vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2402491 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 26 septembre et 14 octobre 2024, Mme C E et M. B F, représentés par Me Romazzotti, demandent à la juge des référés :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 19 juillet 2024 par laquelle la commission de l'académie de Bordeaux a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé à l'encontre de la décision du 20 juin 2024 de la direction académique des services de l'éducation nationale des Landes portant refus d'autorisation d'instruction dans la famille de leur fille A au titre de l'année scolaire 2024-2025, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité ;
3°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Bordeaux de délivrer une autorisation d'instruction dans la famille pour l'enfant A, sans délai, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, dans l'attente du jugement au fond ;
4°) de mettre à la charge de l'académie de Bordeaux la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
En ce qui concerne la condition d'urgence :
- la décision attaquée engendre des conséquences néfastes sur l'équilibre de leur fille et sur son rythme de vie dès lors qu'il s'agit de sa première rentrée scolaire, qu'elle n'est pas préparée à intégrer un établissement conventionnel dans lequel les enfants inscrits ont déjà créé des liens d'autant que ses problèmes sensoriels sont incompatibles avec une telle scolarisation comme en témoigne son pédiatre ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la rentrée scolaire est imminente, qu'il existe donc un risque qu'il soit trop tard pour inscrire leur fille dans un établissement et qu'elle prenne ainsi du retard sur l'année scolaire.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente, faute de justification d'une délégation de signature ;
- elle est insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne reprend pas les arguments qu'ils ont développés dans leurs recours administratif préalable obligatoire, la description précise de la situation propre à leur fille ni le bilan comparatif qu'ils ont réalisé, au contraire elle se borne à faire état de critères de compatibilité entre la scolarisation et les besoins de l'enfant qui ne figurent pas parmi les critères à prendre en compte pour autoriser ou refuser l'instruction en famille ;
- elle est entachée de plusieurs vices de procédure dès lors que d'une part l'administration ne les a pas convoqués en vue d'un entretien en méconnaissance de l'article L. 131-5 du code de l'éducation et que d'autre part, la composition de la commission de l'académie de Bordeaux était irrégulière ;
- la décision attaquée créé une rupture d'égalité devant la loi et une situation discriminante dès lors que leur fille aînée a déjà pu bénéficier d'une instruction en famille ;
- la décision initiale de refus est entachée d'une erreur de droit dès lors que pour refuser l'instruction en famille, l'administration a retenu que le matériel ou les supports pédagogiques utilisés ne diffèrent pas de ceux utilisés par les écoles, excédant ainsi les critères d'appréciation fixés par les dispositions de l'article L. 131-5 du code de l'éducation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que d'une part, les contrôles précédemment réalisés pour leur fille aînée qui bénéficiait de l'instruction en famille démontrent leur capacité à faire acquérir à leur enfant le socle de connaissances et que d'autre part, l'administration n'a pas pris en considération la situation particulière de leur enfant qui a été précisément détaillée dans le recours administratif préalable obligatoire qu'ils ont formé et qui est corroborée par des certificats médicaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2024, la rectrice de l'académie de Bordeaux conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
En ce qui concerne la condition d'urgence :
- la scolarisation d'un enfant constituant la traduction de l'obligation scolaire n'est pas de nature à caractériser, par elle-même, une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ;
- dans la mesure où il s'agit de la première scolarisation de la jeune fille, cette dernière se trouve dans une situation analogue aux autres enfants de son âge, ne caractérisant donc pas une situation d'urgence ;
- les requérants ont la possibilité de demander une autorisation d'instruction en famille sur la base de l'état de santé de leur fille s'ils disposent des justificatifs probants ;
- la proximité de la rentrée scolaire ne suffit pas à caractériser une situation d'urgence d'autant que le retard pris pour inscrire A au sein d'une école est imputable aux requérants qui, bien qu'informés de la décision de refus d'instruction en famille dès le 20 juin 2024, n'ont pas entamé les démarches nécessaires ; en tout état de cause, ils pourront inscrire leur fille dans l'établissement de secteur.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée a été prise par une autorité compétente ;
- elle est suffisamment motivée en droit et en fait ;
- la convocation à un entretien prévue à l'article L. 131-5 du code de l'éducation est une possibilité offerte à l'administration mais en aucun cas une obligation ;
- la commission chargée d'examiner la situation de l'enfant était régulièrement composée ;
- la décision attaquée n'entraîne pas une rupture d'égalité devant la loi ni une situation de discrimination dès lors que la demande d'instruction en famille pour la sœur de A au titre de l'année scolaire 2024-2025 a aussi été refusée ;
- le moyen tiré de l'erreur de droit doit être rejeté dès lors qu'il est dirigé à l'encontre de la décision du 20 juin 2024 à laquelle s'est substituée la décision attaquée ;
- le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être rejeté dès lors que d'une part, la décision attaquée se fonde sur l'inexistence d'une situation propre à l'enfant et non pas sur l'existence d'un choix familial et d'autre part, l'encoprésie de A, son hypersensibilité, son besoin d'autonomie, son hyperréactivité émotionnelle, son rythme biologique, son besoin d'une pédagogie adaptée et sa précocité ne sont établis par aucune pièce versée au dossier, que ces éléments ne sauraient caractériser une situation propre de l'enfant justifiant une autorisation d'instruction en famille et qu'ils ne sont pas incompatibles avec une scolarisation ; en outre le certificat médical versé au dossier est particulièrement succinct et n'établit pas l'incompatibilité de la scolarisation de A avec son état de santé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée le 26 septembre 2024 n°2402490 par laquelle les requérants ont sollicité l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n°2021-1109 du 24 août 2022 ;
- la décision n° 2021-823 DC du 13 août 2021 du Conseil constitutionnel ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue le 14 octobre à 11h00 en présence de Mme Yniesta, greffière d'audience :
- le rapport de Mme D ;
- les observations de Me Romazzotti, représentant les requérants, présents, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que la situation propre à la jeune A est détaillée dans le recours administratif préalable obligatoire et corroborée par le certificat médical de sa pédiatre qui la suit depuis sa naissance ainsi que par le bilan sensoriel établi en septembre 2024 par une psychomotricienne à la suite de plusieurs séances d'une heure et demie avec l'enfant.
