l'intéressée ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français étant illégale, celle fixant le pays de renvoi également ;

Sur la décision l'astreignant à se présenter une fois par semaine à la gendarmerie :

- la décision est entachée d'un défaut de motivation ; l'arrêté litigieux se contente de citer l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne contient aucune motivation en fait ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire étant illégale, la décision l'astreignant à se présenter une fois par semaine à la gendarmerie l'est également ;

Sur la décision portant assignation à résidence :

- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences disproportionnées sur sa situation personnelle de l'intéressée ;

- elle emporte donc des conséquences manifestement disproportionnées sur sa situation personnelle en l'obligeant à suspendre son contrat de travail ;

Sur la décision portant obligation de remise du passeport :

- la décision portant assignation à résidence étant illégale, celle portant obligation de remise du passeport également ;

- elle n'est pas motivée en droit.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 8 et 9 octobre 2024, le préfet du Gers conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

II. Par une requête enregistrée sous le n° 2402470, le 25 septembre 2024, M. G C, représenté par Me Dumaz-Zamora, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Gers du 12 juin 2024 portant rejet de la demande de renouvellement de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, fixant le pays de renvoi, et astreignant l'intéressé à se présenter une fois par semaine à la gendarmerie de l'Isle Jourdain ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet du Gers du 16 septembre 2024 portant assignation à résidence durant 45 jours et la décision portant obligation de remise du passeport ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à venir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois et de lui délivrer dans l'intervalle un récépissé de demande de titre de séjour ou l'autorisation provisoire de séjour prévue à l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et enfin de restituer son passeport original, dans un délai de 48 heures à compter de la notification du jugement à venir ;

4°) de mettre à la charge du préfet du Gers la somme de 1500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

5°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Il soutient que :

Sur le refus de titre de séjour :

- le refus de renouvellement de son titre de séjour est entaché d'un défaut de motivation et l'absence d'examen réel et sérieux ;

- il est entaché d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et porte une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- pour les mêmes motifs, il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation personnelle.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- la décision portant rejet de la demande de titre de séjour étant illégale, celle portant obligation de quitter le territoire, l'est également par voie de conséquence ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences disproportionnées sur sa situation personnelle de l'intéressé ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français étant illégale, celle fixant le pays de renvoi également ;

Sur la décision l'astreignant à se présenter une fois par semaine à la gendarmerie :

- la décision est entachée d'un défaut de motivation ; l'arrêté litigieux se contente de citer l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne donne aucune motivation en fait ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire étant illégale, la décision l'astreignant à se présenter une fois par semaine à la gendarmerie l'est également ;

Sur la décision portant assignation à résidence :

- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences disproportionnées sur sa situation personnelle de l'intéressé et emporte donc des conséquences manifestement disproportionnées sur sa situation personnelle ;

Sur la décision portant obligation de remise du passeport :

- la décision portant assignation à résidence étant illégale, celle portant obligation de remise du passeport également ;

- elle n'est pas motivée en droit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 octobre 2024, le préfet du Gers conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, modifié ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme H pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 776-1 et R. 776-1 du code de justice administrative dans leur rédaction valable à compter du 15 juillet 2024.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme H ;

- les observations de Me Dumaz-Zamora, représentant Mme B et M. C qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens qu'elle développe ;

- les observations de la représentante de l'association Sésame sur ses veines démarches pour l'obtention d'informations concernant la disponibilité du Biktarvy.

Le préfet du Gers n'était ni présent ni représenté.

