jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2402584 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | URGENCES ETRANGERS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 et 10 octobre 2024, M. A C, représenté par Me Sanchez Rodriguez, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 octobre 2024 par laquelle la préfète des Landes l'a assigné à résidence dans le département des Landes pour une durée de quarante-cinq jours et l'a contraint de se présenter tous les jours entre 8 heures et 9 heures au commissariat de police de Mont-de-Marsan ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée au regard des dispositions de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 731-1 du même code dès lors que d'une part, la préfète des Landes n'a pas pris en considération sa domiciliation dans les Pyrénées-Atlantiques chez sa compagne alors qu'elle en avait connaissance et d'autre part, tel qu'il ressort de la requête de la préfète des Landes tendant à la prolongation du placement en rétention du requérant, ce dernier n'est pas reconnu comme un bosnien par les autorités bosniennes, il n'est pas non plus ni serbe ni croate ni monténégrin, les perspectives raisonnables d'éloignement ne sont donc pas établies.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2024, la préfète des Landes conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité compétente ;
- elle est suffisamment motivée tant en droit qu'en fait ;
- elle fait une correcte application des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le requérant fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français prise le 5 août 2024, qu'en l'absence de documents de voyage il ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que son éloignement demeure une perspective raisonnable ;
- le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation devra être rejeté dès lors qu'à la date de la décision attaquée, le requérant ne justifiait pas résider dans les Pyrénées-Atlantiques chez sa compagne laquelle n'atteste pas l'héberger mais l'autorise à se domicilier chez elle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B en application de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue le 21 octobre 2024 à 10 heures, en présence de Mme Caloone, greffière d'audience, a été entendu le rapport de Mme B.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant bosnien né le 5 décembre 1981, a été visé par un arrêté du 5 août 2024 pris par la préfète des Landes portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de renvoi et interdisant son retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans. Par un arrêté du 4 octobre 2024, dont M. C demande l'annulation par la présente requête, la préfète des Landes l'a assigné à résidence dans le département des Landes pendant une durée de quarante-cinq jours.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ".
3. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué qu'il vise notamment l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les obligations de quitter le territoire dont M. C a fait l'objet par un premier arrêté du 3 janvier 2007 puis un deuxième en date du 22 juillet 2019 puis un troisième en date du 5 août 2024, mentionne les six condamnations dont il a fait l'objet pour des faits délictuels ainsi que les nombreuses mentions figurant au sein de son traitement d'antécédents judiciaires. Il précise que le requérant ne peut quitter immédiatement le territoire français en l'absence de document mais que l'exécution de la mesure d'éloignement demeure une perspective raisonnable. Ainsi, l'arrêté querellé comporte l'exposé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit donc être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants :/ 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ".
5. Si M. C soutient que son éloignement ne demeure pas une perspective raisonnable en produisant à l'instance l'arrêté de la préfète des Landes tendant à la prolongation de son placement en rétention, mentionnant que ce dernier n'est pas reconnu comme un ressortissant bosnien, serbe, croate ou monténégrin, il ressort des pièces du dossier que les services de la préfecture des Landes attendent la délivrance d'un laissez-passer consulaire après avoir demandé une coopération internationale auprès du Monténégro et du Kosovo. Dès lors, il est établi que l'autorité préfectorale opère les diligences nécessaires en vue de procéder, dans le délai de quarante-cinq jours, à l'exécution de la mesure d'éloignement récemment édictée et confirmée par le tribunal de céans. Par ailleurs, si M. C fait valoir qu'il ne réside pas dans le département des Landes mais dans celui des Pyrénées-Atlantiques, en se prévalant d'une attestation d'hébergement de sa compagne vivant à Saint-Jean-de-Luz, il ressort de cette pièce que l'intéressé ne réside pas chez sa compagne mais que cette dernière accepte de le loger. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que, bien qu'il ne ressorte pas des pièces du dossier que l'intéressé justifierait d'une résidence effective dans le département des Landes, le préfet de ce département n'a pas entaché sa décision ni d'une erreur de droit ni d'une erreur manifeste d'appréciation en prononçant une assignation à résidence à son encontre dans le département des Landes. Dans ces conditions, les moyens tirés de ce que la préfète des Landes aurait entaché, sur ces points, sa décision d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation, doivent être écartés.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 4 octobre 2024 par lequel la préfète des Landes a prononcé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète des Landes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
La magistrate désignée,
M. BLa greffière,
M. CALOONE
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026