- les observations de M. Delcroix, secrétaire général de la direction des services départementaux de l'éducation nationale des Pyrénées-Atlantiques, représentant le rectorat de l'académie de Bordeaux, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 30 mai 2024, Mme E et M. F ont formulé pour leur enfant A, une demande d'autorisation d'instruction en famille pour l'année scolaire 2024-2025, au motif de l'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif, sur le fondement du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation. Par une décision du 20 juin 2024, le directeur des services départementaux de l'éducation nationale des Landes a rejeté leur demande. Mme E et M. F ont alors formé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision, lequel a été rejeté par une décision de la commission académique du 19 juillet 2024. Par la présente requête, Mme E et M. F demandent la suspension de l'exécution de cette dernière décision.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme E et M. F au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
6. Mme E et M. F soutiennent que l'urgence à suspendre la décision litigieuse résulte des diligences qu'ils devront accomplir dans les jours qui viennent afin d'organiser la rentrée scolaire de leur fille A. Compte tenu des effets de la décision en litige, laquelle a pour effet de contraindre les requérants à inscrire leur fille dans un établissement scolaire en capacité de l'accueillir, dans un très bref délai, eu égard à la rentrée scolaire ayant déjà eu lieu, la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit, dans ces conditions, être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
7. Aux termes de l'article L. 131-1 du code de l'éducation : " L'instruction est obligatoire pour chaque enfant dès l'âge de trois ans et jusqu'à l'âge de seize ans. ". Aux termes de l'article L. 131-2 du même code, dans sa version issue de l'article 49 de la loi n° 2021-1109 du 24 août 2021 : " L'instruction obligatoire est donnée dans les établissements ou écoles publics ou privés. Elle peut également, par dérogation, être dispensée dans la famille par les parents, par l'un d'entre eux ou par toute personne de leur choix, sur autorisation délivrée dans les conditions fixées à l'article L. 131-5. ". Aux termes de cet article L. 131-5, dans sa version issue de l'article 49 de la loi n° 2021-1109 du 24 août 2021 : " Les personnes responsables d'un enfant soumis à l'obligation scolaire définie à l'article L. 131-1 doivent le faire inscrire dans un établissement d'enseignement public ou privé ou bien, à condition d'y avoir été autorisées par l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation, lui donner l'instruction en famille () / La présente obligation s'applique à compter de la rentrée scolaire de l'année civile où l'enfant atteint l'âge de trois ans. / L'autorisation mentionnée au premier alinéa est accordée pour les motifs suivants, sans que puissent être invoquées d'autres raisons que l'intérêt supérieur de l'enfant : / 1° L'état de santé de l'enfant ou son handicap ; / 2° La pratique d'activités sportives ou artistiques intensives ; / 3° L'itinérance de la famille en France ou l'éloignement géographique de tout établissement scolaire public ; / 4° L'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif, sous réserve que les personnes qui en sont responsables justifient de la capacité de la ou des personnes chargées d'instruire l'enfant à assurer l'instruction en famille dans le respect de l'intérêt supérieur de l'enfant. Dans ce cas, la demande d'autorisation comporte une présentation écrite du projet éducatif, l'engagement d'assurer cette instruction majoritairement en langue française ainsi que les pièces justifiant de la capacité à assurer l'instruction en famille. ".
8. L'autorisation mentionnée à l'article L. 131-2 précité du code de l'éducation peut être accordée pour quatre motifs désormais limitativement énumérés à l'article L. 131-5 du même code : l'état de santé de l'enfant ou son handicap, la pratique d'activités sportives ou artistiques intensive, l'itinérance de la famille en France ou l'éloignement géographique de tout établissement scolaire public, enfin, l'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif, sous réserve que les personnes qui en sont responsables justifient de leur capacité à assurer cette instruction en famille dans le respect de l'intérêt supérieur de l'enfant.