Un mémoire présenté pour Mme B a été enregistré le 15 octobre 2024

La clôture d'instruction a été différée au 19 octobre 2024 à 12 heures.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, née le 28 décembre 1977 à Abidjan, de nationalité ivoirienne, est entrée irrégulièrement sur le territoire français, selon ses déclarations, le 29 août 2020, accompagnée de son fils mineur, E, né le 24 février 2014, dans le but de solliciter la reconnaissance du statut de réfugiée. Le 1er avril 2021, elle a sollicité la délivrance d'un titre santé concomitamment à sa demande d'asile. Le 26 juillet 2021, le collège des médecins de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII), a émis l'avis selon lequel son état de santé nécessitait une prise en charge médicale et que les soins devaient être poursuivis pendant 12 mois. L'Office français pour les réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté la demande d'asile de Mme B par décision du 29 octobre 2021, notifiée le 22 novembre 2021 et la Cour nationale du droit d'asile a confirmé cette décision le 9 juin 2022. Le 25 janvier 2023, Mme B s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " valable du 10 décembre 2022 au 9 décembre 2023, dans le cadre des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 7 novembre 2023, Mme B a sollicité le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans le cadre des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui a été rejetée par arrêté du préfet du Gers du 12 juin 2024 avec obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, fixant le pays de renvoi, et astreignant l'intéressée à se présenter une fois par semaine à la gendarmerie de l'Isle Jourdain. A l'expiration du délai de départ volontaire accordé à Mme B, le préfet a pris le 16 septembre 2024 une décision ordonnant son assignation à résidence pour une durée de 45 jours et portant obligation de remise de passeport. Mme B demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés par une requête enregistrée sous le n° 2402469.

2. Le 13 mars 2022, M. C, né le 16 décembre 1975 à Abidjan, de nationalité ivoirienne, est entré irrégulièrement sur le territoire français pour rejoindre sa compagne, Mme B et leur fils. L'OFPRA a rejeté la demande d'asile de M. C, par décision du 24 août 2022 et la Cour nationale du droit d'asile a confirmé cette décision le 4 avril 2023. Toutefois, M. C a bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour à compter du 2 mai 2023, régulièrement renouvelée jusqu'au 31 décembre 2023 en tant qu'accompagnant de sa compagne. Par arrêté du 12 juin 2024 le préfet du Gers a refusé de renouveler son titre de séjour, avec obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, fixant le pays de renvoi, et astreignant l'intéressé à se présenter une fois par semaine à la gendarmerie de l'Isle Jourdain. Par un arrêté du 16 septembre 2024, le préfet a ordonné son assignation à résidence pour une durée de 45 jours avec obligation de remise de passeport. M. C demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés par une requête enregistrée sous le n° 2402470. Les requêtes susvisées n°2402469 et 2402470, présentées par Mme B et M. C sont relatives à la situation de deux conjoints au regard du droit des étrangers et présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête desintéressés, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, leur admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les décisions portant refus de séjour :

S'agissant de la motivation :

4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration: " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

5. Les décisions attaquées visent les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, et les textes dont le préfet du Gers a fait application. Elles rappellent, en outre, les différentes décisions prises sur les demandes d'asile des requérants, la demande de délivrance d'un titre de séjour pour soins de Mme B et la délivrance d'un titre de séjour dans le cadre des dispositions de l'article L. 425-9 du Ceseda, et les éléments tenant à leur vie privée et familiale au regard d'un droit au séjour, notamment le fait qu'ils vivent en union libre avec leur conjoint, compatriote qui fait l'objet de la même mesure administrative et que leur fils mineur âgé de 10 ans est scolarisé depuis trois ans et deux mois après avoir suivi un cursus scolaire jusqu'à l'âge de 6 ans dans son pays d'origine, le fait que Mme B a une expérience professionnelle au sein d'une association d'insertion, et que M. C justifie d'une formation de " préparateur de commandes en entrepôt " et d'une inscription pour une formation d'intégration professionnelle. Les arrêtés attaqués ajoutent le défaut du caractère ancien, stable et intense des liens familiaux et personnels tissés sur le sol français du couple, les conditions de leur vie en France et l'absence de circonstance faisant obstacle à leur retour dans leur pays d'origine pour y conduire une vie familiale et privée normale. Ainsi, le préfet du Gers a suffisamment motivé les décisions contestées. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation des décisions en litige et de l'absence d'examen particulier de la situation des intéressés doivent être écartés.

S'agissant des vices de procédure quant à l'examen de la situation médicale de Mme B :

6. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé.

Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. ().. Il transmet son rapport médical au collège de médecins. / Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. ()". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. ()".

7. Quant à l'établissement d'un rapport médical par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'une part, et à l'information du préfet de la transmission de ce rapport médical au collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, il ressort des pièces du dossier qu'un rapport médical, établi le 18 janvier 2024 par le docteur F A, médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, a été transmis au collège des médecins le même jour et que l'avis qui en est issu en date du 2 février 2024 a été transmis au préfet du Gers par bordereau de transmission du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à cette date, mentionnant la date de transmission du rapport médical au collège des médecins de l'office. Dès lors, ce moyen sera écarté.

