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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2402549

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2402549

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2402549
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Pau, statuant en référé sur la demande de suspension de M. B, a rejeté sa requête. Le requérant contestait le refus de France Travail de valider une période de mise en situation en milieu professionnel. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment la méconnaissance de l'article D. 5135-6 du code du travail, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Par conséquent, la condition posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, la demande de suspension a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 1er octobre 2024, le 5 octobre 2024 et le 6 octobre 2024, M. C B demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures, :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 23 septembre 2024 par laquelle la directrice de l'agence de France Travail à Lourdes a refusé de valider sa demande de bénéfice d'une période de mise en situation en milieu professionnel, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre à France Travail de procéder au réexamen de sa demande, et ce, sous astreinte de 3500 € par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État les entiers dépens ainsi qu'une somme de 3500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée par la circonstance que la période de mise en situation en milieu professionnel est prévue du 7 au 31 octobre 2024, et qu'il n'est pas certain que lui soit à nouveau proposée une nouvelle période ;

- la décision attaquée méconnaît l'article D. 5135-6 du code du travail ;

- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que la prescription d'une période de mise en situation en milieu professionnel ne doit être prise qu'en fonction des besoins, de la motivation et du parcours d'insertion du demandeur d'emploi, au regard du projet personnalisé d'accès à l'emploi de ce dernier ;

- il ne lui a été proposé aucune proposition de mise en situation en milieu professionnel;

- cette décision méconnaît l'instruction PE n° 2011-192 du 24 novembre 2011 ;

- elle méconnaît l'instruction France Travail n° 2023-24 du 25 octobre 2023 ;

- elle est entachée de détournement de pouvoir.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 3 octobre 2024, la directrice régionale de France Travail Occitanie conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors qu'une immersion en milieu professionnel peut être accomplie à tout moment d'un accompagnement d'accès à l'emploi pour les demandeurs d'emploi, que, eu égard au métier de formateur qu'il envisage, le requérant a la possibilité de demander cette immersion à d'autres entreprises à proximité de son domicile, et que l'objectif du requérant réside essentiellement dans le bénéfice d'une aide à la mobilité en vue de se rendre sur l'île de la Réunion alors qu'il n'a pas été assidu et sérieux dans les multiples actions de reconversion ou de formation ;

- aucun des moyens de la requête de M. B n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 1er octobre 2024 sous le n°2402550 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 7 octobre 2024 en présence de Mme Caloone, greffière d'audience, M. D a lu son rapport.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, qui a présenté un projet personnalisé d'accès à l'emploi, souhaite exercer le métier de formateur pour adultes. Par lettre du 16 septembre 2024, le conseiller de France Travail lui a proposé, pour valider son projet de formation, de réaliser une période d'immersion dans un organisme de formation. L'intéressé a ainsi signé le 23 septembre 2024 avec une entreprise dont le siège se situe à La Réunion, un projet de convention relative à la mise en œuvre d'une période de mise en situation en milieu professionnel pour la période du 7 au 31 octobre 2024. Par décision du même jour, la directrice de l'agence de France Travail à Lourdes a refusé de valider cette demande. M. B demande la suspension de l'exécution de cette décision.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens de la requête de M. B n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions de cette requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

4. Le rejet des conclusions de la requête de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête doivent également être rejetées.

Sur les passages injurieux, outrageants ou diffamatoires :

5. Aux termes de l'article L. 741-2 du code de justice administrative : " Sont également applicables les dispositions des alinéas 3 à 5 de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 ci-après reproduites : " Art. 41, alinéas 3 à 5.-Ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage, ni le compte rendu fidèle fait de bonne foi des débats judiciaires, ni les discours prononcés ou les écrits produits devant les tribunaux. / Pourront néanmoins les juges, saisis de la cause et statuant sur le fond, prononcer la suppression des discours injurieux, outrageants ou diffamatoires, et condamner qui il appartiendra à des dommages-intérêts. / Pourront toutefois les faits diffamatoires étrangers à la cause donner ouverture, soit à l'action publique, soit à l'action civile des parties, lorsque ces actions leur auront été réservées par les tribunaux et, dans tous les cas, à l'action civile des tiers. "".

6. Les passages de la page 5 du mémoire de la requête enregistré le 5 octobre 2024 commençant par les termes " aucune, on fait ce qu'on veut " et finissant par les termes " sans langue de bois ", de la page 6 du même mémoire commençant par les termes " là encore " et finissant par les termes " je joue hein ", de la page 15 du même mémoire commençant par les termes " l'essentiel c'est de justifier " et finissant par les termes " pour une fois qu'ils bossent ", de la page 15 du même mémoire commençant par les termes " en définitive " et finissant par les termes " de petites dictatrices ", de la page 16 du même mémoire commençant par les termes " on a affaire à une bande " et finissant par les termes " tendance à se coucher ", de la page 22 du même mémoire commençant par les termes " lol. Je ne comprends pas " et finissant par les termes " aussi minables ", de la page 22 du même mémoire commençant par les termes " Mme A " et finissant par les termes " sa seule obsession ", et de la page 31 du même mémoire commençant par les termes " déjà à l'époque " et finissant par les termes " qu'on devrait l'appeler " présentent un caractère diffamatoire. Par ailleurs, les passages de la page 23 du même mémoire commençant par les termes " ils vont chercher " et finissant par les termes " jusqu'au bout c'est certain " et commençant par les termes " cette fois-ci " et finissant par le terme " également ", ainsi que de la page 25 du même mémoire commençant par les termes " ce qui " et finissant par les termes " je les ai pris au mot " présentent un caractère injurieux. Par suite, il y a lieu d'en prononcer la suppression.

Sur les frais liés à l'instance :

7. En premier lieu, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".

8. M. B ne justifie pas avoir exposé des dépens dans la présente instance. Par suite, les conclusions présentées par lui à ce titre doivent être rejetées.

9. En second lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

10. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le juge des référés ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent dès lors être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les passages de la page 5 du mémoire de la requête de M. B enregistré le 5 octobre 2024 commençant par les termes " aucune, on fait ce qu'on veut " et finissant par les termes " sans langue de bois ", de la page 6 du même mémoire commençant par les termes " là encore " et finissant par les termes " je joue hein ", de la page 15 du même mémoire commençant par les termes " l'essentiel c'est de justifier " et finissant par les termes " pour une fois qu'ils bossent ", de la page 15 du même mémoire commençant par les termes " en définitive " et finissant par les termes " de petites dictatrices ", de la page 16 du même mémoire commençant par les termes " on a affaire à une bande " et finissant par les termes " tendance à se coucher ", de la page 22 du même mémoire commençant par les termes " lol. Je ne comprends pas " et finissant par les termes " aussi minables " et commençant par les termes " Mme A " et finissant par les termes " sa seule obsession ", de la page 23 du même mémoire commençant par les termes " ils vont chercher " et finissant par les termes " jusqu'au bout c'est certain " et commençant par les termes " cette fois-ci " et finissant par le terme " également ", de la page 25 du même mémoire commençant par les termes " ce qui " et finissant par les termes " je les ai pris au mot ", et de la page 31 du même mémoire commençant par les termes " déjà à l'époque " et finissant par les termes " qu'on devrait l'appeler " sont supprimés.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au ministre du travail et de l'emploi.

Copie en sera adressée à la directrice de France Travail Occitanie.

Fait à Pau, le 8 octobre 2024.

Le juge des référés,

F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLON

La greffière,

M. CALOONE

La République mande et ordonne au ministre du travail et de l'emploi en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition :

La greffière :

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