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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2402520

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2402520

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2402520
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Pau, statuant en référé, a rejeté la requête de la société Hydromarc qui demandait la suspension de l'arrêté préfectoral du 14 décembre 2016 suspendant le fondé en titre de sa centrale hydroélectrique. Le juge a estimé que la société n'avait pas justifié de l'urgence nécessaire à l'obtention de mesures provisoires dans le délai de quarante-huit heures, condition requise par l'article L. 521-2 du code de justice administrative. La requête a été rejetée sans instruction ni audience, conformément à l'article L. 522-3 du même code, faute de démonstration d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 septembre 2024, la société à responsabilité limitée Hydromarc, représentée par son président, présente une requête en référé liberté dirigée contre la suspension par l'arrêté du préfet des Hautes-Pyrénées du 14 décembre 2016 du fondé en titre de la centrale du Moulin Marc lui appartenant, située à Montoussé (Hautes-Pyrénées).

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Florence Madelaigue, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 511-1 du même code : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ". Il résulte de ces dispositions à caractère cumulatif, que le prononcé d'une mesure par le juge statuant en matière de référé-liberté est subordonné à l'établissement par le requérant d'une urgence à prendre cette mesure dans le délai de quarante-huit heures pour autant que la mesure demandée soit, en principe, provisoire et, dans tous les cas, nécessaire à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle il a été porté une atteinte grave portant préjudice à la situation du requérant par la commission d'une illégalité manifeste imputable à une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public.

2. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. La société Hydromarc fait valoir que l'arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 3 novembre 2020 n°19BX00240 indique à son considérant 8 que : " Il doit être souligné que l'arrêté contesté ne fait pas obstacle à la poursuite de l'exploitation de la centrale hydroélectrique dans la limite cependant de la puissance fondée en titre attachée à cet ouvrage. ", et que depuis cette date, le préfet l'empêche de jouir de sa propriété et ajoute que les aménagements de continuité écologique sont à réaliser sur le fondé en titre depuis l'abrogation de l'article L. 214-18-1 du code de l'environnement, sans apporter aucun élément de nature à justifier l'urgence qui s'attacherait à ce que le juge des référés prescrive dans les quarante-huit heures de sa saisine, toute mesure de nature à faire cesser une atteinte grave et immédiate à une liberté fondamentale résultant de l'arrêté du préfet préfectoral du 14 décembre 2016. Il suit de là qu'il y a lieu de rejeter la requête de la société Hydromarc, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code précité, sans instruction ni audience publique.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de La société Hydromarc est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société à responsabilité limitée Hydromarc.

Fait à Pau, le 7 octobre 2024.

La juge des référés,

F. Madelaigue

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière :

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