8. Si Mme B soutient que le docteur F A qui a établi le rapport médical le 18 janvier 2024 ne figurait plus sur la liste des médecins de l'OFII dans la dernière décision du 11 janvier 2024 qu'elle produit, qui était en vigueur à la date de l'édiction du rapport et de l'avis du collège, tel que cela ressort du site Internet de l'OFII, toutefois, cette décision qui procède à la désignation des médecins de l'OFII porte sur les médecins désignés pour participer au collège à compétence nationale de l'OFII. Le moyen doit dès lors être écarté.

9. Quant à la composition par trois médecins du collège de l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'une part, et au fait que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'autre part, il ressort des pièces du dossier, plus particulièrement du bordereau de transmission du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 2 février 2024 et de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du même jour, que le collège de médecins de l'office ayant examiné la situation de la requérante était composé de trois médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, les docteurs Theis, Douillard et Lancino, ne comprenant pas le docteur F A, médecin rapporteur. Par suite, ce moyen sera écarté.

S'agissant du vice de procédure sur le fondement de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 :

10. Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 modifié susvisé : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ".

11. Si Mme B soutient que l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'OFII le 2 février 2024 qui mentionne que l'état de santé de Mme B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que son état de santé peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine où elle pourra bénéficier d'un traitement approprié, ne respecte pas les obligations procédurales préservant ses droits fondamentaux à voir examiner son état de santé, elle n'apporte aucun élément en ce sens.

12. Il résulte de ce qui a été dit aux points 7 à 11 du présent jugement que le moyen tiré de ce que la décision de refus de titre de séjour a été prise au terme d'une procédure irrégulière doit être écarté en toutes ses branches.

S'agissant de l'erreur de droit tirée de l'absence d'appréciation propre par le préfet de l'avis du collège de médecins, du défaut d'examen réel et sérieux de la situation de Mme B et de l'erreur d'appréciation sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :

13. Il résulte des termes mêmes de la décision attaquée concernant Mme B que le préfet du Gers a entendu s'approprier l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 2 février 2024 pour en déduire qu'elle ne pouvait se voir délivrer un titre de séjour en qualité d'étranger malade. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet s'est estimé lié par cet avis, ni qu'il n'aurait pas procédé à sa propre appréciation, de sorte que ces moyens seront écartés.

14. Mme B soutient que contrairement à ce qu'a retenu l'OFII, elle ne pourrait effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, ni voyager sans risque vers la Côte d'Ivoire, comme l'avait reconnu l'OFII précédemment, et alors qu'aucun changement n'est intervenu dans l'accessibilité au traitement indispensable pour son état de santé.

15. D'une part, s'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire. D'autre part, les juges administratifs ne sont pas tenus, pour statuer sur une requête, d'ordonner la communication de ce rapport médical quand bien même le requérant en a explicitement formulé la demande.