9. Pour la mise en œuvre de ces dispositions, dont il résulte que les enfants soumis à l'obligation scolaire sont, en principe, instruits dans un établissement d'enseignement public ou privé, il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle est saisie d'une demande tendant à ce que l'instruction d'un enfant dans la famille soit, à titre dérogatoire, autorisée, de rechercher, au vu de la situation de cet enfant, quels sont les avantages et les inconvénients pour lui de son instruction, d'une part dans un établissement d'enseignement, d'autre part, dans la famille selon les modalités exposées par la demande et, à l'issue de cet examen, de retenir la forme d'instruction la plus conforme à son intérêt.
10. En ce qui concerne plus particulièrement les dispositions de l'article L. 131-5 du code de l'éducation prévoyant la délivrance par l'administration, à titre dérogatoire, d'une autorisation pour dispenser l'instruction dans la famille en raison de " l'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif ", ces dispositions, telles qu'elles ont été interprétées par la décision n° 2021-823 DC du Conseil constitutionnel du 13 août 2021, impliquent que l'autorité administrative, saisie d'une telle demande, contrôle que cette demande expose de manière étayée la situation propre à cet enfant motivant, dans son intérêt, le projet d'instruction dans la famille et qu'il est justifié, d'une part, que le projet éducatif comporte les éléments essentiels de l'enseignement et de la pédagogie adaptés aux capacités et au rythme d'apprentissage de cet enfant, d'autre part, de la capacité des personnes chargées de l'instruction de l'enfant à lui permettre d'acquérir le socle commun de connaissances, de compétences et de culture défini à l'article L. 122-1-1 du code de l'éducation au regard des objectifs de connaissances et de compétences attendues à la fin de chaque cycle d'enseignement de la scolarité obligatoire.
11. Si le rectorat de l'académie de Bordeaux soutient que, s'agissant de la situation de A, notamment liée à son hypersensibilité, son besoin d'autonomie, son hyperréactivité émotionnelle et son rythme biologique, ses parents ne font pas état d'une situation particulière au point de déroger au principe de scolarisation en établissement scolaire, il résulte toutefois du certificat établi le 3 juillet 2024 par la pédiatre qui assure le suivi de l'enfant depuis sa naissance que ses troubles sensoriels marqués par une hypersensibilité au bruit ainsi que son encoprésie justifient la mise en place d'une scolarité en famille qui serait plus adaptée que la scolarisation en établissement scolaire " pour permettre un développement harmonieux ". Par ailleurs, il résulte du bilan sensoriel établi en septembre 2024 par une psychomotricienne que la jeune A présente une réactivité neurologique auditive et tactile beaucoup plus élevée que les autres enfants ainsi qu'une réactivité neurologique de l'information visuelle et sensorielle plus élevée que les autres enfants, qu'elle se montre " bouleversée par des changements dans ses routines ", " distraite dans un milieu bruyant " et qu'elle a besoin de calme. Eu égard à la situation propre de A, attestée par sa pédiatre ainsi que par la psychomotricienne ayant établi son bilan sensoriel et, au contenu très détaillé du projet éducatif répondant à cette situation propre et détaillant les outils pédagogiques mobilisés, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation est, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à sa légalité. En outre, il appartiendra aux services de l'Education nationale d'opérer des contrôles de l'instruction dans la famille dont bénéficie la jeune A afin de s'assurer de la qualité de l'enseignement suivi, devant permettre de développer les compétences attendues à la fin du cycle 1 et de son niveau de sociabilisation.
12. Il y a lieu, par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 19 juillet 2024 prise par la rectrice de l'académie de Bordeaux, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Compte tenu de ses motifs, la suspension de la décision attaquée implique qu'une autorisation d'instruction en famille soit délivrée à titre provisoire aux requérants pour leur fille A, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la décision du 19 juillet 2024.
Sur les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
14. Ainsi qu'il a été dit, Mme E et M. F sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite, leur avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Romazzotti, avocat des requérants, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle et sous réserve de l'admission définitive des requérants à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Romazzotti d'une somme de 1200 euros. Dans le cas où Mme E et M. F ne seraient pas admis à titre définitif au bénéfice de l'aide juridictionnelle, cette somme lui sera directement versée en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Mme E et M. F sont admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution de la décision du 19 juillet 2024 prise par la rectrice de l'académie de Bordeaux est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur la demande d'annulation de cette décision.
Article 3 : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Bordeaux de délivrer aux requérants une autorisation d'instruction dans la famille à titre provisoire pour leur fille A, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la décision du 19 juillet 2024.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme E et M. F et sous réserve que Me Romazzotti renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, l'Etat versera à Me Romazzotti, avocat des requérants, une somme de 1200 (mille deux cents) euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas Mme E et M. F ne seraient pas admis à titre définitif au bénéfice de l'aide juridictionnelle, cette somme leur sera directement versée en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C E, à M. B F, à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et à Me Romazzotti.
Copie pour information sera transmise à la rectrice de l'académie de Bordeaux.
Fait à Pau, le 25 octobre 2024.
La juge des référés,
M. D
La greffière,
S. YNIESTA La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026