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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2402562

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2402562

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2402562
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Pau a été saisi par M. B, ressortissant marocain, d’une demande en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, afin d’obtenir un rendez-vous et la délivrance d’un récépissé pour le renouvellement de son titre de séjour. En cours d’instance, la préfète des Landes a délivré à l’intéressé une attestation de prolongation d’instruction valable jusqu’au 21 janvier 2025, rendant ainsi sans objet les conclusions à fin d’injonction. Le tribunal a donc constaté un non-lieu à statuer sur ces conclusions. Il a en revanche condamné l’État à verser 720 euros à M. B au titre des frais d’instance, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Sanchez Rodriguez, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète des Landes de lui fixer un rendez-vous et de lui délivrer simultanément un récépissé justifiant du dépôt de sa demande de titre de séjour, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 720 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'absence de convocation fait obstacle à toute possibilité de délivrance du récépissé et l'empêche de justifier de la régularité de son séjour pendant le temps de l'instruction de sa demande ; il ne parvient pas à obtenir de récépissé malgré ses nombreuses relances ;

- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'en l'absence de rendez-vous en préfecture, sa demande de titre n'est pas enregistrée et, par suite, pas instruite ;

- enfin, la demande ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 octobre 2024, la préfète des Landes conclut au non-lieu à statuer sur la demande présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que M. B s'est vu délivrer une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 21 janvier 2025.

Par un mémoire complémentaire, enregistré le 12 novembre 2024, présenté pour M. B, ce dernier maintient sa demande présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Perdu, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 8 octobre 1995 à Douar Tajana Taza (Maroc), de nationalité marocaine, a déposé, le 15 février 2024, une demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " auprès de la préfecture des Landes. Par la présente requête, il demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner à la préfète des Landes de lui délivrer un récépissé de dépôt de sa demande, dans l'attente de la délivrance de son titre de séjour.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Le juge des référés, saisi en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative pour prendre en cas d'urgence toute mesure utile, peut se prononcer sans tenir d'audience publique. Il peut également, dans le cadre de son office, donner acte d'un désistement ou constater un non-lieu.

3. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, la préfète des Landes a délivré à M. B une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 21 janvier 2025. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. B sont devenues sans objet. Il s'ensuit qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 720 euros qui sera versée à M. B, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction de la requête de M. B.

Article 2 : L'État versera à M. B la somme de 720 (sept cent vingt) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copie, pour information, en sera adressée à la préfète des Landes.

Fait à Pau, le 4 décembre 2024

La juge des référés,

S. PERDU

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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