16. L'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration mentionne que l'état de santé de Mme B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais que son état de santé peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine où elle pourra bénéficier d'un traitement approprié. Il ressort des pièces du dossier, Mme B ayant levé le secret médical, qu'elle présente une infection de l'immunodéficience humaine (VIH). Toutefois, les certificats médicaux produits évoquent un suivi pour des pathologies chroniques nécessitant un suivi au long cours, sans qu'il ressorte de ces certificats qu'il existerait un doute sur les capacités des infrastructures sanitaires en Côte d'Ivoire à la prendre en charge alors que le collège des médecins de l'OFII documentés pour porter cette appréciation a jugé qu'elle pourrait bénéficier de soins dans son pays. Le rapport de l'OFPRA en date du 28 février 2023 sur les personnes vivant avec le VIH en Côte d'Ivoire montre, contrairement à ce qu'elle soutient, que ce pays a réalisé d'importants progrès en matière de lutte contre cette maladie et que les données récentes indiquent que la majorité des personnes vivant avec le VIH connaissent désormais leur statut sérologique et bénéficient de traitements antirétroviraux. Ainsi, ni les certificats médicaux produits, ni aucune autre pièce du dossier notamment pas l'attestation de l'association Sésame qui indique avoir effectué de nombreuses démarches, sans succès, pour l'obtention d'une information concernant le Biktarvy, médicament que prend Mme B, ne permet d'établir qu'elle ne pourrait être médicalement suivie dans son pays d'origine. A cet égard, la requérante n'établit par aucune des pièces qu'elle verse au dossier qu'elle ne pourrait être traitée autrement que par Biktarvy, ni qu'un autre médicament, disponible en Côte d'Ivoire, ne pourrait y être substitué. Il ressort en outre de la fiche Medcoi établie en janvier 2024 produite par le préfet que le traitement prescrit à la requérante par " Biktarvy " qui est une association de trois antiviraux (bictegravir + emtricitabine + tenofovir alafenamide) est disponible en Côte d'Ivoire. Enfin, le certificat médical rédigé le 4 octobre 2024 précisant que Mme B est suivie régulièrement depuis juin 2021 au CHU de Toulouse pour des traitements quotidiens des deux maladies chroniques infectieuses dont elle est atteinte et que l'absence de suivi ou l'interruption thérapeutique pourraient avoir des conséquences graves sur sa santé, se borne à faire état de la nécessité d'une prise en charge clinique et ne comporte aucune indication quant à une éventuelle indisponibilité du traitement en Côte d'Ivoire. Dans ces conditions, Mme B n'apporte aucun élément permettant de remettre en cause l'appréciation portée sur la disponibilité des soins dans son pays d'origine. Enfin, si le rapport de l'OFPRA précédemment cité note que certains groupes vulnérables sont davantage exposés au VIH et à ses conséquences sociales en raison de la stigmatisation et la discrimination dont ils font l'objet, la requérante n'a jamais fait état de craintes d'être stigmatisée en raison de sa maladie lors de son audition devant l'OFPRA. Il s'ensuit que le préfet du Gers n'a pas méconnu l'étendue de sa compétence et n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

17. En outre, en l'état du dossier, il n'apparaît pas nécessaire pour le tribunal, qui n'y est pas tenu même si le requérant a levé le secret médical, ainsi qu'il a été dit précédemment, de demander la communication de l'entier dossier médical.

S'agissant de l'erreur d'appréciation au regard de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'atteinte disproportionnée au droit à la vie privée et familiale de Mme B et de M. C :

18. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Et aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

19. En l'espèce, si les requérants se prévalent de ce qu'ils ont fixé en France, depuis août 2020 pour madame et 2022 pour monsieur, le centre de leurs intérêts familiaux, il ressort des pièces des dossiers qu'ils n'ont été autorisés à y demeurer qu'en raison de l'instruction de leurs différentes demandes d'admission au séjour. Par ailleurs, et alors que le droit au respect de la vie privée et familiale ne saurait s'interpréter comme comportant, pour un Etat, l'obligation générale de respecter le choix, pour un couple marié ou non, d'établir sa résidence sur son territoire, Mme B et M. C n'établissent aucun obstacle majeur les empêchant de reconstituer la cellule familiale ailleurs qu'en France et notamment dans leur pays d'origine, pays dont l'ensemble de la famille a la nationalité. Enfin, si les requérants se prévalent de leur implication dans la vie associative et de ce que M. C justifie d'une formation de " préparateur de commandes en entrepôt " et d'une inscription pour une formation d'intégration professionnelle, ils ne justifient pas d'une insertion professionnelle particulière. Enfin, la scolarisation de leur enfant ne saurait être regardée comme faisant obstacle à la poursuite de la vie privée et familiale des intéressés ailleurs qu'en France. Il en résulte que le moyen tiré de l'atteinte excessive qui serait ainsi portée au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme B et de M. C doit être écarté. Les décisions attaquées n'ont donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions de refus de séjour seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elles emportent sur leur situation personnelle.

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :

20. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que les décisions portant refus d'admission au séjour ne sont pas entachées d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées faisant obligation à Mme B et M. C de quitter le territoire français seraient, par voie exception, entachées d'illégalité, ne peut qu'être écarté.

21. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Aux termes de l'article L.613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ".

