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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2402506

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2402506

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2402506
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Pau, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de refus de renouvellement du certificat de résidence algérien de M. B. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car l'intéressé bénéficiait d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 29 octobre 2024 l'autorisant à travailler. La requête a été rejetée sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, et une pièce produite le 27 septembre 2024, M. B, représenté par Me Sanchez Rodriguez, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de refus de renouveler le certificat de résidence algérien, née du silence gardé par la préfète des Landes sur sa demande déposée le 6 décembre 2023 ;

2°) d'enjoindre à la préfète des Landes de lui délivrer un certificat de résidence algérien dans un délai de 7 jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est présumée, dès lors qu'est en litige un refus implicite né du silence gardé par la préfecture des Landes pendant 4 mois depuis l'attestation de prolongation d'instruction, délivrée le 11 mars 2024, valable jusqu'au 10 juin 2024 ;

- il existe, en outre, un moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de ce refus : la décision implicite de rejet est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il remplit les conditions du g) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien pour obtenir de plein droit la délivrance d'une carte de résident algérien ; il est arrivé en France le 16 janvier 2018, en étant mineur, il a déposé sa première demande de certificat algérien le 1er mars 2012 et a toujours été depuis lors en situation régulière ; il est en outre le père C B, née le 13 janvier 2012 à Bayonne, et il exerce en commun avec la mère de sa fille, de laquelle il est séparé, l'autorité parentale ; enfin, il a créé des sociétés, a suivi des formations civiques et ne représente nullement une menace pour l'ordre public.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2402505, enregistrée le 26 septembre 2024, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant algérien né le 14 avril 1992 à Oran, en Algérie, est entré dans le territoire français en 2008 selon ses déclarations. Il a déposé sa première demande de certificat algérien le 1er mars 2012 et a bénéficié de certificats de résidence algérien régulièrement renouvelés, le dernier étant valable jusqu'au 6 décembre 2023. Il a demandé le renouvellement de son certificat de résidence et, le 11 mars 2024, la préfète des Landes lui a délivré une attestation de prolongation d'instruction, valable jusqu'au 10 juin 2023. Par la présente requête, il demande la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet née le 11 juillet 2024 du silence gardé par la préfète des Landes sur sa demande de renouvellement de sa carte de résident et qu'il soit enjoint à la préfète de lui délivrer cette carte.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du code précité : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 du code susmentionné dispose : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire () ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour ou d'un retrait de celui-ci.

4. Il ressort des pièces produites par le requérant que, par une décision du 30 juillet 2024, la préfète des Landes a délivré au requérant une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 29 octobre 2024, qui l'autorise expressément à travailler. Dans ces conditions, et dès lors que le requérant n'invoque aucune autre circonstance, il ne peut être regardé comme justifiant de l'existence d'une situation d'urgence, au sens et pour l'application des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative.

5. Il résulte de tout ce qui précède que l'une des conditions posées à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie et il y a lieu, en conséquence, de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter, en toutes ses conclusions, la requête de M. B.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Une copie en sera adressée à la préfète des Landes.

Fait à Pau, le 1er octobre 2024.

La juge des référés,

S. PERDU

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition,

La greffière :

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