22. L'obligation de quitter le territoire français est une mesure de police qui doit, comme telle, être motivée en application des règles de forme édictées, pour l'ensemble des décisions administratives, par l'article 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Toutefois, la motivation de cette mesure se confond avec celle du refus ou du retrait de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, par conséquent, dès lors que ce refus ou ce retrait est lui-même motivé et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir le refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, de mention spécifique pour respecter les exigences du code des relations entre le public et l'administration.

23. Il ressort du point n° 5 que les décisions de refus de titre de séjour sont suffisamment motivées en fait et en droit. Par suite, les décisions attaquées satisfont à l'exigence de motivation en droit et en fait prescrite par les dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

24. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 19 du présent jugement, il ne ressort pas des pièces du dossier que les mesures d'éloignement en litige méconnaitraient les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'elles seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elles emportent sur la situation de Mme B et de M. C.

En ce qui concerne les décisions fixant le pays de renvoi :

25. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que les décisions portant obligation de quitter le territoire ne sont pas entachées d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de ces décisions, soulevé à l'encontre de celles fixant le pays de renvoi doit être écarté.

En ce qui concerne les décisions astreignant les requérants à se présenter une fois par semaine à la gendarmerie de l'Isle Jourdain :

26. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ". Aux termes de l'article R. 721-6 du même code : " Pour l'application de l'article L. 721-7, l'autorité administrative désigne le service auprès duquel l'étranger effectue les présentations prescrites et fixe leur fréquence qui ne peut excéder trois présentations par semaine. ".

27. Les obligations prévues par les dispositions précédemment citées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont uniquement pour objet de contrôler que l'étranger prépare, dans le délai qui lui a été imparti, son départ du territoire français. Il ne ressort pas des pièces des dossiers qu'en astreignant les requérants à remettre leurs passeports et à se présenter une fois par semaine à la gendarmerie, le préfet du Gers a pris une mesure disproportionnée aux objectifs poursuivis par ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne les décisions d'assignation à résidence :

28. Aux termes de l'article L. 730-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, dans les conditions prévues au présent titre, assigner à résidence l'étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement sans délai de départ volontaire ou pour laquelle le délai de départ volontaire imparti a expiré et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français. (). ". Aux termes de l'article L. 731-1 du même code : " () les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées; () ".

29. Il ressort des termes des décisions attaquées qu'elles mentionnent bien que les requérants n'ont pas satisfait à l'obligation de quitter le territoire français dans le délai de départ volontaire qui leur a été imparti, que l'exécution d'office de l'obligation de quitter le territoire ne pourra intervenir qu'après délivrance d'un laissez-passer consulaire et l'organisation matérielle de leur départ et qu'il convient, pour ces motifs, de les astreindre à l'adresse à laquelle ils justifient résider, dans l'attente de l'organisation de leur départ de France. Dès lors, les arrêtés attaqués sont suffisamment motivés conformément aux dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

30. Au regard des objectifs poursuivis, ces décisions ne sont pas entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur la situation personnelle des intéressés.

31. Ainsi qu'il a été dit précédemment, les décisions portant obligation de quitter le territoire ne sont pas entachées d'illégalité. Dans ces conditions, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de ces décisions, soulevé à l'encontre de celles portant assignation à résidence doit être écarté.

En ce qui concerne les décisions portant obligation de remise du passeport :

32. Ainsi qu'il a été dit précédemment, les décisions portant assignation à résidence ne sont pas entachées d'illégalité. Dans ces conditions, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de ces décisions, soulevé à l'encontre de celles portant obligation de remise du passeport doit être écarté.

33. Les décisions attaquées énoncent les considérations de droit et de fait qui les fondent et sont par suite, suffisamment motivées.

34. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de faire intervenir l'OFII à la présente instance et avant dire droit, d'ordonner la communication de l'entier dossier de Mme B, que les conclusions aux fins d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

35. Le présent jugement qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme B et M. C n'appellent aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

36. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de l'Etat, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, les sommes dont Mme B et M. C demandent le versement à leur conseil, sur le fondement desdites dispositions et de celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Mme B et M. C sont admis à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2: Les requêtes de Mme B et de M. C sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme I B, à M. G C et au préfet du Gers.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2024 .

La magistrate désignée,

F. HLa greffière,

M. D

La République mande et ordonne au préfet du Gers en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

2 ; 2402470

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions